L’Iran soumis à une guerre économique totale

, par  DMigneau , popularité : 0%

L’Iran soumis à une guerre économique totale

La sommation accompagnée de la menace de représailles économiques étasuniennes faite par Donald Trump aux pays s’approvisionnant en pétrole iranien d’avoir à cesser de le faire a été accueillie par les experts comme allant provoquer un emballement irrépressible des marchés pétroliers qui propulserait le prix du baril à des hauteurs qui ne se sont jamais vues.

Ils se sont d’autant convaincus que cela allait advenir que la sommation étasunienne a été faite dans le contexte d’un marché pétrolier déjà perturbé par la menace d’un rétrécissement de l’offre induite par les réductions à l’exportation des pétroles vénézuélien et libyen et par la décision de l’OPEP en accord avec ses partenaires « hors cartel » de ne pas ouvrir grandes les vannes.

Depuis cependant le prix du baril a grimpé jusqu’à frôler les 80 dollars, sans que cela soit annonciateur du grand emballement annoncé.

Il y a en effet que les craintes soulevées dans les milieux pétroliers par la sommation américaine ont été calmées par l’annonce faite par les autorités saoudiennes de la disponibilité de leur pays à augmenter sa production pétrolière pour éponger le déficit de l’offre qu’un tel contexte pourrait entraîner.

Ryad qui ne peut que satisfaire la guerre économique totale déclarée par Donald Trump a positivement répondu à la demande qu’il lui a adressée de faire cette annonce pour rassurer les marchés pétroliers.

Les États-Unis veulent certes imposer une fermeture totale du robinet iranien, mais pas qu’elle s’accompagne d’une flambée des prix sur les marchés. Mission a été donc dévolue à la monarchie pétrolière arabe de faire " cavalier seul " et ne plus s’estimer tenue au respect des décisions de l’OPEP.

Tout en visant à asphyxier la République islamique avec l’intention que cela aura pour conséquence l’effondrement de son régime, Donald Trump est également dans celle d’en finir avec le " cartel pétrolier " qu’il estime poursuivre une politique contraire aux intérêts de l’Amérique en la matière.

L’Arabie Saoudite qui a tout à gagner avec des prix du pétrole approchant la barre des 100 dollars et allant même au-dessus fera néanmoins ce que Donald Trump lui a demandé.

Ryad subordonne en effet tous ses actes et initiatives à l’impératif que les Al Saoud se sont fixé : celui d’abattre le régime iranien et de mettre fin aux prétendues " ingérences iraniennes " dans le monde arabe.

La guerre économique déclarée à l’Iran par les EU en collusion avec la monarchie wahhabite est préparatoire à celle militaire qu’envisage l’axe anti-iranien qu’ont formé Washington, Tel-Aviv et Ryad.

Celle-ci se produira inéluctablement quand apparaîtront en Iran les signes indicateurs que la population iranienne lasse de la situation provoquée par les sanctions économiques en viendrait elle-même à vouloir un changement de régime.

L’agitation contestataire qui a secoué le fameux bazar de Téhéran il y a quelques jours a probablement conforté l’axe en question dans sa résolution d’en finir par tous les moyens avec la République islamique et à accentuer la pression internationalement pour que cet objectif soit accepté comme étant rendu « inévitable et indispensable » pour un retour à une situation moins conflictuellement imprévisible au Moyen-Orient.

Kharroubi HABIB

Le Grand Soir