Les autoroutes de l’extrémisme ou le vent divin.

, par  DMigneau , popularité : 66%

Les autoroutes de l’extrémisme ou le vent divin.

Emportés par leur « vent divin », les mouvements extrémistes transcendent les niveaux sociaux, ethniques et cultures. Ils créent une nouvelle fraternité de classe dans laquelle leurs adeptes se retrouvent autour d’une nouvelle alliance forgée dans le sang : le leur et celui des leurs victimes. Une fois ce miracle accompli, les groupuscules deviennent opérationnels et ils accèdent à l’autoroute de l’extrémisme. A sens unique et souvent sans retour.

Sur une parcelle d’autoroute, il est facile de remarquer que les voitures qui vous entourent viennent d’ailleurs et de partout. Et qu’elles arborent les insignes des Pays étrangers ou des des départements lointains. Elles donnent cependant l’impression de vous accompagner dans un élan commun régi par des lois strictes, celles de la route notamment, entres autres.

Une « communauté des voyageurs » en somme qui, notons-le bien, n’a pas le même départ ni la même arrivée. En réalité, cette communauté n’a rien de commun, hormis, évidemment, cette autoroute qui la rassemble temporairement avant que chacun ne prenne sa bifurcation.

En vérité, tous les processus extrémistes suivent exactement une logique analogue. Et qu’ils soient politiques ou religieux, ils regroupent dans une seule voie une foultitude d’individus que l’essence même de l’extrémisme attire. Comme les automobilistes qui, tous, cherchent la rapidité que l’autoroute procure.

Or, seules les idéologies de combat poussées à l’extrême assurent l’hybridation nécessaire à l’élaboration de cette bourrasque ravageuse. Que, désespérément, elles veulent voir tout emporter sur son passage.

Le fameux « vent divin » que bon nombre de révoltés entendent déjà souffler dans leurs tètes. Et en toutes les langues. Bien que, une fois encore, le marqueur religieux y est complètement absent.

C’est ainsi ; du moins pour le kamikaze japonais, le tigre tamoul ou le combattant de l’État islamique qui, à eux trois, représentent pas moins de cinq religions différentes.

Inutile donc de chercher les points de convergence entre les adeptes de cet extrémisme régulier et répétitif en dehors de sa nature propre. Bien évidement, les causes revendiquées lui sont souvent antérieures. Certes, étant légitimes, elles jouent le rôle du déclencheur, raison de voyage pour l’automobiliste. N’empêche que, comme l’autoroute n’est pas obligatoire pour aller d’une ville à une autre, la voie extrémiste aussi ne l’est pas non plus pour défendre une cause.

En fait, les mouvements extrémistes à vocation révolutionnaire transcendent les niveaux sociaux, les ethnies et les cultures. Ils créent une nouvelle fraternité de classe dans laquelle leurs adeptes se retrouvent autour d’une nouvelle alliance forgée de le sang : le leur et celui des leurs victimes. Tant les coups reçus que donnés l’alimentent abondamment. Le groupuscule révolutionnaire « Jeune Serbie », à l’origine de l’assassinant de l’archiduc Ferdinand et donc de la première guerre mondiale, en est une preuve irréfutable.

A côté de l’aristocrate et du haut fonctionnaire, on retrouve en effet l’étudiant et le chômeur, chrétien ou musulman sans distinction. De même que pour Al-Qaida où l’aristocrate déclassé Zawahiri y croise l’ancien pauvre délinquant Zarqaoui, les deux sous le commandement de l’immigré yéménite milliardaire par héritage.

La vérité est que le « vent divin » fait d’abord son effet sur les extrémistes futurs avant leur adversaire. Et pour cause, il déplace toutes les montagnes qui, socio-culturellement, séparent irrémédiablement les membres d’une société donnée. Une fois ce miracle accompli, les groupuscules deviennent opérationnels. Ainsi, ils accèdent à l’autoroute de l’extrémisme. A sens unique et souvent sans retour.

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