Covid-19 : Bienvenue en Charlatanie

, par  DMigneau , popularité : 0%

Covid-19 : Bienvenue en Charlatanie

La plainte inique déposée par le « Conseil National de l’Ordre des Médecins » (CNOM) contre 6 médecins semble indiquer que le milieu médical pense que la crise sanitaire se réglera dans les prétoires plutôt que dans les laboratoires. Si beaucoup d’observateurs prédisent que les victimes de la " troisième vague " de l’épidémie de " Covid-19 " seront avant tout des victimes économiques, on peut s’attendre également à ce qu’ils soient vite rejoints par de nombreuses victimes judiciaires.

Quels sont les faits reprochés ?

C’est sur la base de l’article R4127-39 (1) du « code de santé publique » que le « Conseil National de l’Ordre des Médecins » (CNOM) a décidé de porter plainte contre les professeurs Didier Raoult et Christian Perronne ainsi que les docteurs Nicole Delépine, Henri Joyeux, Nicolas Zeller et Hélène Rezeau-Frantz.

Cet article définissant le charlatanisme précise que " Les médecins ne peuvent proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé. "

Si ce n’est certainement pas agréable de se voir accuser de " charlatan " alors que l’on ne fait " que son métier " en cherchant à soigner les malades, on comprend vite à la lecture de cet article qu’il sera très simple pour ces praticiens de se défendre contre cette plainte sans aucun fondement scientifique.

La " parabole du cycliste "

Pour comprendre en quoi ces accusations de charlatanisme ne tiennent pas la route, prenons une analogie inspirée des étapes de montagne dans le monde du cyclisme.

Tomber malade du " Covid-19 ", cela revient à devoir grimper à vélo un col de montagne. Pour la plupart des jeunes et des " asymptomatiques ", l’ascension du col est une simple formalité.

Pour d’autres, il est nécessaire d’être " poussé aux fesses " durant l’ascension par des réanimateurs. Certains parviendront " au sommet " avec l’aide des réanimateurs, mais malheureusement certains n’y parviendront pas, principalement parce que les réanimateurs ne sont pas assez nombreux pour pousser tout le monde, ou bien parce que l’état de santé et les " co-morbidités " sont trop importantes.

Dès le début de la crise, certains utopistes du " monde de la santé " se sont mis en tête que le seul moyen de s’en sortir était de construire un " téléphérique " pour prendre tout le monde à la base et les emmener " au sommet ", comme par magie.

On a donc décidé de bloquer tout le monde " en bas du col " à l’aide d’un confinement en attendant la construction du " téléphérique " miraculeux.

Las.

Le premier " téléphérique ", qui a été baptisé " Remdésivir ", s’est décroché dès le franchissement du " premier poteau " et s’est écrasé au sol, avec plusieurs milliers de passagers à bord.

Cet échec cuisant n’a toutefois visiblement pas découragé les défenseurs du " téléphérique " qui maintenant n’ont plus à la bouche que le nouveau " téléphérique " baptisé « Vaccin ».

En parallèle, sont apparus des médecins qui pensaient qu’il était pas nécessaire d’attendre une " solution miraculeuse " et qui ont plutôt cherché à " faciliter l’ascension " pour d’une part amener plus de monde au sommet, et d’autre part soulager les « services de réanimation » qui auraient moins de monde à pousser.

Que ce soit en ajoutant un " système de pédalier " à assistance électrique avec la choloroquine ou l’ivermectine, en ajoutant un " petit plateau " grâce à l’azythromycine, ou en graissant simplement la chaîne avec du zync ou de la " vitamine D ", ces médecins sont les seuls à avoir eu une approche rationnelle en cherchant à aider notre système immunitaire pour nous aider " à grimper ".

Il y a même des médecins qui ont pensé à mettre en place des " points de ravitaillement " en recommandant de boire des jus de fruits et légumes frais.

