Un tiers des fruits contaminés par des pesticides dans l’UE selon une ONG

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Un tiers des fruits contaminés par des pesticides dans l’UE selon une ONG

Près d’un tiers des fruits cultivés dans l’UE sont contaminés par des pesticides selon l’ONG PAN Europe, ce mardi 24 mai 2022. dpa Picture-Alliance via AFP

Une étude inédite publiée ce mardi 24 mai par l’ONG " PAN Europe ", montre que les résidus de pesticides chimiques sur les fruits cultivés dans « l’Union européenne » ont fortement augmenté entre 2011 et 2019.

Pêches, fraises, cerises, pommes, kiwis…

D’après le dernier rapport de l’ONG " PAN Europe " révélé ce mardi 24 mai, les résidus de pesticides chimiques sur les fruits cultivés dans « l’Union européenne » ont augmenté entre 2011 et 2019.

Basée sur l’analyse de quelque 97 000 échantillons de fruits frais, l’étude a constaté qu’en moyenne un échantillon sur trois (29 %) était contaminé par des traces de pesticides chimiques (herbicides, fongicides, insecticides) contre 18 % en 2011.

Une augmentation de près de dix points alors que les États membres auraient dû en limiter l’utilisation au profit de produits de substitution, selon l’ONG.

Ce rapport se concentre sur l’utilisation des pesticides " les plus dangereux " pour la santé et l’environnement définis par la « Commission européenne ». En 2020, dans le cadre de la stratégie " Farm to Fork " (" de la Ferme à la Fourchette "), cette dernière avait alerté sur les risques qu’ils engendraient sur la santé humaine, augmentant massivement les risques de développer des maladies cardiovasculaires, des cancers ou des problèmes de fertilité.

Parmi ces substances – destinées à détruire les organismes vivants jugés " nuisibles " – qu’il faudrait absolument limiter, l’on trouve le " Tebuconazole ". Il s’agit d’un fongicide toxique pour la reproduction, dont des traces ont été fréquemment retrouvées sur des cerises produites en 2019, en Espagne entre autres.

MISE EN DANGER DES CONSOMMATEURS

Bien que la « Commission européenne » ait déjà revendiqué une réduction de l’usage des pesticides de 12 % en 2019 par rapport à 2015-2017, les résultats de l’étude semblent contrevenir aux ambitions de Bruxelles.

En 2020, « l’Union Euiropéenne » avait annoncé vouloir réduire de moitié d’ici 2030 le recours aux pesticides les plus néfastes.

« La proportion de fruits et légumes contaminés par ces pesticides ne cesse d’augmenter. Souvent, les aliments présentent plusieurs résidus de deux ou plusieurs de ces substances toxiques en même temps. Cela démontre clairement que les règles de substitution n’ont jamais été mises en œuvre par les États membres et qu’ils ont failli à leur responsabilité de protéger les consommateurs », dénonce Salomé Roynel, responsable de la campagne de l’ONG.

La « Commission » a en effet le pouvoir de rappeler à l’ordre les pays qui ne se conforment pas aux règles en la matière.

En 2021, une expertise de « l’Institut français de la santé et de la recherche médicale » (Inserm) a conclu à " une présomption forte de lien entre l’exposition aux pesticides de la mère pendant la grossesse ou chez l’enfant et le risque de certains cancers (leucémies, tumeurs du système nerveux central) ".

Dans son étude, PAN (" Pesticide Action Network ") assure que 50 % des échantillons de cerises étaient contaminés par des traces de pesticides en 2019 (contre 22 % en 2011), plus du tiers (34 % contre 16 %) pour ceux des pommes, le fruit le plus produit sur le continent.

Les fruits les plus contaminés sont les mûres (51 % des échantillons), les pêches (45 %), les fraises (38 %), les cerises (35 %) et les abricots (35 %), sur les neuf années étudiées, ajoute l’ONG.

Pour les légumes, la contamination est plus faible car ils sont moins sujets aux insectes et aux maladies : 13 % des échantillons étaient concernés en 2019 (11 % en 2011), les légumes les plus concernés étant le céleri, le céleri-rave et le chou " kale " (31 %).

La Rédaction

Marianne.fr