Yémen : un attentat meurtrier vise le gouvernement d’union nationale

, par  DMigneau , popularité : 0%

Yémen : un attentat meurtrier vise le gouvernement d’union nationale

Aéroport d’Aden au Yemen. Saleh Al-OBEIDI / AFP

De fortes explosions et des coups de feu ont été entendus à l’aéroport de la capitale yéménite. Bilan provisoire : au moins 26 morts et des dizaines de blessés. ​Le Yémen, en guerre depuis 2015 s’enfonce encore un peu plus dans un climat d’insécurité.

Deux explosions au moins se sont produites, lorsque l’avion transportant le nouveau gouvernement " d’union nationale " est arrivé dans la capitale provisoire. C’est dans l’aéroport d’Aden, au moment ou les responsables ont commencé à sortir de l’appareil que l’attentat a eu lieu.

Plusieurs sources médicales ont fait état d’au moins dix morts et de dizaines de blessés. Des détonations ainsi que des coups de feu ont retenti, avant qu’une épaisse fumée noire ne jaillisse d’un bâtiment de l’aéroport tandis que des débris étaient projetés alentours, suscitant la panique parmi les personnes présentes, selon les images diffusées par la chaîne de télévision saoudienne " Al-Hadath ".

" Nous allons bien ", a dans la foulée tweeté le nouveau ministre des Affaires étrangères Ahmed ben Moubarak. Dans le même temps, le ministre de l’Information Mouammar al-Iryani a accusé sur " Twitter " les rebelles " Houthis " d’avoir mené cette " attaque terroriste ".

Dans ce pays pauvre dévasté par les conflits, le nouveau gouvernement yéménite " d’union " rassemblant des ministres " pro-pouvoir " et des « séparatistes » du Sud a été formé le 18 décembre sous l’égide de l’Arabie saoudite. Ces deux camps qui se disputaient le pouvoir dans le Sud restent en principe alliés depuis six ans contre les rebelles " Houthis ", soutenus par l’Iran et qui se sont emparés d’une grande partie du nord du pays, dont la capitale Sanaa.

" Acte terroriste lâche "

Le « Premier ministre » Maïn Saïd a également évoqué un " acte terroriste lâche ", sans toutefois accuser nommément les " Houthis ".

" Cela ne fera qu’augmenter notre détermination à remplir nos devoirs ", a-t-il tweeté. Les " Houthis ", mais aussi les groupes jihadistes " Al-Qaïda " et " État islamique ", ont par le passé mené des attaques visant le gouvernement yéménite reconnu par la " communauté internationale " et ses partisans. De profondes divisions avaient éclaté ces dernières années entre les partisans du gouvernement et les « séparatistes » au sein du même camp " anti-Houthis ".

Une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite intervient depuis 2015 au Yémen. Pour " resserrer les rangs ", Ryad a négocié un accord pour le partage du pouvoir dans le Sud et tentait depuis plus d’un an de former un nouveau gouvernement " d’union " afin de maintenir l’unité de la coalition face aux " Houthis ", sur le point de contrôler Marib, dernier bastion du gouvernement dans le Nord.

La guerre au Yémen a plongé le pays le plus pauvre de la péninsule arabique, dans la pire crise humanitaire au monde selon l’ONU, avec une population au bord de la famine et menacée par les épidémies.

La formation du nouveau gouvernement et son arrivée à Aden interviennent à trois semaines de l’investiture du président américain élu Joe Biden, très critique à l’égard de l’Arabie saoudite, notamment sur les violations des droits humains dans le royaume et sur le désastre humanitaire au Yémen.

Magazine " Marianne "

Navigation