Un Stupéfiant Président en Herbe

, par  DMigneau , popularité : 0%

Un Stupéfiant Président en Herbe

Entre Hypnose et Exogénose

Un nouveau " Débat National ".

Voilà ce que vient de sortir de son chapeau notre président, pour lutter contre le " Trafic de drogue " et son corolaire " d’extraordinaires violences " qui gangrènent notre société.

Faut-il être naïf ou stratège pour penser, un seul instant, qu’un débat, fusse-t-il orchestré par le chef de l’Etat, suffira à endiguer ce fléau.

Naïfs sont ceux, fort heureusement bien peu nombreux, qui le croient.

Stratège, s’imagine être celui qui le propose.

Décevant ce Président qui prétendait " révolutionner " les arcanes de la politique et qui s’arque-boute sur les bonnes vieilles grosses " ficèles " consacrées en période pré-électorale.

Tout le monde aura compris qu’il ne s’agit là que du vulgaire clientélisme d’un président candidat à sa réélection. Rien de plus qu’un " coup d’épée dans l’eau ".

Il faut sortir de l’hypocrisie

Comme tous les trafics, celui qui nous préoccupe ici génère une économie souterraine d’envergure, et ce depuis bien avant ce quinquennat.

Posons-nous alors une question simple.

Cette économie souterraine, qui prospère depuis si longtemps au nez et à la barbe des autorités régaliennes, n’aurait-elle pas vertu d’éviter, ou du moins, de contenir les « émeutes de la faim ».

Un peuple affamé devient incontrôlable

Il n’est secret pour personne que le gros du trafic du cannabis germe et se développe dans des quartiers défavorisés, en proie à un chômage systémique.

Auprès d’enfants qui n’ont jamais vu leurs parents travailler, ou si peu.

Au sein de familles entières subsistant " sous perfusion " de maigres allocations et/ou de " minimas sociaux ". De sorte que la " pyramide " du foyer s’inverse et que ce sont les enfants, " guetteurs " et/ou " dealers ", qui nourrissent leurs parents, aussi désœuvrés que désespérés, n’ayant plus aucune emprise autoritaire sur leur progéniture.

Se repose alors la légitime question de savoir si ces singulières situations ne sont pas les digues protégeant la société contre un " tsunami de révoltes " poussées par l’extrême précarité.

Je le redis. Il faut sortir de l’hypocrisie. Endiguer le trafic du cannabis, serait très simple. Il suffirait de : LE LÉGALISER !!

Ce débat, longtemps porté par la gauche, reste majoritairement tabou dans les rangs politiques. Tabou ou volontairement écarté, par souci de paix sociale.

Quoiqu’il en soit, le Président nous la joue : GROSSE COLÈRE !!

Et charge son « Garde des sceaux » de réformer un pan de la loi sur " l’irresponsabilité pénale " qui ne devra plus s’appliquer au bénéfice d’un " toxico " ayant délibérément consommé une substance illicite et ce même si la dite " consommation " a altéré son discernement au moment des faits qui pourraient lui être reprochés.... !

Ouf…. ! Alambiquée diatribe que celle-ci… !

Mais adéquate au pitoyable " coup de com’ " qu’elle est sensée accompagner. Bref, ce président " en herbe " s’attaque à l’ivraie par le sommet (le consommateur) au lieu d’en détruire la racine (les trafiquants).

Une preuve - s’il en fallait une - que cette colère feinte est destinée à flatter un large électorat « conservateur ».

Qui s’étend de Sarkozy à Vals en passant Marine le Pen.

Beaucoup « d’observateurs » s’accordent à reconnaître que la dépénalisation reste l’unique moyen de mettre un terme à cette plaie sociétale. Elle mettrait sinon un terme, du moins un sacré " coup d’arrêt " à cette économie souterraine, construite sur la terreur des braves gens ghettoÏsés dans ces quartiers qui subissent quotidiennement l’intimidation de détestables petits caïds.

Mais notre président se cramponne à sa posture intransigeante, nous rejouant le refrain du " en même temps " stérile, refusant la dépénalisation, tout en promettant une politique de " Zéro tolérance ".

Son " rocher de Sisyphe " en somme, sauf qu’il n’en n’est pas le pénitent, puisqu’il s’est infligé le supplice à lui-même.

A lui-même… Vraiment ?...Pas si sûr... !

En déclamant une " tolérance zéro " dénuée de moyens radicaux, il envoie un signal de faiblesse à ces délinquants qui n’auront de cesse de poursuivre leur lucratif commerce clandestin. De sorte que les pénitents malgré eux, resteront les habitants de ces qurtiers soumis au dicktat des bandes de méprisables voyous.

Pourquoi refuser la Légalisation ?

Quand certains chiffres parmi les plus fiables, annoncent plusieurs millions de " fumeurs de joints " quotidien. Qu’est ce qui empêcherait « l’État » d’adjoindre à sa gestion de l’alcool et du tabac, celle du cannabis sous toutes ses formes.

Le sanitaire, la morale, ou quelque autre " bon sentiment " tronqué ?

Sauf à admettre que ces trafics trouvent " bonne grâce " au regard de ceux " qui nous gouvernent ", je ne vois pas.

En tout cas, il est une drogue à sounoise addiction et aux effets collatéraux périlleux : LA POLITIQUE !!

Che64

AgoraVox.fr