Vous n’avez jamais eu le " Covid-19 " ? Ce n’est pas seulement dû au hasard

, par  DMigneau , popularité : 0%

Vous n’avez jamais eu le " Covid-19 " ? Ce n’est pas seulement dû au hasard

De quoi dépend notre probabilité d’être infecté par le " Sars-Cov-2 " ? Du hasard, de nos contacts " à risque ", bien sûr, mais aussi des lieux que nous fréquentons ou encore de notre groupe sanguin. BSIP via AFP

Deux ans après le début de la pandémie, les scientifiques ont pu établir certains " facteurs de risque " de contracter la maladie ou de développer des formes graves.

C’est la cinquième fois qu’on vous fait le coup. Le nombre de cas de " Covid-19 " explose, Jean Castex et Olivier Véran en appellent à la " responsabilité de chacun " et partout autour de vous, les tests " positifs " pleuvent.

Avec l’arrivée du variant " Omicron ", c’est encore pire : à Paris, une personne sur cent est en ce moment testée " positive ", alors que 84 000 contaminations ont été recensées ce 22 décembre en France.

Mais vous, rien.

Deux ans que vous passez " entre les gouttelettes ".

Comment est-ce possible ?

Évidemment, si vous vous êtes fait vacciner, votre risque a largement diminué.

Peut-être, aussi, avez-vous contracté la maladie sans le savoir et refusez-vous obstinément de vous faire " tester ".

Ou peut-être n’avez-vous vu personne depuis deux ans

Ou alors, vous avez juste beaucoup, beaucoup de chance.

Mais il se peut que cette absence de contamination ne soit pas seulement liée au hasard. En deux ans de pandémie, les scientifiques ont pu établir une liste de " facteurs de risque " d’infection par le " Sras-Cov-2 ", allant de la présence dans certains lieux à des prédispositions génétiques.

Attention : cela ne veut pas dire qu’ils empêchent complètement la contamination et dispensent des " gestes barrières ".

" Marianne " les a listés.

- Vous préférez aller au musée qu’au bar

La probabilité d’avoir contracté le " Covid-19 " est fortement dépendante des lieux que l’on fréquente.

L’étude " Comcor " menée par « l’Institut Pasteur », en partenariat avec la " Caisse nationale de l’Assurance Maladie " (Cnam), " Santé publique France " et l’institut " IPSOS ", s’intéresse depuis plus d’un an aux circonstances et lieux de contamination.

Sans grande surprise, le dernier volet, publié fin novembre 2021, pointe du doigt le risque de contracter la maladie dans les discothèques.

Il identifie « les bars en intérieur et les soirées privées comme lieux de transmission du variant " Delta " chez les moins de 40 ans entre le 9 juin et le 9 juillet  ».

Si vous n’êtes pas " fêtard ", votre risque d’avoir été en contact avec une personne " positive " est donc moins important.

« En revanche, aucun " sur-risque " n’a été documenté pour les lieux culturels, les commerces (hors commerces de proximité), les restaurants (à une période où beaucoup opéraient en extérieur et avec aération), les lieux de culte, les activités sportives, et les rassemblements familiaux (hors mariages pour lesquels un " sur-risque " a été documenté) », continue l’étude.

Attention : l’analyse a été menée entre le 23 mai et le 13 août, à une période où les personnes se réunissent davantage en extérieur, que ce soit pour des fêtes de famille ou sur les terrasses des restaurants.

Pendant d’autres périodes où les températures sont plus basses, les restaurants sont associés « à un " sur-risque " d’infection », évoquait le volet 2 de l’étude, menée du 1er octobre 2020 au 31 janvier 2021.

En revanche, les lieux culturels et de culte restent " relativement " épargnés. La même étude montrait également que les repas, aussi bien en milieu « privé » que « professionnel », sont les circonstances les plus fréquemment rapportées à l’origine des transmissions.

Bref : pour éviter tout risque, allez au musée, mangez en extérieur et évitez les " boîtes de nuit " (conseil valable également hors pandémie…).

- Vous vivez sans enfants

Pas de chance : avoir un bambin ou un " ado " à la maison vous rend plus susceptible d’être en contact avec le " Sras-Cov-2 ".

