L’incroyable procès fait par une journaliste à François Ruffin sur " France Inter "

, par  DMigneau , popularité : 0%

L’incroyable procès fait par une journaliste à François Ruffin sur " France Inter "

La journaliste de " France Inter ", Carine Bécard, a décrit un François Ruffin… inutile. - Capture d’écran - Franceinfo

La " chroniqueuse politique " de " France Inter ", Carine Bécard, a dressé ce dimanche 15 avril un portrait au vitriol du député de la " France insoumise ". Deux minutes qui ressemblent davantage à un réquisitoire contre François Ruffin qu’à une analyse politique.

Lorsque la " Team Macron ", compte " Twitter " d’inconditionnels fans du président de la République, relaie avec tant d’enthousiasme un contenu journalistique, il ne faut pas s’attendre à une grande objectivité.

" Quand Carine Bécard fait le portrait de François Ruffin, ça déménage ", promettent les militants " En Marche " dans leur message.

Effectivement, la vidéo ne déçoit pas.

Ce dimanche 15 avril, dans l’émission " Questions politiques " diffusée sur " France Inter " et " Franceinfo ", la " journaliste " politique est chargée de brosser en deux minutes le portrait de l’invité.

François Ruffin, le député de la " France insoumise ", a alors droit à un " dézingage " en règle

Évoquant avec ironie " tous les coups d’éclat " que le fondateur de Fakir a " bruyamment orchestré " depuis son arrivée à l’Assemblée nationale, Carine Bécard en retient un, " le tout premier ".

La scène racontée par la " journaliste " remonte… au 27 juillet dernier :

" Chaque député devait un à un quitter son siège pour voter, voter pour celui qui devait devenir le nouveau président de l’Assemblée Nationale. Vous vous êtes levé, François Ruffin, vous étiez normalement habillé, et vous avez ostensiblement retiré votre chemise du pantalon que vous portiez. "

Court silence, puis question assassine : " Est-ce qu’un député représente mieux les ouvriers quand il apparaît tout débraillé ? Permettez-moi d’en douter ", assène Carine Bécard.

https://twitter.com/TeamMacronPR/status/985467816349446144

Après s’en être pris à la tenue de François Ruffin, la " journaliste " enchaîne sur ses origines sociales.

" Vous n’êtes pas exactement celui que vous prétendez vouloir dégager, vous êtes le fils d’un cadre de chez Bonduelle, donc à l’origine un petit bourgeois ", relate la " chroniqueuse " qui semble en conclure que cela ôterait toute légitimité au député " Insoumis " pour défendre les classes populaires.

Et d’enfoncer le clou de cette accusation en creux d’hypocrisie : " Vous avez d’ailleurs fréquenté le même lycée privé, la Providence, qu’Emmanuel Macron, qui lui aussi, comme vous, est Amiénois. "

" Vous allez me trouver dure "

Carine Bécard en vient enfin au cœur de sa critique : ni plus ni moins que la stérilité supposée de l’engagement politique de François Ruffin.

" Inlassablement vous dénoncez, les délocalisations en particulier, et vous apparaissez aux yeux de ces ouvriers comme leur meilleur soutien. Seulement, à part exciter les colères et amplifier les déceptions, quelles sont vraiment vos solutions ? ", interroge la " journaliste ", sous le regard interdit de François Ruffin.

" Parce que vos batailles, vous les menez sur la forme mais rarement sur le fond. Vous faites du bruit, vous faites des coups, vous faites de la mise en scène, sauf qu’après vingt ans de combat, où sont vos résultats ? Vous allez me trouver dure, mais de vous à moi, je n’en vois pas. "

Voilà un « procès en inutilité » pour le moins étonnant, qu’on a rarement l’habitude d’entendre à l’égard d’autres personnalités politiques qui ne sont pas au pouvoir.

D’autant plus s’agissant d’un élu qui s’est lancé dans la vie politique il y a à peine plus d’un an, pour devenir député d’un groupe d’opposition comptant seulement 17 membres à l’Assemblée.

Mais il semble qu’effectivement, Carine Bécard n’ait choisi de retenir que les épisodes les plus anecdotiques du parcours de François Ruffin à l’Assemblée, lequel a pourtant signé 27 propositions de loi, comme celles sur " le burn-out " ou " le financement de l’hôpital psychiatrique ".

Il a également dressé des pistes de réforme, comme sur la fermeture des classes dans les écoles rurales, dans les colonnes de " Marianne ".

Autant d’éléments qui ont dû échapper à la sagacité de la " journaliste " de " France Inter ".

Hadrien Mathoux

Marianne