Présidentielle 2022 : Anne Hidalgo investie par le PS après une semaine moisie

, par  DMigneau , popularité : 0%

Présidentielle 2022 : Anne Hidalgo investie par le PS après une semaine moisie

Anne Hidalgo. AFP

La veille de son investiture par le " parti à la rose ", la maire de Paris a présidé une séance particulièrement houleuse du conseil de la capitale où la composante " écolo " de sa majorité ne lui a pas fait de cadeaux.

Il est là, le logo !

Ce vendredi, l’équipe de campagne d’Anne Hidalgo a révélé l’affiche de la candidate à l’élection présidentielle. On y voit, dans le coin inférieur gauche, un très discret sigle du Parti " socialiste ".

Uniquement les contours, d’un blanc monochrome.

Pas de pétales rouges, pas de feuilles vertes.

Notons le changement par rapport à Benoît Hamon qui, en 2017, n’avait même pas mis " la rose au poing " sur son affiche. L’expression voulue d’une " prise de distance " nette avec le quinquennat Hollande.

Désormais, la logique semble inversée.

Un comble, pour un PS bien plus affaibli qu’il ne l’était il y a cinq ans (23 500 adhérents à jour de cotisation contre 111 000 en 2016).

Jeudi soir, le parti a officiellement investi Anne Hidalgo pour 2022. La maire de Paris l’a emporté avec 72 % des suffrages face au " grognard du Mans ", Stéphane Le Foll. Un score en deçà du chiffre optimal, " mais très correct et avec une bonne participation ", complète un proche de l’édile.

" Elle fera mieux que 6,36 % "

Comme si le PS, donné pour moribond, devait servir de béquille à une candidate déjà guettée par le spectre de l’effacement.

Quelques heures avant le vote d’investiture, l’institut " BVA " a publié un sondage pour " RTL " dans lequel Anne Hidalgo, quel que soit le cas de figure, est créditée de 4 % des intentions de vote.

À égalité avec Arnaud Montebourg.

Quant à son concurrent le plus proche idéologiquement, " l’écologiste " Yannick Jadot, il fait le double.

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" Les campagnes présidentielles ne commencent pas avant l’année même du scrutin ", insistait récemment auprès de nous le sénateur du Nord Patrick Kanner, l’un des premiers soutiens d’Anne Hidalgo.

Certes, l’étiage de " BVA " est à prendre avec de " grosses pincettes " à six mois du premier tour, mais son impact symbolique est catastrophique.

" Le 10 avril, vous verrez, elle fera mieux que 6,36 % ", glissait, goguenard, un poids lourd " socialiste " lors des universités d’été du PS à Blois, début septembre. Une allusion au score de Benoît Hamon en 2017.

Même pour atteindre ce modeste seuil, il y aura du boulot.

Lâchée par Lamy

Cette investiture en " demi-teinte ", qui sera finalisée par une " convention nationale " organisée à Lille le 23 octobre, clôt une semaine compliquée pour Anne Hidalgo.

Le même jour, l’ancien ministre PS François Lamy – ex-proche de Martine Aubry – a annoncé au " Monde " qu’il ralliait Yannick Jadot.

« Je me suis aperçu que je n’avais aucun désaccord avec lui. Le candidat de la " social-écologie ", c’est lui », a-t-il expliqué. Là encore, les ressorts de cet acte politique sont largement symboliques et liés à ces vieilles rancœurs dont les " socialistes " ont le secret, mais ils dessinent une tendance.

La veille, le mercredi, Anne Hidalgo présidait une séance du « Conseil » de Paris particulièrement houleuse. L’épisode le plus relayé sur les « réseaux sociaux » concerne son adjoint communiste Ian Brossat.

Interpellé de manière répétée par Rachida Dati à micro fermé, l’élu a cru bon d’invoquer son ancien métier d’enseignant : " Mme Dati, c’est moi qui parle et en l’occurrence, même quand j’étais prof à Sarcelles, les élèves se taisaient. Donc, vous allez faire pareil. "

https://twitter.com/BFMTV/status/1448621632520695810?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1448621632520695810%7Ctwgr%5E%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.marianne.net%2Fpolitique%2Fgauche%2Fpresidentielle-2022-anne-hidalgo-investie-par-le-ps-apres-une-semaine-moisie

Dès lors, le brouhaha n’a fait que redoubler dans l’enceinte du « Conseil ». À droite, les réactions indignées se sont fait légion, mais pas que. La ministre Marlène Schiappa comme " l’écologiste " Sandrine Rousseau y ont vu une marque de misogynie de la part de Ian Brossat qui a, du reste, maintenu ses propos.

" Il y a là une maladresse d’enseignant. Quand vous dites un truc comme ça, ça ne passe jamais , reconnaît un proche d’Anne Hidalgo. En revanche, Dati, quand elle n’a plus le micro, elle baisse son masque et insulte à tout-va : “ chien à sa mémère ”, “ raciste ”… Elle est d’une arrogance, d’un mépris, d’une violence verbale incessante. »

Plus mesurée, une maire d’arrondissement y voit la confrontation de «  deux tempéraments auxquels il ne faut pas grand-chose pour " partir dans les tours "  ».

" Tout cela vole au ras des pâquerettes ", regrette-t-elle.

Psychodrame avec " les Verts "

Plus embêtant pour Anne Hidalgo la candidate : l’énième psychodrame qui s’est joué entre elle et la composante " écologiste " de sa majorité parisienne.

À quelques jours de la séance, la maire a décidé de regrouper en un seul débat une quinzaine de sujets environnementaux prévus à l’ordre du jour. Avec une conséquence directe sur le temps de parole des " écolos ", beaucoup plus ramassé que s’il avait été réparti entre les 17 délibérations.

Résultat, le groupe d’élus qui ont soutenu Anne Hidalgo pour sa réélection en 2020 a martelé, une fois de plus, à quel point l’édile n’était qu’une " écologiste " de façade.

« Tout cela est politique. Ils cherchent à mettre Anne en difficulté pour le compte de Jadot , affirme-t-on dans l’entourage de Hidalgo. Au final, les " écolos " ont fini par voter toutes les délibérations. Ils nous auraient attaqués encore plus si on n’avait pas été dans un " faux plat ". »

Le mot est faible. Non seulement la maire de la capitale " ne décolle pas ", mais elle entreprend de " relancer " sa candidature en s’affichant le 23 octobre aux côtés de son homologue Martine Aubry.

Pas exactement une " cure de jouvence ".

" Martine est une figure populaire, élue dans une terre ouvrière. Anne doit s’inscrire dans la filiation historique du socialisme français  », estime un parlementaire qui la soutient.

Et la même source de poursuivre, sur cette " pré-campagne " un rien amère : « ce n’est pas inquiétant… mais ce n’est pas génial. On ne s’attendait pas à ce qu’il y ait des vents aussi violents pour empêcher la " social-démocratie " de relever la tête. »

Pour un membre de « l’exécutif » parisien, la situation d’Anne Hidalgo est " difficile car elle doit être adoubée par le PS, sans rester enfermée dans une candidature strictement PS  ».

" Le parcours d’obstacles est peut-être plus long que prévu ", convient cet élu municipal.

Sans blague.

Jules PECNARD

Marianne.fr