Là-bas, le soleil s’écroule dans la mer...

, par  DMigneau , popularité : 0%

Là-bas, le soleil s’écroule dans la mer...

Le départ d’une amoureuse, une séparation, et tout peut basculer. C’est ce qui arrive à " Jim ", le héros de cette chanson écrite et interprétée par Alain Souchon : " La ballade de Jim "...

La mélodie commence " sur des chapeaux de roue ", entraînante et vive : on entrevoit l’énervement de l’amoureux qui a perdu son " héroïne ".

Il se grise de " gin dans sa chrysler ". Il roule dans sa voiture, et même le paysage ne le séduit plus : " La presqu’île, le boulevard de la mer est con. "

L’expression réitérée " comme elle est partie " traduit une sorte d’obsession et le personnage est complètement déboussolé, ce qui est bien suggéré par la formule familière : " Jimmy tourne en rond "...

Le personnage de Jim apparaît très proche de nous, par cette dénomination même - un prénom - et même un diminutif.

Vitesse, griserie, alcool, désarroi viennent souligner la détresse du héros.

Le souvenir de la dernière soirée passée avec la belle semble exacerber, encore, la douleur : " Hier soir encore, son héroïne / Le serrait si fort en disant Jim. "

La jeune femme assimilée à un " calmant, un alcool profond " lui permettait de vivre une passion enivrante.

On perçoit, au passage, toute la modernité et l’originalité de ce texte, dans le vocabulaire, dans la façon de traiter ce thème de « la séparation », si souvent abordé par nombre d’auteurs...

Soudain, l’auteur s’adresse simplement et directement à " Jim " en le tutoyant : " Jimmy, t’es fort, mais tu pleures Sur le cuir de ta Chrysler... "

La belle voiture, le courage n’empêchent pas la tristesse qui déborde et même le paysage se met à l’unisson de l’amoureux éconduit : " Là-bas, le soleil s’écroule dans la mer... " Le coucher de soleil se transforme en un effondrement qui est aussi celui du héros de cette histoire.

L’auteur rappelle, alors, à Jim, tous les dangers de l’amour qui, comme " l’alcool et les revolvers ", peuvent faire " tomber par terre ", après avoir " sauté en l’air... "

Un soudain retour en arrière nous montre tous les rêves et les espoirs de Jimmy :

" Depuis deux ans, sûr, Jim bossait fort
Pour que sa starlette bronze en hors-bord
Avec elle, il voulait un bébé, sans rire...
"

Travail, argent, passion, espoir de fonder une famille n’ont - pourtant - pas suffi à retenir la belle.

L’envie de mourir effleure, alors, l’amoureux qui a perdu tous ses espoirs.

La vitesse, les pleurs, le parfum de la jeune femme qui traîne dans l’air... et c’est l’accident inéluctable : " La Chrysler s’envole dans les fougères et les nénuphars... "

La fin de la chanson, comme le suggère déjà la poésie de cette évocation des " fougères et nénuphars ", montre que - malgré tout - la vie continue et que le personnage garde confiance en l’avenir, puisque la rencontre d’une belle infirmière lui redonne le goût de vivre et d’aimer, d’autant qu’elle lui sourit.

L’hôpital se transforme - alors - en un univers idyllique et paradisiaque, et l’infirmière devient " un ange ".

Belle chute pleine d’optimisme et de renouveau !

Cette chanson, emplie de vivacité dans la mélodie, s’achève sur une note d’espoir et traduit, malgré le thème abordé, une joie de vivre infinie.

C’est aussi ce qui fait tout le charme de ce texte écrit par Alain Souchon : la vie recommence soudain, grâce à une autre rencontre amoureuse...

La " ballade " de Jim lui a permis de découvrir un nouvel amour.

https://www.youtube.com/watch?v=qCsCeugXh70

ROSEMAR

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2015/11/la-bas-le-soleil-s-ecroule-dans-la-mer.html

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