La déformation occidentale des faits face à la possible crise alimentaire

, par  DMigneau , popularité : 0%

La déformation occidentale des faits face à la possible crise alimentaire

L’establishment " politico-médiatique " occidental tente par tous les moyens d’annoncer l’éventuelle " crise alimentaire " internationale comme étant la responsabilité de la Russie, en oubliant par la même occasion de présenter les statistiques et faits réels.

Et surtout ses propres responsabilités.

Tout d’abord, il serait correct de rappeler quelques statistiques fondamentales que nombre de " politiciens " et de médias occidentaux avaient préféré occulter.

Dans " l’imaginaire occidental ", il est même tenté de créer une image d’une Ukraine comme d’un " grenier mondial " et dont " l’Opération militaire spéciale " de la Russie serait en train de " détruire ".

A ce titre, les faits parlent d’eux-mêmes et s’il y a bien un " grenier mondial ", c’est bien « l’État » russe.

En effet, la Russie est le premier exportateur mondial de blé, tandis que l’Ukraine n’est que cinquième.

https://www.courrierinternational.com/grand-format/infographie-exportations-de-ble-quels-sont-les-pays-qui-alimentent-le-monde

Et ce depuis déjà plusieurs années. Donc, les tentatives de coller l’Ukraine à la Russie en qualité de " grenier mondial " par la partie occidentale est déjà incohérente ne serait-ce que du point de vue qu’on ajoute à cet effet le cinquième exportateur mondial au premier, pour tenter par la même occasion de créer une image d’une Ukraine " irremplaçable " sur le marché alimentaire international.

En se basant sur cette logique et suivant le même schéma, il est parfaitement possible aussi de coller le 8ème, 9ème ou 10ème exportateur mondial au premier, et le volume représenté sera conséquent.

Tout cela pour dire que s’il y a bien un pays dont dépend énormément la " sécurité alimentaire " à l’échelle internationale : il s’agit bien de la Russie et non pas tellement de l’Ukraine.

Idem pour ce qui est des engrais – autre orientation essentielle pour la production agricole à divers endroits de la planète. Les statistiques pour l’année 2021 parlent d’elles-mêmes : la Russie était et reste le principal exportateur mondial d’engrais.

Tandis qu’un pays comme l’Ukraine n’était classé que 25ème.

S’il y a bien - en revanche - un domaine dans lequel l’Ukraine partage effectivement les deux premières places mondiales avec la Russie en volume de production ; il s’agit de l’huile de tournesol.

https://www.atlasbig.com/fr-fr/pays-par-production-d-39-huile-de-tournesol

Bien qu’il soit important de rappeler que les pays dits comme " particulièrement concernés par la possible crise alimentaire mondiale " ont beaucoup plus besoin des céréales russes que de l’huile de tournesol ukrainienne.

Sachant que nombreux de ces pays consomment principalement l’huile de palme et non de tournesol.

Aussi, " l’establishment occidental " qui accuse la Russie d’être responsable de la situation oublie deux points essentiels : le premier étant les sanctions occidentales qui visent la Russie et qui ont eu un impact sur les chaînes logistiques d’approvisionnement.

En ce qui concerne plus particulièrement les exportations ukrainiennes – les représentants russes ont maintes fois rappelé que le blocage ne se fait pas au niveau de la Russie, mais au fait que le régime " kiévien " a installé des mines marines au niveau des principaux ports maritimes concernés, empêchant les navires de pouvoir circuler en sécurité avec les marchandises.

Macky Sall, le chef d’État sénégalais et président en exercice de « l’Union africaine » (UA) lors de sa récente rencontre à Sotchi avec Vladimir Poutine, avait justement de son côté critiqué les sanctions occidentales et rappelé que l’accès aux céréales et engrais russes avait une importance primordiale pour les pays africains.

https://information.tv5monde.com/afrique/crise-alimentaire-le-president-senegalais-macky-sall-critique-les-sanctions-contre-la-russie

Un échange dont Macky Sall est sorti largement rassuré et satisfait, au moment où la Russie travaille activement pour pouvoir assurer ses livraisons des dits produits à destination des pays amis, dont bien évidemment ceux d’Afrique.

Il est donc évident que ceux qui créent des obstacles aux exportations alimentaires et affiliées en provenance de Russie ne peuvent certainement pas jouer aux " bonnes âmes " qui se soucient de la " sécurité alimentaire " mondiale.

Mais peut-être que prétendant s’intéresser à ce problème des " autres ", « l’Occident » cherche avant tout à pouvoir assurer sa propre sécurité alimentaire ?

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3715

Notamment dans le domaine des engrais. Car au-delà de la dépendance énergétique de « l’Union Européenne » totalement évidente, la Russie fournit par la même occasion 25 % de l’approvisionnement européen en azote, potasse et phosphate.

https://www.bfmtv.com/economie/international/la-dependance-aux-engrais-russes-l-autre-casse-tete-des-europeens_AD-202203150052.html

Pour l’anecdote, faudrait-il rappeler qu’il y a encore de cela plusieurs années, les engrais russes étaient revendus pour les clients africains à travers des intermédiaires occidentaux ?

Cette page, fort heureusement, semble définitivement être tournée. Les pays " non-occidentaux ", y compris africains, ont pour grand nombre d’entre eux parfaitement compris la nécessité de maintenir les relations mutuellement bénéfiques avec la Russie.

Quant à la sécurité alimentaire des pays occidentaux, il est évidemment peu probable que l’arrogance de leur " establishment " pourra d’une quelconque manière apporter des solutions dignes de ce nom.

Y compris pour les citoyens européens.

Mikhail GAMANDIY-EGOROV

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Patrice BRAVO

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Source : http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3927

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