Voici la composition du gouvernement du pire de Donald Trump

, par  DMigneau , popularité : 64%

Voici la composition du gouvernement du pire de Donald Trump

Contre les élites, le nouveau président des Etats-Unis avait fait la promesse de défendre le peuple américain. Ex-Goldman Sachs, PDG d’ExxonMobile, généraux excités de la gâchette, procureur raciste... l’administration Trump semble bien loin des engagements de Donald.

En haut, à gauche, Gary Cohn (Goldman Sachs), à droite, Michael Flynn. En bas, à gauche, Jeff Session, à droite Rex Tillerson (PDG d’ExxonMobil). Sipa/Marianne.

Vive la ploutocratie ! Le 45ème président, magnat de l’immobilier, ex-star d’une émission de téléréalité, a nommé un cabinet dont les poches sont bien pleines et dont les réseaux s’étendent aux quatre coins de l’économie, comme le montre l’infographie ci-dessous.

Pas étonnant : une bonne part d’entre eux a occupé de très hautes responsabilités dans des firmes connues mondialement pour l’influence, parfois négative, qu’elles peuvent exercer sur la marche du monde.

Au Commerce, au Budget, et au Trésor, les principaux portefeuilles économiques, on trouve un trio de choc. Wilbur Ross, Steven Mnuchin, et Gary Cohn sont tous trois issus de Goldman Sachs. Cohn en était même le n°2. On se souvient pourtant avoir entendu Trump lui-même clamer : " Je les connais, les banquiers de Goldman Sachs ! Ils exercent un contrôle total sur Hillary Clinton " .

Les multimillionnaires ont aussi bonne place dans la nouvelle administration.

Le chirurgien-orthopédique Tom Price sera secrétaire d’Etat à la Santé et possède une jolie fortune de 14 millions de dollars. Il veut empêcher 100 millions de pauvres et de personnes âgées de se faire soigner gratuitement par le programme de santé " Obamacare ".

Mais Tom Price fait pâle figure à coté du climato-sceptique Rex Tillerson (fortune de 100 à 200 millions de dollars), nommé secrétaire d’Etat chargé de la politique étrangère.

Ce dernier est le PDG de la super-entreprise pétrolifère ExxonMobil qui lui a versé 25 millions de dollars rien qu’en 2016 pour ses loyaux services. Cette firme multinationale (ex-n°1 de Wall Street) travaille très étroitement en Russie avec Rosneft, société de gaz et pétrole possédée par l’Etat russe.

Pas très Cop21, donc.

Durant toute sa campagne, Donald Trump avait pourtant fustigé à de multiples reprises “ les élites de la finance ”.

Le président Trump a-t-il trahi sans vergogne le candidat Donald ?

Pas totalement : Donald Trump n’a eu de cesse de proposer la suppression du " Dodd-Frank Act ", loi prise par Obama pour " assainir Wall Street " suite aux ravages de la crise des " subprimes " en 2008.

Une suppression émanant justement... des élites financières américaines.

Des militaires et des ultra-conservateurs

Un autre trio de combat au cœur du cabinet Trump mérite de s’y arrêter.

John Kelly, Michael Flynn, et James Mattis, tous généraux d’armée en activité ou à la retraite, seront respectivement secrétaire d’Etat à la Sécurité nationale, conseiller spécial à la Sécurité, et secrétaire d’Etat à la Défense.

John Kelly luttera contre l’immigration illégale provenant de son ancienne zone de commandement, l’Amérique latine.

Michael Flynn a, pour sa part, un fait d’armes disgracieux : il avait été " remercié " par les Renseignements militaires en raison de positions trop radicales sur l’islam.

Dans un autre registre, James Mattis a pour sa part déclaré en 2005 " trouver sympa de tirer sur les gens ".

Et on ne manquera pas de relever la présence du leader de " l’alt-right " (droite réac’ alternative) Steve Bannon, d’un militant anti-écolo à la tête de l’Agence de protection de l’environnement (Scott Pruit) ou d’un procureur à la réputation xénophobe à la tête de la Justice (Jeff Session)...

Autant de personnalités fortes, conservatrices, et réactionnaires qui tenteront de " make America great again ".

Trois ex-Goldman Sachs

- Gary Cohn a été nommé à la tête du " Conseil économique " chargé du Budget fédéral. Il est le n°2 de Goldman Sachs. Il a passé 26 ans de sa vie à Goldman Sachs et y possède 175 millions d’actions. Qui a dit : " conflit d’intérêts " ?

