Martine Wonner devant « l’Ordre des médecins » : l’ex-députée " LREM " devenue star des " antivax "

, par  DMigneau , popularité : 0%

Martine Wonner devant « l’Ordre des médecins » : l’ex-députée " LREM " devenue star des " anti-vax "

Martine Wonner, députée " LREM " de 2017 à 2022, s’est opposée à de nombreuses reprises au gouvernement… jusqu’à tomber dans " le complotisme " durant la crise sanitaire. AFP

L’ancienne députée " En marche ", psychologue de formation, devra répondre ce vendredi 4 novembre des propos " conspirationnistes " qu’elle a tenus dans le documentaire " Hold-Up ", diffusé en mai 2021.

Les dommages collatéraux du " Covid-19 " sont loin de se cantonner au stade de " la santé ". L’ancienne députée du Bas-Rhin, Martine Wonner, peut en témoigner. Cette psychiatre de formation, élue en 2017 sous l’étiquette " République en marche ", devenue figure des " covido-sceptiques " durant la pandémie, est convoquée le 4 novembre devant la « Chambre disciplinaire » du conseil régional de « l’Ordre des médecins » à Nancy.

La convocation de la quinquagénaire devant la « Chambre disciplinaire » de première instance fait suite à " deux plaintes, l’une déposée par un collectif de médecins, et l’autre par le Conseil national de " l’Ordre des médecins " (Cnom). "

À " l’Agence France-Pressse ", le Cnom a indiqué avoir porté plainte contre Martine Wonner après les propos qu’elle avait tenus dans le documentaire complotiste " Hold-Up ", diffusé en mai 2021.

Star des " anti-vax "

L’ex-élue y donnait foi – entre autres interventions " conspirationnistes " – à la théorie selon laquelle le premier confinement avait été prévu dès la fin de l’année 2019 : " Le 5 décembre, il y a une loi qui a été présentée pour rendre légal le confinement. C’est étonnant ? "

La parlementaire fait part de ses soupçons : « C’est quasiment passé sous silence. Ce texte, à la " commission des affaires sociales ", nous ne l’avons pas pu passer. »

La deuxième plainte a, elle, été déposée par le collectif " No FakeMed ", une association créée en 2018 par des professionnels de santé pour lutter contre " les pratiques de soins non-scientifiques " et promouvoir la médecine et les soins " fondés sur des preuves scientifiques ".

Or, Wonner s’est, à de multiples reprises, élevée contre le port du masque, s’évertuant à porter une demi-visière dans l’hémicycle, quand les études prouvaient leur inefficacité, ou contre les vaccins à " ARN messager ".

Les sanctions encourues par l’ancienne députée vont de " l’avertissement " à la radiation, toujours selon « l’Ordre » à « l’Agence France-Presse ».

Les soutiens de l’ex-députée ont - quant à eux - appelé à un rassemblement le 4 novembre à 9 h 30 devant les locaux des Conseils régionaux de « l’Ordre », y compris ceux de Nancy, dans un communiqué diffusé sur " Facebook " et " Twitter ".

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et

https://twitter.com/MartineWonner/status/1585240243481243648?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1585240243481243648%7Ctwgr%5Ed8ad393a57645dc559aec0d3b35a224ece042657%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.marianne.net%2Fpolitique%2Flrem%2Fmartine-wonner-devant-lordre-des-medecins-lex-deputee-lrem-devenue-star-des-antivax

Pour comprendre l’engouement autour de Martine Wonner – ou la méfiance qu’elle suscite –, il faut revenir aux prémices de la crise sanitaire.

Dès le 9 avril 2020, alors que la France découvre les usages et restrictions du premier confinement, la députée est interrogée dans " Le Parisien ", où elle y plaide avec force l’usage de " l’l’hydroxychloroquine " ; elle a d’ailleurs co-fondé en mars 2020 " Laissons-les prescrire ", un collectif de médecins favorable à son utilisation.

