Nouvelles frappes d’Israël sur Gaza : Netanyahu est parti, pas le colonialisme

, par  DMigneau , popularité : 0%

Nouvelles frappes d’Israël sur Gaza : Netanyahu est parti, pas le colonialisme

Le nouveau gouvernement israélien montre déjà qu’il s’inscrit sur la même ligne colonialiste que Netanyahu.

Ce mercredi « l’Etat » d’Israël bombardait à nouveau la bande de Gaza. C’est la première attaque israélienne depuis le « cessez le feu » du 21 mai mettant fin à une série de bombardements ayant causé la mort de plus de 260 Palestiniens dont des enfants.

Ces frappes ont visé un site à l’est de Khan Younes, ville du sud de la Bande de gaza.

Cette agression fait suite à des lancers de ballons incendiaires par le " Hamas " vers des champs du sud d’Israël. Cela s’inscrit dans un contexte particulier mêlant un changement de gouvernement côté Israélien, dualité " Hamas-Autorité Palestinienne " et démonstration de forces des colons lors de la " marche des Drapeaux " à Jérusalem-Est.

Une marche " nationaliste " et " colonialiste " à Jérusalem

Ce mardi avait lieu la " marche des drapeaux " à Jérusalem. A peu près 1 000 manifestants « d’extrême droite » nationaliste et sioniste ont déambulé dans les rues de Jérusalem. Avec le drapeau de l’occupant et au son de quelques slogans " mort aux Arabes ", les militants " suprématistes " célèbrent tous les ans l’occupation et l’annexion de Jérusalem de 1967 après la guerre dite " des six jours ".

Cette marche, chez les " colonialistes " n’est pas inédite, elle existe sous une forme peu différente avec les " Marche des Orangistes " en Irlande du Nord.

Cette année, toutefois, les services de sécurité avaient interdit l’accès de la Porte de Damas (porte menant à l’Esplanade des Mosquées) aux sionistes, pour éviter les affrontements. Cette année, la marche a dû suivre un itinéraire alternatif. Cela n’a pas empêché l’armée d’agresser des Palestiniens et d’arrêter des militants.

Le " Hamas " avait promis une réponse sous forme de représailles à cette marche. Elles se sont concrétisées par des lancers de ballons incendiaires.

Un changement de gouvernement qui ne change rien pour les Palestiniens

Tout cela a lieu quelques jours seulement après l’annonce d’un nouveau gouvernement mettant fin à 12 ans de " règne " de Benjamin Netanyahu.

Beaucoup ont eu quelques illusions sur ce " tournant " dans la politique israélienne. Cependant, ces nouveaux bombardements israéliens sur Gaza révèlent que le problème est structurel et ne dépend pas de tel ou tel individu ou gouvernement : « l’Etat » d’Israël reste un Etat colonialiste et un Etat « d’apartheid » !

En effet, qui est le nouveau « Premier ministre » qui remplace le raciste et très corrompu Benjamin Netanyahou ?

Naftali Bennet (plusieurs fois ministre de Netanyahou), qui est un sioniste « d’extrême-droite » dirigeant de " Yamina ", parti nationaliste de droite radicale.

C’est lui qui disait en 2010 en réponse à un député palestinien : " vous grimpiez aux arbres quand l’Etat Juif existait déjà " ; ou encore en 2013 : " J’ai tué beaucoup d’Arabes dans ma vie. Et il n’y a aucun problème avec ça ".

En 2018, il réclamait l’annexion de l’ensemble des territoires occupés.

C’est dire qu’il n’y a rien à attendre de ce gouvernement dirigé par ce type de sioniste violent et sanguinaire. Il n’y a pas de réelle différence avec le précédent gouvernement quant à sa politique vis-à-vis des Palestiniens.

Même si elle parait hétéroclite (" centre ", " travailliste ", " extrême droite " et un parti " Arabe "), sa coalition repose sur la même vision de la répression des luttes du peuple Palestinien et de la colonisation.

Clairement, les exactions que subissent depuis des décennies le peuple Palestinien perdureront (arrestations arbitraires, détentions sans procès, tortures, enfermement d’enfants, etc.), la colonisation poursuivra son cours comme l’expulsion des palestiniens de Jérusalem-Est, « l’Apartheid » sera évidemment maintenu.

Ni " Hamas " ni " Fatah "

Il n’y a rien à attendre des islamistes du " Hamas " ou même des " laïcs " du " Fatah ". Ces deux organisations se disputent les votes des Palestiniens, sont en désaccord sur la stratégie mais ont en commun l’objectif d’essayer d’empêcher les travailleurs palestiniens d’utiliser les armes du mouvement ouvrier (grèves, auto-organisation…).

Le " Hamas " utilise l’obscurantisme religieux au travers d’une réponse " militaro-terroriste " face à la colonisation et le " Fatah " recours à la recherche de soutien du camp « impérialiste » et des Etats Arabes et la petite bourgeoisie locale.

Pour le moment les Palestiniens ont tendance, d’après les derniers sondages, à suivre le " Hamas ". La stratégie du " Hamas " fait écho à l’atonie et le silence coupable du " Fatah ". Il est logique que la jeunesse des territoires occupés place plus d’espoir dans ceux qui obtiennent des " victoires " (très limitées) qu’en ceux qui se taisent !

La Lutte pour et par le peuple Palestinien

Pourtant, il n’y aura pas de libération nationale des palestiniens, pas de fin à l’occupation tant que le peuple Palestiniens et, en particulier les travailleurs ne retrouveront le chemin de la lutte des classes et de la lutte contre l’obscurantisme.

Pour cela, il faut l’unité du Peuple palestinien et son auto-organisation où qu’il vive : Israël, territoires occupés, Liban, Jordanie. Rien ne fait plus peur aux sionistes que cette unité surtout si elle trouve sur son chemin la solidarité des travailleurs d’Israël, « Juifs » et « Arabes ».

De notre côté de la Méditerranée, nous devons organiser la solidarité internationale au travers les campagnes de Boycott et la dénonciation de l’Etat colonial, raciste et militariste d’Israël.

Yann TOCABEN

Revolutionpermanente.fr