Les médicaments « Canada-dry » : une arnaque à l’image et à l’éthique

, par  DMigneau , popularité : 64%

Les médicaments « Canada-dry » : une arnaque à l’image et à l’éthique

Une nouvelle stratégie commerciale de certains laboratoires est la mise en avant de « dispositifs médicaux » sous marques ombrelles de médicaments à forte notoriété. Elle introduit une confusion dans l’esprit du grand public. Pas sûr que la santé publique y trouve son compte. Aucune étude clinique ne garantit l’intérêt de ces dispositifs : Il ne s’agit que d’allégations pour des médocs « Canada-dry ».

Une nouvelle stratégie commerciale de certains laboratoires est la mise en avant de " dispositifs médicaux " sous marques ombrelles de médicaments à forte notoriété. On peut citer en exemple Vox Lysopaïne (Boehringer Ingelheim), Toplexil Phyto (Sanofi), Fervex maux de gorge (UPSA)…

Les laboratoires qui vendent ces dispositifs médicaux introduisent une confusion dans l’esprit du grand public. C’est désolant alors même que l’on demande aux clients/patients de différencier les médicaments des produits de consommation courante.

C’est également la porte ouverte pour vendre des pseudo-médicaments en GMS qui ont l’aspect du médicament, la couleur du médicament, le gout du médicament, mais qui ne sont que du... Canada dry !!

L’objectif commercial est clair : la publicité est libre et la vente poussée par une bonne vieille " réclame " et non filtrée par des professionnels soucieux de leurs patients devrait permettre à ces labos d’augmenter leur volume.

Pas sûr que la santé publique y trouve son compte, hélas !

Car il va sans dire que n’étant pas des médicaments et ne nécessitant pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) ni de contrôle de la Haute Autorité de Santé (HAS), aucune étude clinique ne garantit l’intérêt de ces dispositifs.

Il ne s’agit que d’allégations supposées plus ou moins sensées imaginées par les services marketing de labos qui prennent leur liberté avec l’éthique...(Encore hélas !!).

Il est vrai que l’époque ou les labos était conduit par des " entrepreneurs-chercheur-fondateurs " médecins, pharmaciens ou biologistes est finie et que des financiers ont souvent pris leur place... (Et une fois de plus, Hélas !)

Pour l’heure, les pharmaciens titulaire d’officine qui ont la volonté de protéger leurs patients-clients de cette arnaque est de rester très vigilants pour ne pas référencer la plupart de ces " canada-dry " et, dans le cas où certains dispositifs présenteraient un intérêt pour le confort et l’hygiène du patient (ce qui peut être le cas ici ou là) de prendre bien soin d’informer ce patient sur la nature réelle et non-médicamenteuse du " produit ".

Pascal THOLLOT

(Pharmacie de la Saulaie)

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