Frais de mandat : après un parcours éclair, la " macroniste " Coralie Dubost quitte la politique

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Frais de mandat : après un parcours éclair, la " macroniste " Coralie Dubost quitte la politique

Coralie Dubost, députée LREM de l’Hérault. Ludovic MARIN / POOL / AFP

La députée de l’Hérault a annoncé ce dimanche 1er mai raccrocher son écharpe tricolore, deux jours après avoir été épinglée par une enquête de " Mediapart ". Cette " marcheuse " de la première heure et issue de la " société civile ", est accusée d’avoir abusivement utilisé ses avances de frais de mandat et d’avoir malmené certains de ses collaborateurs.

Fin de parcours pour l’élue montpelliéraine Coralie Dubost.

La députée " macroniste " a annoncé ce dimanche 1er mai se " mettre en retrait de la vie politique ", deux jours après avoir été " épinglée " par une enquête de " Mediapart " pour sa gestion humaine de certains collaborateurs et l’utilisation dispendieuse de ses avances de frais de mandat, des faits qu’elle conteste.

" Depuis quelques jours, ma personne est visée par des attaques injustes qui desservent mon groupe politique, les échéances électorales et plus globalement la démocratie ", estime l’élue de la troisième circonscription de l’Hérault, qui a indiqué dans un communiqué publié sur son compte " Twitter " qu’elle ne sera pas candidate à sa réélection lors des élections législatives de juin.

https://twitter.com/CoDubost/status/1520786151367393283?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1520786151367393283%7Ctwgr%5E%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.marianne.net%2Fpolitique%2Fmacron%2Ffrais-de-mandat-apres-un-parcours-eclair-la-macroniste-coralie-dubost-quitte-la-politique

Selon un rapport d’un cabinet de " ressources humaines " transmis au printemps 2021 au déontologue de « l’Assemblée nationale », publié vendredi par le média " en ligne ", d’ex-collaborateurs de Coralie Dubost lui reprochent de leur avoir imposé " des tâches relevant de la sphère personnelle ", des propos et comportements " dévalorisants " mais aussi un " conflit de valeurs " ou " éthique " en particulier sur l’utilisation de ses avances de frais de mandat.

Dépenses vestimentaires et frais de restaurant

Il est notamment question de " dépenses vestimentaires mensuelles selon une fourchette allant de 1 500 à 2 000 euros " ou " de frais de restaurants très importants ", expose le rapport.

Sans répondre sur le fond de l’affaire, l’élue héraultaise a dénoncé les attaques dont elle serait " victime " depuis la mise en lumière de ces révélations.

« Je refuse d’être l’instrument d’une cabale anti-parlementaire, de la même façon que je refuse de me prêter à un " ping-pong de justifications " qui confinent à un lynchage fantasmagorique », ajoute la députée, qui indique se retirer de la vie politique et se " consacrer à (sa) famille ".

À " Mediapart ", Coralie Dubost – qui, comme chaque député, dispose d’une avance de frais de mandat de 5 373 euros mensuels s’ajoutant à la rémunération des élus – a indiqué avoir procédé à des remboursements de frais jugés " non-liés à l’exercice du mandat de député ", après un contrôle de la déontologue de « l’Assemblée nationale » pour les années 2018 et 2019.

Agressée en octobre 2021

Âgée de 39 ans, cette " marcheuse " de la première heure ne briguera donc pas de second mandat au sein du Palais Bourbon, en dépit de son " envie de repartir " qu’elle avait confié le 6 avril dernier à nos confrères de " Midi Libre ".

Juriste de profession, Coralie Dubost était jusqu’ici membre de la " commission des lois " et présidente déléguée du groupe " La République en Marche " chargée du travail législatif au sein de « l’Assemblée nationale ».

Étoile montante de la " macronie " et jusqu’alors novice en politique, elle n’en n’était pas pour autant timide dans ses prises de position.

En 2019, elle s’était désolidarisée de sa collègue Aurore Bergé, lorsque celle-ci avait annoncé son intention de voter une proposition de loi des " Républicains " interdisant le port du voile aux accompagnatrices des groupes d’élèves en sortie scolaire.

En 2021, elle avait réitéré sa position en affirmant qu’ « on peut porter le voile et être engagée sur des idées " progressistes " », en réaction à une vive polémique autour d’une affiche de campagne de la majorité présentant une candidate voilée à l’occasion des élections départementales dans l’Hérault.

Ex-compagne du ministre de la Santé Olivier Véran, Coralie Dubost, avait été - par ailleurs - violemment agressée le 19 octobre en soirée, alors qu’elle sortait d’un restaurant avec son compagnon dans le VIIe arrondissement de Paris.

Plusieurs de ses effets personnels lui avaient été dérobés.

Hakim MOKADEM

Marianne.fr