Marion Maréchal avec Éric Zemmour : à Toulon, un ralliement et des doutes

, par  DMigneau , popularité : 0%

Marion Maréchal avec Éric Zemmour : à Toulon, un ralliement et des doutes

Marion Maréchal a apporté son soutien à Eric Zemmour le 6 mars à Toulon. CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

La nièce de Marine Le Pen a officialisé ce dimanche son soutien à Éric Zemmour en participant à un meeting dans le Var. Un retour sur la scène politique à contretemps, jugent certains de ses amis.

" Tous les blancs de Toulon sont là ! ", glousse un sympathisant d’Éric Zemmour en arrivant devant la foule qui se presse devant le Zénith, ce dimanche 6 mars. C’est dans cette ville du Sud, dont les électeurs ont placé Marine Le Pen en tête à la présidentielle de 2017, que Marion Maréchal a officialisé son ralliement au candidat.

« Donner enfin une maison commune à la droite dite " hors les murs ", j’en ai rêvé et vous l’avez fait  », a lancé la trentenaire qui avait échoué, lorsqu’elle était députée, à bâtir " des ponts " entre la droite et ce qui s’appelait encore le " Front national ".

À son discours à teneur assez " intello " – " métapolitique ", aurait-elle dit – a succédé l’image que la foule attendait, saluée par une longue clameur : Éric Zemmour enlaçant Marion Maréchal sur scène.

Quasiment au même moment, " Valeurs actuelles " – dont le directeur de la rédaction, Geoffroy Lejeune, est un ami de Marion Maréchal – publiait un entretien dans lequel l’ex-députée s’explique sur son ralliement et règle quelques comptes avec sa tante : " Finalement, j’ai suivi une grande partie des électeurs RN qui, eux aussi, ont quitté le parti depuis 2017. "

" AUCUN IMPACT " POUR LE RN

Côté " RN ", on s’emploie à minimiser ce fait politique.

« La pauvre Marion est transformée en sorte de " bouée de sauvetage " d’une campagne qui est en train de s’effondrer sur elle-même », a fait mine de s’apitoyer Marine Le Pen samedi, en marge d’un déplacement dans le Gard.

" Ça ne change rien ", déminait par avance, en fin de semaine, un proche collaborateur de la candidate " RN ", persuadé que les sympathisants " marionistes " sont de toute façon déjà chez Zemmour.

" Ça la fait passer pour une suiveuse. Et ça remet en cause sa parole, puisqu’elle avait dit qu’elle soutiendrait le mieux placé et aujourd’hui, dans tous les sondages, c’est Marine. "

En sourdine, d’autres critiques viennent… des proches de Marion Maréchal elle-même. Plusieurs de ses amis ne cachent pas leur étonnement, voire leur colère, sur le calendrier choisi.

" À quoi ça sert de le faire maintenant , s’interroge l’un d’eux. Je comprends l’intérêt pour l’équipe Zemmour, qui cherche à se relancer, mais pour elle, c’est du gâchis. "

Parce qu’il reste plus de quatre semaines avant le premier tour et que la campagne semble quasiment paralysée par la guerre en Ukraine, qui absorbe l’attention.

" Le timing me consterne, abonde un autre. Je plaidais pour gagner encore du temps. Là, ça n’aura aucun impact ".

Pour ne rien arranger, les chaînes d’information n’ont pas diffusé le meeting de Toulon : elles avaient épuisé le temps de parole d’Éric Zemmour, scrupuleusement comptabilisé par l’Arcom (ex-CSA).

Louis HAUSALTER

Marianne.fr