États-Unis : la Cour suprême annule le droit à l’avortement

, par  DMigneau , popularité : 0%

États-Unis : la « Cour suprême » annule le droit à l’avortement

La « Cour suprême » annule la garantie du droit à l’avortement. UPI/ MAXPPP

Ce vendredi 24 juin, la « Cour suprême » des États-Unis a révoqué l’arrêt garantissant le droit à l’avortement. L’acte ne devient pas instantanément illégal : chaque État peut désormais décider s’il l’autorise ou non.

Le couperet est tombé pour les 130 millions d’Américaines.

À partir de ce vendredi 24 juin, la Constitution des États-Unis ne garantit plus le droit à l’avortement. La « Cour suprême » a révoqué l’arrêt " Roe v. Wade ", qui assurait aux femmes ce droit obtenu en 1973.

L’avortement ne devient pas instantanément illégal dans le pays mais chaque État est en mesure de décider s’il l’autorise ou non.

Représentant les " juges suprêmes ", le magistrat Samuel Alito estime que " la Constitution ne fait aucune référence à l’avortement et aucun de ses articles ne protège implicitement ce droit ".

Pour la « Cour », l’arrêt " totalement infondé (…) doit être annulé ".

En réaction à ce " coup de tonnerre ", l’ancien président Barack Obama a accusé la « Cour » d’avoir " attaqué les libertés fondamentales de millions d’Américaines ".

De son côté, Mike Pence, vice-président de l’ex-président " Républicain " Donald Trump, a salué la décision révoquant le droit à l’avortement " jeté aux oubliettes de l’Histoire ".

Il estime même que la « " Cour suprême " a réparé une erreur historique ».

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" Planned Parenthood ", la principale organisation de " planning familial ", a promis de son côté de continuer à " se battre ".

" Vous ressentez sans doute beaucoup d’émotions : de la douleur, de la colère, de la confusion. C’est normal, nous sommes avec vous et nous n’arrêterons pas ", a tweeté l’association.

Les craintes d’une remise à plat du droit à l’avortement remontent au 2 mai dernier. Un projet d’arrêt qui avait " fuité " estimait que le texte " Roe était totalement infondé dès le début " et qu’il était " temps de respecter la Constitution et de rendre le sujet de l’avortement aux élus du peuple ".

Juste après cette " fuite ", une dizaine d’États " conservateurs " avaient adopté des textes qualifiés de " zombies " ou " gâchette ", visant à interdire l’IVG à l’instant où la « Cour suprême » prendrait la décision d’enterrer l’arrêt de 1973.

Droit contrasté

Le droit à l’avortement n’a jamais fait l’objet d’une loi à l’échelon fédéral. De fait, l’arrêt de 1973 était le seul texte permettant aux femmes de mettre fin à une grossesse.

En 1992, la « Cour » a précisé que l’interruption était possible tant que le fœtus n’était pas " viable ", soit environ jusqu’à 22 semaines. Il revenait ensuite aux différents États de légiférer pour protéger la santé des femmes, dans la mesure où ils ne leur infligeaient pas " un fardeau injustifié ".

En Virginie-occidentale ou dans le Mississippi, il n’existe qu’un seul centre pratiquant des avortements, contre plus de 150 en Californie.

Un moyen de limiter l’accès à l’IVG aux femmes de ces États.

D’autres imposent des contraintes aux patientes comme une obligation d’avoir une " autorisation parentale " pour les mineures, ou proscrivent l’interruption dès lors que les battements de cœur de l’embryon sont perceptibles.

Une dizaine d’États interdisent aussi aux assurances médicales privées de rembourser les avortements, faisant peser une lourde contrainte financière sur les femmes ayant une grossesse non désirée.

La Rédaction

Marianne.fr