Pour combattre le " changement climatique ", c’est du pouvoir populaire dont nous avons besoin

, par  DMigneau , popularité : 0%

Pour combattre le " changement climatique ", c’est du pouvoir populaire dont nous avons besoin

Si les conclusions du rapport du GIEC publié hier sont sombres, pour un collectif international d’activistes, dont Disha A. Ravi, Vanessa Nakate, Greta Thunberg de " Fridays for Future ", ou encore Naomi Klein, " la voie sur laquelle nous sommes inscrit·es n’est pas une fatalité ".

Pour elles et eux, l’heure est venue " d’entreprendre enfin ce changement de système d’une ampleur sans précédent que nous appelons de nos vœux depuis si longtemps [...] Nous sommes l’impact dont le monde a besoin. "

Le rapport du GIEC sur les conséquences du " réchauffement climatique ", publié hier, confirme ce que nous savions déjà : la crise climatique requiert toute notre attention.

Le rapport montre que, dans un monde où le réchauffement atteint d’ores et déjà + 1,2°c, les systèmes naturels sont sur le point d’atteindre 12 points de basculement irréversibles.

" L’Organisation mondiale de la santé " estime à ce jour, que jusqu’à 150 000 vies sont perdues chaque année en raison du " changement climatique " et, à l’évidence, ce chiffre ne représente qu’une infime portion de l’ensemble des vies durablement et tragiquement affectées par le dérèglement climatique.

Au demeurant, nous ne sommes pas toutes et tous touché.e.s de la même manière.

Celles et ceux dont la contribution aux émissions de " Gaz à effet de serre " est négligeable sont les mêmes qui doivent se battre pour satisfaire leurs besoins fondamentaux et maintenir leurs moyens de subsistance.

Ce sont ces mêmes communautés qui ont historiquement été confrontées à d’autres systèmes d’oppression : les personnes " racisées ", les peuples " indigènes ", les femmes, les personnes " économiquement marginalisées " et celles du Sud paient le plus lourd tribut.

Pour autant, les personnes les plus directement affectées ne sont pas des victimes passives. Ce mois-ci, en préparation de la publication du rapport du GIEC, les " Guerriers climatiques du Pacifique " - dont le mot d’ordre est " nous ne nous noyons pas, nous nous battons " - ont collaboré avec " l’Institute for Climate and Sustainable Cities " aux Philippines pour organiser une formation de trois jours afin d’apprendre aux communautés affectées par le climat à Fidji à assembler et à entretenir des systèmes d’énergie solaire.

C’est vers ces communautés que nous devons nous tourner pour trouver des solutions concrètes afin de lutter contre le " réchauffement climatique " : l’espoir ne réside pas dans des solutions basées sur des technologies incertaines et excluantes, mais dans des solutions ancrées dans la préservation des écosystèmes ; contrôlées et organisées au niveau communautaire ; décentralisées, durables, accessibles, abordables ; qui permettent de vivre dignement et en harmonie avec " le vivant ".

Pour que des initiatives de ce type soient déployées à grande échelle, il faudra un effort collectif sans précédent de la part des principaux pollueurs. Cela implique des investissements adéquats, une volonté politique, des fonds pour l’adaptation et l’atténuation, et des réparations pour les pertes et les dommages.

Il est tentant de céder à la colère de savoir que ces appels ont été si longtemps ignorés par " l’industrie fossile " et ceux qui la soutiennent, qui nous ont montré à maintes reprises que leurs profits importaient plus que la vie et que leur vision du monde est fondée sur la destruction.

Au cours des dernières décennies, le mouvement pour la " justice climatique " a remporté d’énormes succès. Nous avons contribué à bloquer un nombre incalculable de centrales à charbon ou d’oléoducs ; bloqué des lois permettant l’exploration et à l’exploitation de nouveaux gisements ; et détourné des milliers de milliards de dollars investis dans " les fossiles ".

Comme l’affirme le GIEC, la " fenêtre d’opportunité " est en train de se refermer. Nous ne pouvons donc en rester là et entendons poursuivre nos mobilisations.

Nous lancerons prochainement une sorte de GIEC " alternatif " et " citoyen " pour la " justice climatique ", composé de militant·es, de chercheur·es, d’expert·es, etc. pour compléter les travaux du GIEC.

https://fr.ourclimateimpact.org/

Nous souhaitons par là contribuer à faire basculer notre regard des impacts du réchauffement sur nos vies vers nos propres impacts sur le " réchauffement climatique ".

Les conclusions du rapport du GIEC sont sombres, mais la voie sur laquelle nous sommes inscrit·es n’est pas une fatalité.

L’heure est venue pour nous d’entreprendre enfin ce changement de système, d’une ampleur sans précédent, que nous appelons de nos vœux depuis si longtemps.

Ensemble, nous avons la capacité de choisir une autre voie.

Nous sommes l’impact dont le monde a besoin.

Signataires :

Mitzi Jonelle Tan (" Fridays for Future ", Philippines)

Disha A. Ravi (" Fridays for Future ", Inde)

Vanessa Nakate (" Fridays for Future ", Uganda)

Luisa Neubauer (" Fridays for Future ", Allemagne)

Patsy Islam-Parsons (" Fridays for Future ", Australie)

Amanda Costa (" Fridays for Future ", Brésil)

Francisco Javier Vera Manzanares (" Fridays for Future ", Colombie)

Greta Thunberg (" Fridays for Future ", Suède)

Nnimmo Bassey (Fondation " Home of Mother Earth ", Nigeria)

Chibeze Ezekiel (" Strategic Youth Network for Development ", Ghana)

Amitav Ghosh (écrivain et essayiste, Inde)

Lidy Nacpil, (" Asian Peoples’ Movement on Debt and Development ", Philippines)

Asad Rehman (" War on Want ", Royaume-Uni)

Luam Kidane (" Thousand Currents ", Erythrée)

May Boeve (" 350.org ", USA)

Kathy Jetn̄il-Kijiner (poétesse, Iles Marshall)

Naomi Klein (professeure à l’université de Colombie Britannique, Canada)

Wolfgang Cramer (climatologue, France)

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