Découragement : Plus d’un quart des infirmiers envisagent de quitter la profession d’ici un an

, par  DMigneau , popularité : 0%

Découragement : Plus d’un quart des infirmiers envisagent de quitter la profession d’ici un an

Des millions de Français n’ont pas de médecin traitant, faute de généralistes disponibles. Hans Lucas via AFP

Alors que des millions de Français vivent sans médecin traitant, un sondage " Opinion Way " pour " l’Ordre National des Infirmiers " montre l’ampleur de leur inquiétude à propos des " déserts médicaux ", quand trouver des rendez-vous devient de plus en plus difficile. 

Autre chiffre marquant : 29 % des infirmiers envisagent de quitter la profession d’ici un an du fait de la dégradation de leurs conditions de travail.

123 000 appels passés, 44 600 praticiens sollicités dans 316 villes.

En septembre, une grande enquête de " Marianne " mettait en lumière un terrible constat : plus d’un tiers de la population française vit dans un " désert médical ", tantôt privé de médecins " généralistes ", tantôt de " spécialistes ", des " dermatos " aux psychiatres ou gynécologues.

https://www.marianne.net/societe/sante/exclusif-22-millions-de-francais-vivent-dans-un-desert-medical

Parfois des deux.

Une situation qui inquiète tout particulièrement les Français : 87 % pensent que les difficultés d’accès aux professionnels de santé peuvent mettre en danger leur santé ou celle de leurs proches.

C’est ce que montre un sondage " Opinion Way " réalisé pour " l’Ordre des Infirmiers " dont " Marianne " publie en exclusivité les résultats.

Outre la préoccupation des patients pour leur santé, le sondage met en évidence la lassitude des infirmiers, qui plaident depuis plusieurs années pour une évolution de leur statut afin d’acquérir davantage de responsabilités dans les " déserts médicaux ".

Patients inquiets et infirmiers découragés

Si les Français sont inquiets, c’est qu’ils ont compris que sur le plan de " l’accès aux soins ", l’avenir n’était pas " au beau fixe ".

Ainsi, 89 % redoutent que " l’offre de soins " se dégrade.

De même, 81 % jugent de plus en plus difficile d’obtenir un rendez-vous avec un " professionnel de santé " en cabinet et en examens.

Même constat pour les " urgences médicales " : 79 % estiment qu’il est de moins en moins facile d’être " pris en charge " rapidement par un service d’urgence en cas de nécessité.

Les infirmiers, également interrogés, dressent le même tableau, estimant à 75 % que l’accès aux services " d’Urgence " pour leurs patients est restreint.

Une inquiétude des patients à laquelle s’ajoute un découragement des infirmiers : 83 % d’entre eux considèrent que leurs conditions de travail se sont dégradées ces derniers mois.

Ainsi, plus d’un quart des infirmiers envisagent de quitter leur métier dans les 12 mois à venir. En cause, la dégradation de leurs conditions de travail, mais aussi probablement une forme de lassitude.

En effet, ces professionnels revendiquent de longue date d’acquérir davantage de responsabilités afin d’améliorer l’accès aux soins dans les " déserts médicaux ".

Vers le partage de compétences ?

La très grande majorité des infirmiers se disent - en effet - prêts à prendre davantage en charge la prévention et " l’éducation thérapeutique ".

Ce partage de compétences entre des " paramédicaux " et des " généralistes ", envisagé par le gouvernement, semble convaincre les patients.

D’après ce sondage, 90 % sont favorables à une " prise en charge " et une orientation par un autre professionnel de santé lorsqu’aucun médecin " traitant " n’est disponible

Parmi les missions qu’ils seraient majoritairement ouverts à ce qu’elles soient déléguées à des infirmiers :

- la prescription " d’anti-douleurs ",

- la réalisation de bilans sanguins, de " certificats d’aptitude à la pratique d’un sport " ou " d’échographies " pour les femmes enceintes, ou encore le renouvellement d’ordonnances pour des affections " longue durée ".

Mais pour l’instant, cette évolution rebute les médecins " généralistes ".

C’est du bricolage ", regrettait auprès de " Marianne " Jérôme Marty en octobre, président du " Syndicat de médecins Union française pour une médecine libre " (UFML).

Margot BRUNET

Marianne.fr