Destitution de Donald Trump : un procès pour rien ?

, par  DMigneau , popularité : 0%

Destitution de Donald Trump : un procès pour rien ?

AFP

Le second procès en destitution de Donald Trump a commencé ce 9 février. Même si l’intéressé - qui ne témoignera pas - est quasi certain d’être acquitté, les " Démocrates " veulent placer le " Parti républicain " face à ses responsabilités concernant l’insurrection contre le Capitole. Au sein du parti de l’ex-président, des divisions entre " pro " et " anti-Trump " sont de plus en plus présentes.

Alors que s’est ouvert ce 9 février le deuxième procès en destitution de Donald Trump, qui est cette fois accusé " d’incitation à l’insurrection ", le président Joe Biden a fait savoir qu’il ne regarderait pas l’audience à la télévision. Ayant promis de réconcilier la nation, il évite de donner son avis sur le sujet.

" C’est au Sénat de décider " a-t-il sobrement résumé.

De son côté, le président sortant, désormais simple résident de Floride, a suivi le premier jour du procès à la télé. Privé de " Twitter ", il n’a pas pu commenter l’audience en direct, mais selon CNN, il était fort mécontent de la plaidoirie de ses avocats, particulièrement des remarques confuses et interminables de Bruce Castor.

Le milliardaire new-yorkais n’a cependant pas grand-chose à craindre de la maladresse de son avocat : comme lors de son premier procès pour destitution, l’ex président est quasi certain d’être acquitté.

Ce mardi, le Sénat a déjà donné la tendance d’un résultat final allant dans ce sens. Ainsi, à la question " Est-il possible de destituer un responsable politique qui n’est déjà plus au pouvoir ? " , seuls six sénateurs " Républicains " ont rejoint leurs collègues " Démocrates " (une majorité a voté en faveur de la poursuite du procès à 56 contre 44). Or, pour que Trump soit condamné - et donc interdit de se représenter à des élections à l’avenir - il faudrait 17 " Républicains " dissidents.

" DÉMOCRATES " ET " CONSERVATEURS " SE RENVOIENT LA BALLE DE LA DIVISION

En attendant l’issue de ce procès, les deux camps en ont déjà profité pour s’envoyer quelques piques.

Du point de vue des " Républicains " et des médias " conservateurs ", les " Démocrates " sont accusés d’être " avides de vengeance " et cherchent à attiser les divisions.

David Schoen, un des avocats de Trump, a même déclaré que ce procès allait " déchirer la nation et ouvrir de nouvelles blessures profondes ". Aux côtés de Bruce Castor, son laborieux collègue, il devrait développer ce genre d’arguments dans les jours à venir au cours d’un procès qui durera probablement environ une semaine.

Un procès que - soit dit en passant - ni " Républicains ", ni " Démocrates " ne souhaitent voir s’éterniser. Les premiers ont hâte de repenser à la reconstruction du parti malgré un climat compliqué, quand les seconds sont pressés que la présidence de Joe Biden commence enfin... sans l’ombre de Trump.

Pour répondre aux accusations proférées par les avocats de l’ex président, les élus " Démocrates " n’ont pas hésité à souligner la complicité du " Parti républicain " face à une tentative de sabotage des institutions démocratiques.

" Sénateurs, ceci ne peut pas être notre futur , a ainsi déclaré le chef des procureurs " Démocrates " Jamie Raskinavant de projeter une vidéo de l’assaut contre le Capitole, qui avait fait cinq morts le 6 janvier. Nous ne pouvons pas avoir des présidents qui incitent et mobilisent des foules violentes contre notre gouvernement et contre nos institutions simplement parce qu’ils refusent d’accepter la volonté du peuple. "

Si les " Démocrates " sont tous d’accord sur la question, ce n’est pas le cas chez les " Républicains ". Ainsi, à la « Chambre des représentants », 10 d’entre eux qui ont voté pour la destitution ont été accusés d’être " des ennemis du peuple " par les " Trumpistes " du « Congrès ».

Liz Cheney (fille de l’ancien vice-président Dick Cheney) fait partie des " parias ". La représentante " Républicaine " du Wyoming a ainsi déclaré que « 
jamais un président des États-Unis n’a
[vait] autant trahi sa fonction et son serment à la Constitution. " Elle figure désormais sur la liste des " Républicains " à abattre.

Matt Gaetz, un élu " pro-Trump " de Floride, s’est déjà déplacé dans le Wyoming pour attiser le ressentiment à son égard, l’accusant d’être une "
bureaucrate de Washington transformée en fausse cowgirl
" qui ne " représente pas la volonté du peuple ".

Dans les jours à venir, les sénateurs " Républicains " qui voteront pour condamner Trump peuvent s’attendre à des attaques du même ordre. Si ce procès n’aboutira probablement pas à la destitution de l’ancien président, il aura au moins permis aux " Démocrates " de semer la zizanie chez leurs adversaires.

C’est toujours ça de pris.

Claire LEVENSON

Marianne