Manifs de " Gilets jaunes " à Paris : les méthodes de l’ex-préfet Lallement examinées par un juge

, par  DMigneau , popularité : 0%

Manifs de " Gilets jaunes " à Paris : les méthodes de l’ex-préfet Lallement examinées par un juge

Didier Lallement, ex-préfet de police de Paris, le 23 mars 2019 dans les rue de Paris avant une manifestation de " gilets jaunes ". PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPP

Un juge d’instruction va enquêter sur les pratiques de " maintien de l’ordre " de l’ex-préfet de police de Paris Didier Lallement, accusé par deux figures des " Gilets jaunes " de les avoir mis en danger en les empêchant de manifester à Paris fin 2019.

Les mobilisations de " Gilets jaunes " continuent de faire parler d’elles. Un juge d’instruction va enquêter sur les pratiques de " maintien de l’ordre " de l’ex-préfet de police de Paris Didier Lallement accusé par deux " figures " du mouvement de les avoir mis en danger en les empêchant de manifester à Paris fin 2019.

Fait rarissime, ce magistrat va se pencher sur la légalité au regard du droit pénal de la gestion globale de cette manifestation, alors que la justice ne s’intéresse habituellement qu’à des pratiques individuelles comme des tirs litigieux de " Lanceur de balles de défense " (LBD).

Deux coorganisateurs de la manifestation anniversaire des " Gilets jaunes " le 16 novembre 2019 à Paris, Priscillia Ludosky et Faouzi Lellouche, ont déposé plainte en juin 2020 contre Didier Lallement et " plainte contre X " pour " atteinte arbitraire à la liberté individuelle ", " entrave à la liberté de manifestation " ou " mise en danger d’autrui ".

Ils disaient avoir été " enfermés " lors de cette manifestation pendant trois heures dans une " nasse ", une " technique policière " qui consiste à encercler les manifestants et les retenir dans un périmètre donné.

Le " Défenseur des Droits " comme le « Conseil d’État » ont dénoncé l’absence de réglementation de cette pratique ces dernières années.

" EXCELLENTE NOUVELLE "

Après un classement " sans suite " du « Parquet » de Paris, une nouvelle plainte avec " constitution de partie civile ", un juge d’instruction parisien a décidé le 31 août de lancer tout de même des investigations sur ces faits, qui selon lui " peuvent légalement admettre une qualification pénale ".

La préfecture de police avait demandé in extremis l’annulation de la manifestation du 16 novembre 2019, alors que d’importantes violences avaient eu cours. Un " Gilet jaune ", Manuel Coisne, y avait perdu un œil et une stèle du maréchal Juin avait été dégradée.

Me Guillaume Martine, avocat des deux plaignants, a salué dans la décision de la justice " une excellente nouvelle ".

" Mes clients se félicitent qu’une information judiciaire soit effectivement ouverte et puisse faire la lumière sur ces pratiques, notamment celle de la nasse ", a-t-il dit.

Sollicitée, la préfecture de police de Paris n’avait pas réagi mercredi 7 septembre au soir.

La Rédaction

Marianne.fr