Yannick Jadot élu candidat à la primaire " écolo " : cette fois, les " Verts " ont choisi le favori

, par  DMigneau , popularité : 0%

Yannick Jadot élu candidat à la primaire " écolo " : cette fois, les " Verts " ont choisi le favori

Yannick Jadot représentera les Verts à la présidentielle où il est crédité de 6% des intentions de vote. SAMEER AL-DOUMY / AFP

Yannick Jadot a remporté le deuxième tour de la primaire des " écologistes ", ce mardi 28 septembre, contre Sandrine Rousseau. Il a obtenu 51,03 % des voix et représentera les " Verts " à la présidentielle où il est crédité de 6 % des intentions de vote.

Le favori l’a emporté... mais " d’un cheveu ". L’eurodéputé Yannick Jadot est arrivé en tête au second tour de la primaire des " écologistes ", dont les résultats ont été annoncés ce mardi 28 septembre à 17 h 30. Il a obtenu 51,03 % des voix, contre 48, 97 % pour Sandrine Rousseau.

La candidate défaite a apporté un soutien " du bout des lèvres " à son concurrent après l’annonce du résultat.

" Les gens ne donnent pas une majorité extrêmement large à une écologie qui ne soit pas ambitieuse ", a-t-elle déclaré ce mardi.

Le vainqueur de la " primaire " s’est - lui - positionné en tant que " rassembleur " : " Dès ce soir, nous allons construire un rassemblement beaucoup plus large. Notre objectif, c’est de gagner l’élection présidentielle ", a précisé Jadot.

Ce scrutin aura été marqué par un important suspense. Lors du premier tour, Yannick Jadot n’avait obtenu que 3 000 de voix de plus que Sandrine Rousseau. À l’exception de Jean-Luc Governatori qui a appelé à se tourner vers Jadot, les battus (Delphine Batho, Éric Piolle) n’avaient pas donné de " consignes de vote ".

Plus de 122 000 personnes inscrites à cette " primaire " étaient appelées à départager les deux candidats par un vote " en ligne ". La participation s’élève à 85 %, selon les chiffres communiqués par le parti.

DEUX LIGNES OPPOSÉES

Il s’agissait d’un duel entre deux lignes différentes et deux profils opposés.

Sandrine Rousseau a défendu une position " radicale " et " éco-féministe " quand Yannick Jadot a tenté d’apparaître comme un candidat plus pragmatique et " apte " à gouverner.

Cet ancien directeur des campagnes de l’ONG " Greenpeace " a été la tête de liste EELV lors des dernières élections européennes, où le parti a pris la troisième place avec 13,5 % des voix.

De tous, Yannick Jadot était donc le candidat le plus connu et celui que les sondages créditent du " meilleur score " à la présidentielle s’il est le candidat des " Verts " (6 % selon le dernier sondage " Harris ").

Son étiquette était pourtant peu enviable au sein d’EELV, où les favoris ont systématiquement été battus lors des dernières " primaires ". Lui-même a bénéficié de cette tendance en 2017, lorsqu’il a été désigné candidat pour la présidentielle en battant l’ancienne ministre Cécile Duflot.

Jadot s’était ensuite désisté en faveur de Benoît Hamon.

" LA RÉVOLUTION " ÉVITÉE

Mais cette fois, pas question de faire marche arrière.

« Notre responsabilité est de gagner l’élection présidentielle puis d’enchaîner avec les législatives. Jamais dans l’Histoire de notre pays l’occasion n’avait été donnée aux " écologistes " de gagner l’élection présidentielle », clamait Yannick Jadot lors des " Journées d’été " de son parti à Poitiers fin août en multipliant les références aux sujets internationaux pour se " présidentialiser ".

Parfois accusé par sa famille politique de défendre des idées « libérales », Jadot propose notamment d’investir 20 milliards d’euros par an pour réussir la " transition écologique ", l’interdiction de la vente des " voitures thermiques " en 2030 et la création d’un " revenu citoyen " de 665 euros.

Il s’est donc imposé face à Sandrine Rousseau, une économiste de 49 ans, vice-présidente de l’université de Lille, qui a pourtant bénéficié d’une dynamique très favorable lors des dernières semaines de la campagne après avoir été la première à s’être lancée en octobre 2020.

Tout au long de cette course, elle s’est présentée comme la candidate la plus " radicale ", en incarnant une ligne " écoféministe " très engagée sur le terrain des luttes sociétales.

« Tout notre système économique, social, sociétal est fondé sur le triptyque " prenons utilisons jetons " : nous prenons, utilisons et jetons le corps des femmes, le corps des plus précaires, le corps des " racisés ". Nous ne voulons plus de cela, et c’est la révolution que je vous propose », résumait-elle.

Sandrine Rousseau proposait de taxer drastiquement le carbone (200 euros la tonne) et les plus fortunés, tout en défendant l’embauche de fonctionnaires et la mise en place d’un " revenu d’existence " de 850 euros, sous conditions de ressource.

La vice-présidente de l’Université de Lille n’était toutefois créditée que de 2 % des intentions de vote à la présidentielle, selon un dernier sondage " Harris ", réalisé en ligne entre le 17 et 20 septembre.

Magazine " Marianne "