Électron libre " macroniste "

" Pendant qu’on tergiverse, les gens meurent ", y lançait-elle, suscitant l’incompréhension de ses collègues de la majorité : « Son soutien à la chloroquine, en tant que médecin, est invraisemblable. Ce n’est fondé sur aucun élément rationnel  », estimait dans " Le Monde " Thomas Mesnier, élu " LREM " de Charente et médecin " urgentiste ".

Pas une surprise non plus puisque les critiques de Martine Wonner vis-à-vis du gouvernement ont été constantes depuis son entrée dans l’hémicycle en 2017.

Co-fondatrice du " Collectif social-démocrate ", groupe d’une vingtaine de députés au sein de " LREM ", celle qui fut responsable du « Samu social » de Paris s’est notamment opposée à la prorogation du glyphosate en mai 2018 et s’est abstenue la même année sur la loi " asile et immigration ".

Elle a également voté contre la ratification du CETA en juillet 2019.

«  Martine Wonner fait partie d’un petit noyau dur, très minoritaire, qui a tendance à s’opposer par principe à tout ce que fait l’exécutif », tançait un responsable " macroniste ", toujours au " Monde ".

Son vote contre le plan de " dé-confinement ", en mai 2020, fut " la goutte d’eau " pour la majorité, qui décide d’exclure du groupe la députée.

Dérapages en série

Les " dérapages " s’enchaînent ensuite.

La députée diffuse sans relâche des " infox " sur le masque, affirmant qu’il " ne sert strictement à rien ", ou sur les vaccins, imputant à ces derniers des " conséquences délétères " sur la santé : " fausses couches ", " cancers multiples ", " maladie de Creutzfeld Jacob " ou " sida ", en écho aux allégations de la sphère des " anti-vaccins ".​​​​​​

En juillet 2021, après avoir appelé les manifestants " anti-passe sanitaire " à " faire le siège des parlementaires " voire à " envahir leurs permanences ", elle était exclue de son nouveau groupe, " Libertés et Territoires " (rassemblant des députés de " centre gauche " et de " centre droit ").

La psychologue lançait alors sa propre formation, en septembre 2021, " Ensemble pour les libertés ", avant d’essuyer un échec cuisant aux législatives de juin 2022, remportant à peine plus de 5 % des suffrages au premier tour.

Depuis, la candidate malheureuse continue d’évoluer dans la sphère " conspirationniste ". Récemment, elle partageait à ses quelque 157 000 abonnés sur " Twitter " l’ouvrage " Ne leur pardonnez pas ! Ils savent très bien ce qu’ils font ", préfacé par ses soins et signé Jean-Michel Jacquemin-Raffestin, journaliste présenté comme " un des plus grands spécialistes de Tchernobyl en France " sur " Babelio ".

https://www.babelio.com/auteur/Jean-Michel-Jacquemin/234630#:~:text=Jean%2DMichel%20Jacquemin%2DRaffestin%20est,paru%20chez%20le%20m%C3%AAme%20%C3%A9diteur.

Un spécialiste si incontesté que le site " France info " a cru bon de remanier un entretien de mars 2021 au sujet de Fukushima : « Cet article a été mis à jour.

https://www.francetvinfo.fr/monde/japon/fukushima/fukushima-10-apres-il-y-a-une-contamination-chronique-perenne-tres-grave-pour-la-planete-affirme-un-journaliste_4329215.html

Dans une première version publiée jeudi 11 mars, l’interview de cet interlocuteur était retranscrite dans son intégralité. Ses propos, pas suffisamment étayés, ne peuvent être publiés sans contrepoint. Nous les avons dépubliés  », est-il ainsi inscrit en en-tête.

Pas l’avis de Martine Wonner qui " twitte ", toujours au sujet de l’ouvrage : " L’auteur est un VRAI journaliste ! "

Lou FRITEL

Marianne.fr