Grèce : entre austérité, répression et trahison

, par  DMigneau , popularité : 0%

Grèce : entre austérité, répression et trahison

Depuis le mois de juillet 2015 et la trahison d’Alexis Tsipras, la Grèce va mal. Elle était déjà dans une situation catastrophique suite aux divers " plans d’austérité " des gouvernements successifs de droite ou " sociaux-démocrates ". Mais l’élection de " Syriza " et de Tsipras aurait pu être source d’un renouveau.

Une chose inédite en Europe où pour la première fois, si l’on excepte l’expérience chypriote de " l’AKEL ", un parti de la gauche dite " radicale " accédait au pouvoir et générait un immense espoir, non seulement en Grèce, mais dans toute l’Europe.

C’était pour toutes les forces progressistes la vision, enfin, d’un verrou qui cède, du premier domino qui tombe dans cette Europe ultralibérale minée de partout par l’austérité.

Mais il n’en fut pas ainsi.

Après quelques mois de révoltes et de " bras de fer " contre " la Troïka " (" Commission européenne ", FMI, et BCE) le gouvernement grec cédait et se couchait, juste après avoir convoqué un référendum où le peuple grec s’était exprimé en majorité pour - justement - ne pas céder !!

Depuis Alexis Tsipras est devenu un " élève sérieux " des institutions européennes appliquant les cures libérales qui sont imposées au peuple grec sans jamais parvenir à une amélioration de la situation pour le peuple grec.

Le gouvernement d’Alexis Tsipras a ainsi continué à appliquer docilement les politiques de privatisation des entreprises grecques. Mais les salaires et les pensions diminuent et la pauvreté et l’extrême pauvreté continuent d’augmenter.

C’est le résultat normal d’une telle politique.

Or, désormais ce " libéralisme ", voir cet ultralibéralisme, s’accompagne d’une politique de plus en plus répressive à l’égard des opposants. Et notamment à l’égard des opposants de gauche qui s’offusquent, à juste titre, de ces choix.

Ainsi, des lois spéciales ont été votées, la police " anti-émeute " est de plus en plus déployée et des manifestations sont également interdites.

Alors qu’avant les élections de 2015, les militants et les élus de " Syriza " s’opposaient aux ventes aux enchères des logements de ceux ne pouvant payer leur loyer, ce gouvernement, issu des rangs de " Syriza " organise désormais la répression contre ceux continuant à s’opposer à de telles pratiques.

Panagiotis_Lafazanis

Figure de la gauche grecque, Panayiotis Lafazanis n’a pas été épargné par la répression de ces anciens camarades. Lui qui a, dans sa jeunesse, résisté à la dictature des colonels, puis a été élu député sous l’étiquette " Syriza " avant de faire partie du premier gouvernement d’Alexis Tsipras, en tant que ministre de la Restructuration de la production, de l’Environnement et de l’Énergie, s’était ensuite éloigné de " Syriza " après la trahison du gouvernement.

Il créait alors le " Parti Unité Populaire " en en août 2015.

Lui n’a pas trahi ses engagements. Et pour cela il est poursuivi par le gouvernement grec pour pas moins de seize motifs différents. En tout, Panayiotis Lafazanis risque neuf ans de prison si les différentes peines sont cumulées.

La fin de la crise, vraiment ?

Et pourtant, le 20 août dernier, le pays sortait officiellement de la période des " plans de sauvetage " conduisant, quelques mois plus tôt, Pierre Moscovici, l’ancien ministre de l’Économie et des Finances entre 2012 et 2014 sous Hollande, a déclarer ; « Pour la Grèce, ce sont huit ans d’efforts et de sacrifices qui s’achèvent ».

Des efforts et des sacrifices qui auront touché les classes populaires et moyennes, comme toujours, tandis que les vrais responsables de la crise, eux, s’en sortent indemnes.

Fallait-il arriver à ce niveau d’austérité, de pauvreté, de chômage pour, soi disant relancer l’économie grecque ?

L’exemple récent du Portugal (" Portugal : une autre voie pour l’Europe ") nous montre qu’une politique préconisant l’inverse de ce que Bruxelles prévoit et ordonne a conduit le pays a des résultats économiques plus que satisfaisants.

Mais le peuple grec ne s’y trompe pas et les prochaines élections législatives s’annoncent terribles pour " Syriza ".

D’autant plus qu’Alexis Tsipras a intégré, dans son nouveau gouvernement, des personnes issues de l’ancien " Pasok " et d’autres issues de " Nouvelle Démocratie ", le parti de droite.

Pour le moment " Syriza " se place derrière la droite, selon un écart qui oscillerait entre 5 et 11 %. D’ailleurs, le premier ministre grec est lui aussi au plus bas dans les sondages.

Les parties et personnes se réclamant de gauche ne peuvent désormais plus soutenir le gouvernement grec. Depuis juillet 2015, et son renoncement, Alexis Tsipras et " Syriza " ne sont plus dignes de notre confiance.

Et d’autres forces de gauche grecques méritent, et attendent notre soutien. Les prochaines élections, qui auront lieu en septembre prochain, seront un vrai indicateur pour savoir dans quelle direction ira la Grèce ces prochaines années.

République sociale

Source : https://republiquesocialeblog.wordpress.com/2018/11/16/grece-entre-aus...

Pour approfondir le sujet :

LA MISE EN EXAMEN DE PANAYIOTIS LAFAZANIS EST UNE SINISTRE PREMIÈRE POUR LA 2E RÉPUBLIQUE HELLÉNIQUE, DU JAMAIS VU DEPUIS LA DICTATURE DES COLONELS :

https://unitepopulaireparis.wordpress.com/2018/10/12/la-mise-en-examen-de-panayiotis-lafazanis-est-une-sinistre-premiere-pour-la-2e-republique-hellenique-du-jamais-vu-depuis-la-dictature-des-colonels/

Le virage répressif du gouvernement de Tsipras :

https://www.legrandsoir.info/grece-le-virage-repressif-du-gouvernement-syriza-jacobin-magazine.html

Le Grand Soir