« Chez les plus de 40 ans, la présence d’enfants dans l’entourage a été associée à un " sur-risque " d’infection qui va de + 30 % pour les collégiens à + 90 % pour les très jeunes enfants (moins de trois ans) », lit-on dans la dernière version de l’étude " Comcor " menée pendant l’été.

Point crucial : depuis, la vaccination des adolescents a probablement " changé la donne ".

« Les dernières données non publiées de l’étude française " Comcor " montrent que, pour la période du 1er octobre au 19 novembre 2021 où le variant " Delta " prédomine, le " sur-risque " associé à la présence d’un enfant scolarisé dans " le primaire " est de + 45 %, tandis que le " sur-risque " associé à la présence d’un enfant scolarisé au collège ou au lycée a disparu, vraisemblablement du fait de la " couverture vaccinale " supérieure à 75 % chez les adolescents », peut-on lire dans un avis du " Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale " le 6 décembre.

C’est une des raisons pour lesquelles le gouvernement a décidé, ce mercredi 22 décembre, de débuter la vaccination des 5 - 11 ans : cela permettrait d’éviter la transmission aux adultes.

- Vous faites beaucoup de " télétravail "

Fin 2020, le " télétravail " partiel permettait d’abaisser le risque de 24 % et même de 30 % s’il est total, par rapport à des personnes effectuant le même travail en bureau.

C’est une des raisons pour lesquelles le gouvernement incite à travailler depuis chez soi : après les fêtes, « l’exécutif » évoque 3 ou 4 jours de " télétravail " par semaine pour les métiers pour lesquels c’est possible.

Plus généralement, les types d’emploi influent sur le risque de contamination. En effet, les catégories socioprofessionnelles les plus à risques, selon les études " Comcor ", sont les cadres de la " fonction publique ", les ingénieurs, les chauffeurs ou encore les professions intermédiaires de " la santé " et du " social ".

Au contraire, les agents de service de la " fonction publique ", les employés administratifs de l’entreprise ou encore les policiers et militaires étaient les moins à risque fin 2020.

- Vous êtes de groupe sanguin " O "

Cette fois, vous n’y pouvez pas grand-chose. Votre groupe sanguin vous protège (un peu) de l’infection. C’est ce que montrent des études parues début 2021, qui « ont notamment pointé du doigt un risque diminué pour les personnes de groupe sanguin « O », même si cette diminution reste relative. Ces premières données ont - en outre - déjà été confirmées par plusieurs méta analyses », avance l’Inserm.

Les personnes de ce groupe sanguin seraient donc légèrement moins sujettes que les autres groupes sanguins à l’infection, mais aussi à développer des formes graves, ce qu’ont confirmé par la suite d’autres travaux.

Cela ne veut pas dire qu’être du groupe sanguin « O » dispense des " gestes barrières ", pas plus que de se passer du " vaccin ".

- Vous avez les gènes qu’il faut

Question de groupe sanguin, mais aussi de génétique.

Depuis le début de la pandémie, des scientifiques cherchent à savoir si les particularités de notre ADN peuvent expliquer notre " susceptibilité " à l’infection.

« Récemment, l’analyse génétique des génomes de personnes atteintes par le " Covid-19" a révélé l’existence d’une possible prédisposition génétique », lit-on sur un décryptage publié sur le site du CEA le 4 octobre.

Une particularité génétique héritée de " Néandertal ". En effet, nous avons en nous des portions de notre génome hérité de " Néandertal ". Cette variation est présente dans 50 % de la population d’Asie du Sud Est et 16 % de la population européenne, mais pas chez les populations africaines.

Ce qui ne signifie pas qu’elles sont pour autant protégées des formes graves, car d’autres gènes peuvent y prédisposer.

Sur le site de l’Inserm, on lit que des études publiées en août 2021 « mettent en évidence des anomalies génétiques et immunologiques qui expliquent globalement près de 25 % des formes sévères de " Covid-19 " ».

Cette connaissance des prédispositions génétiques pourrait permettre de protéger davantage les personnes porteuses de ces " prédispositions ", par exemple, en les vaccinant plus vite ou en établissant des traitements ciblés.

Margot BRUNET

Marianne.fr