Pourrait-on passer d’un univers à l’autre en utilisant un « trou de ver » ?

, par  DMigneau , popularité : 0%

Pourrait-on passer d’un univers à l’autre en utilisant un « trou de ver » ?

Les " trous de ver " sont des concepts cosmologiques purement théoriques : l’existence et la formation physique de tels objets dans l’Univers n’ont pas été vérifiées.

Ils n’ont de sens que dans les hypothèses elles-mêmes théoriques selon lesquelles il existerait plusieurs univers au lieu d’un seul, ou que l’on pourrait " remonter le temps " pour voyager dans " l’espace temps ".

Dans l’hypothèse du " trou de ver ", celui-ci formerait un raccourci dans " l’espace-temps " permettant le voyage d’un point de l’espace à un autre (déplacement dans l’espace), le voyage d’un point à l’autre du temps (déplacement dans le temps) et le voyage d’un point de " l’espace-temps " à un autre (déplacement à travers l’espace et, simultanément, à travers le temps).

Le temps de ce voyage serait considérablement réduit, grâce au " trou de ver ". Ainsi, concernant les voyages dans le temps, il serait possible de se retrouver rapidement (dans des délais, il est vrai à préciser) au temps du " Big Bang ", c’est-à-dire à la création de notre univers .

Combien de temps pourrait durer un " trou de ver " ?

Serait-il éphémère, donnant à peine le temps le traverser ?

Ou pourrait-il durer longtemps, éventuellement aussi longtemps que l’univers lui-même ?

Aujourd’hui, la littérature sur les " trous de ver " est abondante et ces questions sont couramment abordées. .

Les " trous de ver " résultent essentiellement d’une connexion entre deux " trous noirs ".

Les " trous noirs " sont considérés comme formant essentiellement le centre des galaxies. Il s’agit d’objets si denses qu’aucune forme de matière ne peut en sortir. Très récemment, le 10 avril 2019, grâce à des techniques complexes faisant appel à la « radio-astronomie », des astronomes pensent avoir observé le trou noir dit M87 *, trou noir super-massif situé au cœur de la galaxie du même nom.

Des images ont été diffusées qui ont fait l’objet d’une large diffusion.

L’on pense qu’il pourrait en théorie exister deux sortes de " trous de ver ". Ceux que l’on peut traverser sans pouvoir en ressortir et ceux qui sont " traversables ". Mais l’on ne savait pas s’ils pourraient durer suffisamment longtemps pour permettre, en principe, d’être traversé.

Pour qu’ils se forment, " l’espace-temps " doit, au lieu d’être stable comme il est généralement admis, pouvoir changer de forme pour comporter des irrégularités dont les " trous de vers ".

Ceci n’est pas envisageable par la physique « classique », mais l’est par la physique " quantique ".

Rappelons que la physique quantique, ou « mécanique quantique », est aujourd’hui considérée comme un arrière-plan non-séparable de la physique " classique ".

Son utilisation permet aujourd’hui de réaliser de nombreuses expériences et divers dispositifs faisant appel à elle. La mécanique quantique permet, en principe, à " l’espace-temps " de se déformer, mais pendant un court instant seulement.

L’équipe de chercheurs ayant écrit l’article référencé ci-dessous, dirigée par Diandiane Wang, de l’Université de Californie, a fait appel à la « Théorie des Cordes » pour expliquer l’existence possible de " trous de ver " traversables.

Pour cette théorie, récusée il est vrai par de nombreux cosmologistes, les éléments de base de l’univers sont constitués de " petites cordes ", pouvant se briser.

Elles contiennent suffisamment d’énergie pour pouvoir, quand elles se brisent, faire apparaître deux " trous noirs " aux extrémités de la corde.

La taille de ces " trous noirs " dépend de l’énergie de la corde. Certains peuvent être minuscules. Nous pourrions en être entourés sans les percevoir, d’autres pourraient être du type " super-massif ". Lorsque les " trous de noirs " résultant de la brisure apparaissent, ils peuvent ou bien se séparer ou bien rester reliés par des " trous de ver ".

Pour Diandiane Wang, la " courbure " de " l’espace-temps " ralentit la séparation entre deux trous noirs. Ils pourraient même rester statiques l’un par rapport à l’autre et permettre au " trou de ver " de ne pas se refermer.

Ceci étant, peu de " trous de vers " seraient en ce cas suffisamment importants pour permettre à une personne de les emprunter. Mais Wang pense que dans le cadre de la mécanique quantique, une telle perspective serait envisageable. Certains " trous de ver " pourraient rester ouverts tout au long de l’Histoire de l’univers, voire indéfiniment.

Bien mieux, le processus aboutissant à la création d’un " trou de ver " pourrait - selon lui - être enclenché par les humains. Mais de tels " trous de ver " ne permettraient pas - cependant - à ceux-ci de se déplacer plus vite que la vitesse de la lumière.

On se demandera quel est l’intérêt de telles spéculations scientifiques, reposant seulement sur une base mathématique et risquant de ne jamais pouvoir être vérifiées expérimentalement. Mais il faut se souvenir que l’hypothèse de la rotondité de la Terre avait été formulée par certains philosophes de l’Antiquité, plusieurs siècles avant d’avoir pu être vérifiée par les premiers " navigateurs transocéaniques ".

Jean-Paul Baquiast

Référence :

27/09/2019. " Classical and Quantum Gravity ", DOI : 10.1088/1361-6382/ab436f

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