- Steven Mnuchin (prononcez " mah-niou-chine ") a été nommé pour diriger le Trésor américain. Sa fortune : 40 millions d’euros. Comme son homologue Mario Draghi à la tête de la Banque centrale européenne, il est un ancien de Goldman Sachs. On le connait aussi pour " Dune Entertainment ", son fonds d’investissement qui a notamment produit Avatar.

- Wilbur Ross a été nommé secrétaire d’Etat au Commerce. Sa fortune est évaluée à 2,9 milliards d’euros. A Rotschild, puis à Goldman Sachs, l’homme a fait sa réputation dans ses " sauvetages " d’entreprises en faillites. Même pendant la crise de 2008, quitte à mettre dans la rue les gens incapables de rembourser leur prêt hypothécaire.

Trois militaires

- John Kelly a été nommé à la tête de la " Homeland Security ", l’équivalent du ministère de l’Intérieur. L’ancien général était en charge du commandement de la zone " Amérique Latine " (2012-2016), notamment la gestion de la prison de Guantanamo. D’après Trump, John Kelly " est la bonne personne pour mener l’urgente mission de stopper l’immigration illégale et d’assurer la sécurité de nos frontières ".

- Michael Flynn a été nommé conseiller spécial à la Sécurité nationale. Le lieutenant-général a été renvoyé des Renseignements militaires en 2014 pour ses positions trop radicales sur l’islam. Ses anciens collègues le décrivent comme " puéril ", " arrogant ", " hors de contrôle ". Pendant la campagne, il a relayé des fausses informations sur Twitter.

- James Mattis a été nommé secrétaire d’Etat à la Défense. C’est un ancien général des Marines. Frappé du sobriquet " l’intello " au début de sa carrière militaire en raison de sa bibliothèque (7 000 livres !), cette personnalité sereine a aussi son lot de casseroles. En 2005, il disait trouver " sympa de tirer sur des gens ". Et d’hériter de ce surnom : le moine fou.

.... et encore plus de pompiers pyromanes

- Steve Bannon a été nommé " stratège en chef " rattaché à la Maison Blanche. Le fondateur de " Breitbart News ", un site réac’ de droite, est passé à la notoriété pour avoir mené la campagne offensive de Trump, notamment en diffusant à grand échelle des informations fausses. Des ténors du Parti républicain s’inquiètent de voir une figure " alt-right " (droite alternative) si controversée au cœur du pouvoir.

- Rex Tillerson a été nommé secrétaire d’Etat. Fortune évaluée à 150 millions de dollars. PDG de la compagnie pétrolière ExxonMobil et très attaché à la défense des énergies fossiles, c’est un climato-sceptique de la première heure. Réputé, par ailleurs, très proche des intérêts russes, son entreprise collabore étroitement avec Rosneft, la compagnie pétrolière nationale russe. La lutte contre le réchauffement climatique risque d’en prendre un coup, notamment le respect de l’accord de Paris.

- Scott Pruitt a pris la tête de l’Agence environnementale américaine. Comme Trump, il s’est exprimé durant la campagne pour faire sauter cette agence. Lorsqu’il était procureur dans l’Oklahoma, il a tout fait pour limiter l’influence de l’agence dans son Etat.

- Jeff Session est nommé " Attorney general ", l’équivalent du Garde des sceaux en France. Très proche des idées de Trump pour lutter contre l’immigration, une image de xénophobe lui colle à la peau depuis 30 ans. En 1986, il a reconnu avoir reproché à un avocat blanc de faire " honte à sa race " en défendant des clients noirs.

- Mike Pompeo a été désigné pour prendre la tête de la CIA. Il s’est opposé à la volonté d’Obama de fermer les prisons secrètes de la CIA. Il refuse également que les personnes en charge des interrogatoires à l’agence signent une charte anti-torture. Enfin, il veut collecter toutes les “ métadonnées ” disponibles sur Internet et les combiner aux données publiques pour une surveillance généralisée des citoyens américains.

- Tom Price a été nommé secrétaire d’Etat à la Santé. Chirurgien orthopédique, il est à la tête d’une fortune de 14 millions de dollars. Tom Price a été le leader de l’opposition à " l’Obamacare " et " Medicare ", les réformes d’Obama pour mieux couvrir des centaines de millions d’Américains. Tom Price considère qu’à partir de la conception (c’est-à-dire l’acte sexuel), aucun avortement ne devrait être possible

Youness Rhounna

Marianne