Un brevet CNRS pour guérir du SIDA en 2020 ?

, par  DMigneau , popularité : 0%

Un brevet CNRS pour guérir du SIDA en 2020 ?

Brève et simple description du principes de brevets CNRS pour guérir du SIDA. Indifférence de l’industrie pharmaceutique pour ne pas nuire à sa rente des trithérapies, acceptée par les autorités publiques françaises ou internationales,. Recyclage depuis 30 ans de campagnes de financement faisant appel aux dons pour financer des recherches faisant du " sur-place "

Dimanche 1er décembre 2019 sera la 21ème journée mondiale annuelle du SIDA, maladie apparue il y a plus de 30 ans.

En privant les malades de leur protection immunitaire (ciblée par le virus VIH), on a connu dans les années 80-90 une hécatombe, jusqu’à ce que les « tri-thérapies » puissent donner aux bénéficiaires une espérance de vie " raisonnable ".

Mais il en coûte 10 000 € par an et par patient – ils sont 170 000 en France -, les effets secondaires sont importants et les " séropositifs " restent contaminants ; on compte 6 000 nouveaux cas par an en France.

Créée à la fin des années 80, « l’Agence Nationale de Recherche sur le SIDA et les hépatites virales » (ANRS) a dépensé des centaines de millions en recherche pour guérir les malades du SIDA.

Au niveau mondial, ce sont des centaines de milliards de dollars qui ont été investis à cette fin... et toujours pas de médicament.

Pourquoi cette faillite ?

La stratégie du virus est pourtant simple, comme pour d’autres virus dont le patrimoine génétique est un ARN (une petite variante de l’ADN). Le virus a " à bord " une enzyme (polymérase) qui transcrit cet ARN en ADN. Une fois la cellule infectée, cet ADN est incorporé dans l’ADN de la cellule, obligeant celle-ci à produire des centaines de nouveaux virus qui vont poursuivre l’infection de l’hôte.

Le « système immunitaire » de ce dernier réagit et combat l’invasion virale, l’attaque virale devrait être rapidement maîtrisée s’il n’avait " un hic " ; la polymérase virale fait beaucoup d’erreurs, ce qui est l’avantage stratégique du virus.

A chaque « round » d’infection, en effet, les nouveaux virus sont criblés de mutations, rendant la plupart invisibles pour le « système immunitaire » circulant, forçant ce dernier à créer une armée nouvelle de cellules immunitaires.

Il en résulte une course poursuite sans fin.

Dans le cas du VIH, cette course poursuite va rapidement à l’abîme, du fait que le virus cible un membre de la famille de cellule immunitaire, les « lymphocytes T » portant sur leur surface le « marqueur protéique » CD4.

Les TCD4 jouent un rôle central dans la défense immunitaire.

Les VIH se « nourrissent » des TCD4 et stimulent ainsi puissamment leur prolifération. Comme les nouveaux virus sont « mutés », ils forcent la production d’un nouveau répertoire immunitaire. Dans cette course-poursuite « VIH-TCD4 », le système immunitaire est rapidement épuisé, le patient a " le SIDA ".

Pour vaincre le virus, il ne faut contrer sa capacité à muter en permanence.

On se souvient de l’astuce de Jonas, qui assistait au combat de son oncle Hercule contre « l’hydre de Lerne » : chaque fois qu’Hercule coupait une tête du monstre crachant des flammes, deux nouvelles têtes surgissaient et les têtes coupées continuaient à cracher des flammes.

Hercule était sur le point d’être submergé quand Jonas eu l’idée de retourner contre le monstre sa propre stratégie. Il fit un feu, y faisait consumer les têtes coupées et Hercule vint à bout de l’hydre.

Pourquoi ne pas transposer l’astuce de Jonas au VIH ?

La stratégie du VIH est simple.

Grâce au laxisme de sa polymérase, la copie ADN de l’ARN viral est criblée de mutations, relativement peu dans les gènes nécessaires à l’infection virale, mais beaucoup dans ceux de " son enveloppe ", d’où son camouflage pour échapper au « système immunitaire » circulant de l’hôte.

L’astuce serait de prendre le contrôle de ce taux de mutations ou bien l’annuler pour rendre le virus stable et permettre au système immunitaire de l’éliminer (tranchée, la tête de l’hydre ne repousse plus) ; ou - au contraire !! - l’exacerber, au point d’abolir l’infectivité (l’hydre est à bout de carburant) et donc aussi l’éliminer.

Cette stratégie est décrite dans les brevets CNRS *, qui citent plusieurs dizaines de molécules capables de faire le « job » (pour les connaisseurs, ce sont des bases modifiées au début de « l’anticodon » des ARN de transfert, pouvant s’apparier à au moins deux bases différentes situées à la fin du codon).

A 3 reprises, au début des années 2000, des demandes ont été faites à l’ANRS pour financer un modeste début de « tests cliniques », sans succès.

Les " Majors " de l’Industrie pharmaceutique, contactés, ont été unanimes (" en off ") : nous vendons pour 36 milliards de dollars d’antiviraux par an pour permettre aux " séropositifs " de rester en vie, pour nous c’est non seulement une rente immuable, mais elle s’amplifie rapidement du fait des contaminations.

De plus, nous avons créé une deuxième rente, en vendant aux personnes " en risque " de contracter le SIDA des médicaments « préventifs », de quoi probablement doubler le montant de la première rente.

Ne comptez pas sur nous pour " tuer notre poule aux œufs d’or " avec vos brevets !

Logique comptable : 20/20.

Commisération humaine : 0/20.

Le SIDA aussi fait (très bien) vivre plus de gens qu’il n’en tue.

Peut-être que les autorités de « santé publique » seraient plus compréhensives ?

Des lettres décrivant les intérêts des brevets aux Ministres de la santé et à « l’Office Parlementaire d’Évaluation de la Politique Scientifique et Technologique » sont toutes restées sans réponse.

Mais voici que Mme Marisol Touraine, Ministre de la santé sous Hollande, devient en juin 2019 Présidente du « Comité Exécutif » d’UNITAID.

Une bonne opportunité pour la relancer sur le sujet.

La lettre (ci-jointe) lui a été envoyée peu après sa prise de fonction, pour lui rappeler les brevets CNRS et les bénéfices que pourraient en tirer – gratuitement - les habitants des nations non industrialisées, lourdement affectés par des maladies dues à des virus à ARN.

Pas de réponse à ce jour.

A quoi peuvent donc servir les 14 milliards de dollars, collectés pour le « Fond Mondial » à Lyon fin juin lors de la 74e réunion des Nations-Unies ?

Il est quasi-certain que l’essentiel finira dans l’escarcelle de " la pharma ".

En attendant, sur son blog, " Madame la Présidente " salue avec enthousiasme l’évènement. « Il est indispensable qu’à cette occasion chacun, y compris la France, soit au rendez-vous et se mobilise pleinement pour garantir des soins de santé accessibles pour tous. »…

« Il reste nécessaire, voire indispensable, d’aller plus loin. Les enjeux de santé mondiale ne sont pas seulement affaire de solidarité, mais renvoient à la nécessité de faire face collectivement aux grands défis de ce monde ».

Après ces belles paroles, des actes ?

A Paris, Bruxelles, Genève, les corbeilles à papier de ces « autorités » sont grandes, les lobbyistes de " la pharma " y sont à l’affût, nombreux

Claude Reiss,

Gérant et Directeur Scientifique, Vigilentech.com, ex DR CNRS et Prof des Universités

MediaPart