Vaccination des adolescents : le " Comité d’éthique " s’alarme d’une décision précipitée

, par  DMigneau , popularité : 0%

Vaccination des adolescents : le " Comité d’éthique " s’alarme d’une décision précipitée

Un adolescent se fait vacciner contre le covid-19 à Munich, en Allemagne (Illustration).
©Frank Hoermann / SVEN SIMON / SVEN SIMON / dpa Picture-Alliance via AFP

Le gouvernement souhaite ouvrir la vaccination aux 12-18 ans dès le 15 juin, un objectif que le " Comité consultatif national d’éthique " juge trop précipité au regard de l’avancement de la campagne vaccinale et du manque d’informations sur le vaccin.

Après avoir tardé à lancer sa campagne vaccinale, le gouvernement met " les bouchées doubles ". Alors que 42 % de la population a reçu au moins une première dose (28 millions de personnes) et près de 14 millions les deux doses, le gouvernement souhaite désormais ouvrir la vaccination aux adolescents.

Le 2 juin, il a annoncé l’ouverture de créneaux pour les 12 - 18 ans dès le 15 juin. Une décision que le " Comité consultatif national d’éthique " (CCNE) juge précipitée.

Dans un communiqué publié ce mercredi 9 juin, le CCNE " regrette [..] que les décisions aient été prises si rapidement ".

" Y a-t-il une urgence absolue à commencer la vaccination dès maintenant, alors que plusieurs indicateurs sont au vert et que la rentrée scolaire de septembre pourrait signer le début de la campagne ? ", s’interroge le comité.

Le CCNE pointe plusieurs éléments.

D’une part, le fait que la population des plus jeunes est peu encline aux formes graves du " Covid-19 " : « Les formes graves de l’infection sont très rares chez les moins de 18 ans, le bénéfice individuel tiré de la vaccination s’en trouve donc limité pour la santé " physique ". »

LA QUESTION DU CONSENTEMENT DES MINEURS

D’autre part, le comité rappelle que " l’immunité collective ", qui est l’objectif à moyen terme du gouvernement, ne sera atteinte que lorsque 85 % de la population sera vaccinée, si tant est que les vaccins proposés soient efficaces contre les nouveaux variants.

" Or, il s’avère peu probable que cet objectif puisse être atteint grâce à la seule vaccination des adultes. "

Enfin, le CCNE pose la question du consentement de l’adolescent, en tant que personne mineur. Si celui des parents est nécessaire, " le code de la santé publique insiste sur l’obligation de prendre en compte également le consentement de la personne mineure ", rappelle le CCNE.

Comme le rappelle l’AFP, seul le vaccin " Pfizer " est pour l’instant autorisé par " l’Agence européenne du médicament " pour les 12-18 ans. Le régulateur européen a également commencé mardi à examiner la demande d’autorisation chez les 12-17 ans du vaccin " Covid " de la biotech américaine " Moderna ", pour l’instant réservé aux plus de 18 ans.

Magazine " Marianne "