Réforme de l’assurance chômage : une nouvelle gifle pour Macron

, par  DMigneau , popularité : 0%

Réforme de l’assurance chômage : une nouvelle gifle pour Macron

Elisabeth Borne. AFP

La réforme de « l’assurance chômage », qui devait entrer en vigueur le 1er juillet aurait eu comme principale conséquence une baisse des allocations touchées par environ 1,5 million de personnes. Le « Conseil d’État » en a décidé autrement.

À défaut de faire payer les riches, le gouvernement voulait faire trinquer les pauvres.

La réforme de « l’assurance-chômage », qui devait entrer en vigueur le 1er juillet, avait été conçue et organisée pour remplir cette mission périlleuse. Elle aurait eu comme principale conséquence une baisse des (maigres) allocations touchées par environ 1,5 million de personnes. Jusqu’ici, ces ex-salariés transformés en " sans-emploi " à l’insu de leur plein gré avaient plutôt du mal " à joindre les deux bouts ". Avec le " tour de vis " décrété par le pouvoir, ils auraient eu la chance de finir leur mois avant même de l’avoir commencé.

Le « Conseil d’État » en a décidé autrement.

Saisie par les syndicats, la plus haute juridiction de l’ordre administratif a suspendu la mise en place de la réforme proposée en arguant des " incertitudes sur la situation économique ". Pour autant, la " vénérable institution " a jugé bon de préciser qu’elle ne remettait " pas en cause le principe de la réforme ".

À chacun ses compétences. Mais dans sa forme actuelle, c’est non.

LA DÉROUTE D’ÉLISABETH BORNE

Dans la foulée, la ministre du travail, Élisabeth Borne, a déclaré que le gouvernement allait présenter une " énième version " d’un texte déjà remis sur le tapis à plusieurs reprises. Comme quoi il ne suffit pas d’être " renvoyé dans les cordes " pour refuser de remonter sur le ring.

Il n’empêche, il s’agit bien d’une " claque " pour le " fan-club " d’une ministre déconsidérée. Les syndicats ne s’y sont pas trompés, allant même jusqu’à parler de " victoire ". Il faut dire que dans cette affaire, le gouvernement a réussi à faire l’unanimité contre lui, ou presque. Il s’est heurté à l’hostilité de tous les syndicats, soudain réunis en un front commun qui d’ordinaire se lézarde assez vite. Cette fois, rien de tel et la CFDT est entrée dans la danse contestataire.

C’est dire.

Même l’ancienne ministre du travail, Muriel Pénicaud, s’était étonnée du contenu de la réforme proposée, ce qui lui avait valu d’être " renvoyée dans les cordes " par celle qui lui a succédé, pas du genre à avoir des " états d’âme ". Aux yeux d’Élisabeth Borne, il était inenvisageable de toucher à un système qui devait permettre, en " régime de croisière ", d’économiser 2,3 milliards d’euros par an.

C’est raté.

LA TRONÇONNEUSE ANTISOCIALE

Pour vendre son " paquet-cadeau ", le gouvernement avait mis en avant un mécanisme de " bonus-malus " consistant à alléger les cotisations des entreprises " vertueuses " en matière d’emploi et à majorer celles des entreprises adeptes de la " précarité à outrance ". Ce n’est pas idiot, sauf que le sacrifice des chômeurs serait immédiat alors que les modulations de cotisations ne devaient entrer en vigueur qu’en septembre 2022, sous prétexte de laisser leurs chances aux " accros " de la " tronçonneuse anti-sociale ".

Pendant ce temps, les groupes du « CAC 40 » font chaque soir la " fête de la musique " des profits. Drogués aux fonds publics, adeptes des " paradis fiscaux ", parrains de rentiers gonflés aux dividendes, adeptes des " aventures financières " au long cours, ils alignent des résultats boursiers jamais atteints depuis 2000, " quoi qu’il en coûte " pour la France.

Quitte à demander des comptes à certains, autant faire le bon choix et frapper à la bonne porte.

Jack DION

Marianne.fr