En Martinique, une première journée de grève générale contre le pass sanitaire et la vie chère

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En Martinique, une première journée de grève générale contre le pass sanitaire et la vie chère

LIONEL CHAMOISEAU / AFP

Ce lundi a débuté une grève générale reconductible en Martinique. Les blocages se sont multipliés dès le matin avant une manifestation dans le centre ville de Fort de France. Une colère qui fait écho à la mobilisation contre le " pass sanitaire " et la précarité en Guadeloupe qui dure depuis plus d’une semaine.

Lundi dès 5h30 du matin, les premiers blocages ont commencé en Martinique suite à l’appel à la grève générale par 20 organisations syndicales de nombreux secteurs (transporteurs, marins-pêcheurs, éducation, arts...).

Le préavis de grève incluait plusieurs revendications comme la fin de " l’obligation vaccinale " et de la suspension des salaires, accompagné de demande contre " la vie chère " avec l’augmentation des salaires et minima sociaux face à la hausse des prix des carburants et du gaz.

A cela s’ajoute l’urgence de la prise en charge totale des tests des infections au « chlordécone », pesticide qui a empoisonné les terres et les eaux et qui est responsable de plusieurs maladies.

Malgré la décision gouvernementale du 14 novembre de reporter " l’obligation vaccinale " des « soignants » au 31 décembre, la colère contre la gestion répressive de la crise sanitaire se fait entendre largement en Martinique.

Une colère qui fait écho de celle qui s’exprime depuis plus d’une semaine en Guadeloupe faisant face à la répression de « l’Etat colonial » français.

La mobilisation a démarré de façon radicale, avec le blocage des zones d’activités de Fort-de-France et du Lamentin, tout comme le port et la Sara (Raffinerie).

Ce début de grève générale " reconductible " a touché fortement le secteur de « la Santé », de « l’Education » avec des perturbations dans les crèches, les écoles, la garderie et la restauration scolaire, mais aussi les transports en communs ou encore les taxis.

Si ces mouvements expriment un fort rejet du " vaccin ", qui est décrit par certains manifestants comme un " poison ", celui-ci est indissociable d’une énorme défiance vis-à-vis de « l’Etat » français, qui explique que seulement 42,1 % de la population est complétement vaccinée.

Une défiance qui prend racine dans ses nombreux mensonges, notamment celui du « Chlordecone », mais plus largement du rapport à un « Etat Francais » qui impose de manière autoritaire ses directives sanitaires avec une gestion clairement coloniale du territoire.

Toute notre solidarité avec les martiniquais en lutte !

Les racines profondes de ce mouvement dont les revendications vont au-delà du " pass sanitaire " en montre le potentiel explosif.

Bien que pour l’instant, l’appel à la grève concentre des secteurs du mouvement ouvrier de l’île, la jeunesse martiniquaise touchée par la crise et le chômage pourrait rejoindre le mouvement à l’image de la jeunesse guadeloupéenne qui lutte en ce moment même.

La dynamique conjointe d’un mouvement sur les deux îles pourrait jouer un rôle important d’entraînement en ce sens.

Nous apportons toute notre solidarité aux peuples martiniquais et guadeloupéens en lutte.

Contre la gestion autoritaire de la crise sanitaire et la forte précarité, nous revendiquons le retrait des mesures autoritaires ainsi que des moyens massifs pour la construction d’hôpitaux, l’ouverture de lits et l’embauche de « soignants ».

Le tout accompagné d’une campagne massive de sensibilisation à la vaccination menée au plus près des réalités locales par le mouvement ouvrier - et notamment les « soignants » - et les scientifiques, conscients de l’importance de celle-ci pour aller vers la fin de l’épidémie.

Face à la répression de « l’Etat Français » et le maintien de l’ordre colonial, nous appuyons les revendications du droit à l’auto-détermination de l’ensemble peuples des colonies françaises.

Rafael CHERFY,

responsable section CGT " Chronodrive "

Revolutionpermanente.fr