#JusticeForGeorgeFloyd. À Minneapolis, la justice sous pression de la rue

, par  DMigneau , popularité : 0%

#JusticeForGeorgeFloyd. À Minneapolis, la justice sous pression de la rue

Crédit Photo : KEREM YUCEL / AFP

La ville de Minneapolis, qui a vu naître en 2020 le mouvement " #BlackLivesMatter " contre le racisme et les violences policières suite à la mort de George Floyd, est de nouveau au cœur de l’actualité.

Après trois semaines intenses de procès de Derek Chauvin - le policier accusé de l’avoir assassiné - la justice est prête à rendre son verdict, sous forte pression de la rue qui s’est de nouveau mobilisée ces derniers jours.

Le jury de la ville de Minneapolis doit trancher : Derek Chauvin a-t-il délibérément assassiné George Floyd ?

Les avocats de la famille Floyd et la rue qui gronde sont unanimes quant à la responsabilité du policier, la terrible vidéo ayant fait le tour de la planète ne laissant aucun doute : le décès est dû à un manque d’oxygène causé par la pression exercée par l’agent sur le corps de Floyd.

Mais rien n’est encore joué, puisque l’avocat du policier Eric Nelson affirme que «  George Floyd est mort d’une crise cardiaque due à des problèmes de cœur, aggravés par la consommation de " fentanyl ", un opiacé, et de " méthamphétamine ", un stimulant, et par l’inhalation de gaz d’échappement pendant qu’il était allongé au sol  », selon " Le Monde ".

Alors que les deux thèses s’opposent sur les différentes causes du décès de Floyd, la tension est palpable dans les rues de la ville.

Le procès se déroule sans public, mais les audiences sont retransmises en direct. Minneapolis est " sous pression " et attend avec impatience le verdict.

L’agitation est grandissante, d’autant plus que s’ajoute à l’actualité de ce procès politique un nouveau crime policier raciste à Minneapolis : un jeune " afro-américain " du nom de Daunte Wright est mort dimanche 11 avril, abattu par une policière lors d’un contrôle routier.

Le soir même, plus de 200 manifestants se sont rassemblés pour exiger " Justice pour Daunte Wright " et des révoltes ont éclaté les jours suivants.

Quelques jours plus tard, la policière Kim Potter et son chef ont démissionné pour tenter de calmer la colère.

Rappelons que les condamnations de policiers, aux États-Unis comme ailleurs, sont très rares. La police demeure largement impunie, car la plupart des juges octroient facilement " le bénéfice du doute ".

De plus, les policiers sont fréquemment protégés par des syndicats. Mais cette fois-ci, vu l’ampleur des révoltes qu’ont suscitées la mort de George Floyd, la justice est sous pression de la rue.

Il va sans dire que des révoltes pourraient éclater partout dans le pays si les voix des douze jurés qui se prononcent ne sont pas unanimes ou si Derek Chauvin est acquitté.

Si Derek Chauvin est - au contraire - condamné à l’issue de ce procès hautement politique, cela ne reflétera pas de quelconque " évolution progressiste " de la justice américaine, mais bien la force d’un mouvement de révolte international initié au cœur de la plus grande puissance impérialiste au monde.

Capable d’arracher des victoires partielles dans le cadre étroit de la " justice " bourgeoise, le camp des opprimés devra continuer de s’organiser en toute indépendance de « l’État » et de ses institutions, sans illusion quant à la capacité de ces dernières à reconnaître le caractère structurel du racisme et des violences policières, alors même que la police a tué 1 098 personnes aux États-Unis en 2019.

Mel CANO

Revolutionpermanente.fr