Thierry Solère, au cœur de la " Macronie "... et des affaires judiciaires

, par  DMigneau , popularité : 0%

Thierry Solère, au cœur de la " Macronie "... et des affaires judiciaires

Depuis 2019, Thierry Solère est mis en examen pour treize chefs d’accusation, dont " fraude fiscale ", " emploi fictif " et " financement illicite de dépenses électorales ".
AFP

La belle-mère du député et conseiller d’Emmanuel Macron est soupçonnée d’avoir occupé un emploi fictif à « l’Assemblée nationale » entre 2015 et 2016, a indiqué ce mardi 3 mai une source proche à l’AFP. Une nouvelle affaire judiciaire pour Thierry Solère, " l’homme de l’ombre " à droite de la " Macronie ".

Le député Thierry Solère est pris depuis ce mardi 4 mai dans une nouvelle affaire, de détournement de fonds cette fois-ci. Sa belle-mère est soupçonnée d’avoir occupé un emploi fictif à « l’Assemblée nationale » pendant quatorze mois, entre 2015 et 2016. Le cabinet " Deloitte ", qui a employé Thierry Solère entre 2011 et 2012 en lui versant 20 000 euros d’honoraires, a quant à lui été " mis en examen " le 1er avril pour " trafic d’influence actif ".

La femme de Thierry Solère, qui a été sa " collaboratrice parlementaire " entre 2012 et 2017, a été placée sous le statut de " témoin assisté ", moins incriminant que celui de " mis en examen ". Ces nouvelles poursuites s’inscrivent dans le cadre d’une information judiciaire ouverte à Nanterre en 2019, où l’élu, âgé de 50 ans, est " mis en examen " pour treize chefs d’accusation, dont " fraude fiscale ", " emploi fictif " et " financement illicite de dépenses électorales ".

QUELLES SONT LES AUTRES AFFAIRES ?

Les affaires dans lesquelles Thierry Solère est impliqué sont multiples.

Dès 2016, " Mediapart " affirme qu’il fait l’objet d’une enquête préliminaire pour " fraude fiscale ". Elle cible des déclarations d’impôts erronées entre 2010 et 2013.

Plusieurs chefs d’accusation sont ajoutés deux ans plus tard, dont " trafic d’influence ", " corruption " ou " abus de bien sociaux ". Le « Parquet » de Nanterre le soupçonne entre autres d’avoir favorisé certaines entreprises pour lesquelles il travaillait, en profitant de sa position d’élu, et d’avoir accordé un emploi fictif " d’assistant parlementaire ".

En 2019, il totalise treize chefs d’accusation : " fraude fiscale ", " détournement de fonds publics ", " trafic d’influence "…

S’il a écopé d’une garde à vue de 37 heures en juillet 2018, où Thierry Solère est libéré sur " avis médical ", le conseiller régional d’Île-de-France n’a pas été condamné par la justice.

QUEL EST SON PARCOURS POLITIQUE ?

Ancien collaborateur de Jean-Pierre Raffarin et Philippe Douste-Blazy, Thierry Solère commence réellement sa carrière politique nationale en 2012, en s’opposant déjà à une personnalité de droite, Claude Guéant. Il dénonce le " parachutage " de l’ancien ministre de l’Intérieur à Boulogne-Billancourt et remporte l’élection. Il se fait exclure en revanche de l’UMP, qu’il réintègre moins d’un an après.

Il gravit les échelons à droite jusqu’à être choisi pour organiser " la primaire de la droite " en 2016. Il affiche son soutien à Bruno Le Maire avant de réussir à s’octroyer une place de porte-parole du vainqueur François Fillon.

Quand le candidat " LR " à la présidentielle est ciblé par plusieurs affaires, Thierry Solère change à nouveau de cap. S’il est réélu député en 2017 avec l’étiquette " LR ", il donne sa confiance au gouvernement d’Édouard Philippe et déclare vouloir " travailler dans la majorité du gouvernement ".

COMMENT INFLUENCE-T-IL LA " MACRONIE " ?

Pendant le quinquennat d’Emmanuel Macron, Thierry Solère invite continuellement les élus " LR " à répondre à la " main tendue " du président.

« Ça veut dire quoi " reconstruire la droite " ? Ils sont stupides à LR, la droite est déjà au pouvoir », déclarait-il aux " Échos " en 2017. Il est à la fois " l’homme de l’ombre " et une pièce maîtresse de la " Macronie ". Et comme il ne peut pas siéger au gouvernement, à cause de ses multiples mises en examen, il a été assigné à une mission : débaucher le plus d’élus de droite possible avant l’élection.

Réputé affable, toujours le sourire aux lèvres, il remplit son objectif avec brio. Il est à l’origine de l’alliance entre le président de la région Paca Renaud Muselier et " la République en marche " pour les élections régionales en 2021. Une alliance qui va entraîner d’autres départs chez les " LR " : ceux de Christian Estrosi et du maire de Toulon Hubert Falco.

En avril dernier, Éric Woerth et François Rebsamen ont aussi rejoint la majorité présidentielle. Thierry Solère assume pleinement son rôle de l’ombre, qui lui vaudra le surnom de " conseiller en trahison ", de la part d’Éric Ciotti.

Rédaction

Marianne.fr