Alors que cette approche aurait peut-être permis d’éviter un confinement long et difficile, elle n’était pas du goût des promoteurs du " téléphérique " qui ont vite compris que cela aurait pu remettre en cause leur cérémonie d’inauguration et qui ont dénigré ces médecins sur base d’arguments totalement " curieux " d’un point de vue scientifique.

Ils continuent même aujourd’hui à pousser pour un confinement dur, avec le plus total mépris pour tous ceux qui n’ont pas la chance - comme eux - de vivre dans un 100 m2 avenue Foch, mais qui ont une simple chambre d’étudiant de 10m2, avec juste 10 minutes de promenade par jour dans la cour de la prison.

Pour être certains de ne pas avoir à décommander les " petits fours " lors de la cérémonie d’inauguration, ces personnes qui visiblement ne reculent devant rien - même pas le ridicule - ont donc lancé " des études " pour démontrer pour certains que l’HCQ n’était pas un " téléphérique ", et pour d’autres que c’était un " téléphérique " dangereux.

Mais les défenseurs de l’HCQ et de l’Ivermectine n’ont jamais dit que c’était un " téléphérique " car les malades devront toujours effectuer l’ascension à l’aide de leurs propres défenses immunitaires.

La vraie question n’était donc pas : " Est-ce que l’HCQ va vous soigner ? ", mais : " Est-ce que l’HCQ vous aidera à mieux grimper que le paracétamol ? ".

Il était en effet hors de question pour ces médecins soucieux pour leurs malades de rester inactifs et de ne pas tenter quelque chose alors que des gens mourraient. Et le Pr Perronne l’a bien dit en précisant après la première ascension qu’on aurait " peut-être " pu éviter 25 000 morts.

C’est sûr qu’en ne faisant strictement rien d’autre que préparer " la liste des invités " à la cérémonie d’inauguration du " téléphérique ", on ne risquait pas de sauver des vies ni d’aider les réanimateurs submergés par l’afflux de patients.

Des études rigoureuses et solides

Dès le début de la crise, de nombreux médecins dans le monde ont estimé qu’il devait exister des solutions intermédiaires entre le paracétamol et la réanimation, dans l’attente d’un éventuel vaccin, et ont cherché à repositionner des molécules pour essayer de traiter les malades.

Le " repositionnement " consiste à utiliser des molécules connues depuis bien longtemps pour essayer de traiter une nouvelle maladie.

Par exemple, dès le mois de février l’Australie s’était ainsi lancée dans l’évaluation de l’Ivermectine, le Japon et le Canada des « anti-grippaux », et la France de la chloroquine et « l’hydroxy-chloroquine ».

Si pour toute maladie, la validation d’un traitement doit passer par une analyse " bénéfice/risque ", le " repositionnement " est probablement l’approche la plus rationnelle en cas de maladie inconnue car les risques des médicaments sont connus depuis très longtemps et qu’il est possible de ne se concentrer sur les bénéfices, donc de gagner du temps.

Je ne sais pas juger l’étude du Pr Raoult d’un point de vue médical mais d’un point de vue scientifique, elle est parfaitement valable. Ce n’est en effet pas la méthode qui définit la qualité d’une étude scientifique, quel que soit le domaine, mais la définition précise de l’objet de l’étude et des critères de contrôle.

Le « corps médical » dispose de plusieurs méthodes pour leurs études, dont notamment les études " observationnelles ", les études " contre placebo " et les études " randomisées en double aveugle " (RCT).

Ce sont trois outils très utiles, pour autant qu’on en fasse bon usage.

Un marteau et une perceuse sont deux très bons outils mais ce n’est pas pour autant que l’on doit planter des clous avec une perceuse.

A chaque outil, son usage.

En janvier, les chinois avaient produit une étude montrant que la charge virale moyenne était de 20 jours pour les patients atteints du " Covid-19 ". La question que s’est posé l’IHU " Méditerranée " était donc simple : " Est-ce que le cocktail HCQ + AZT permet de réduire la durée de ce portage viral ? ".

En effet, si on porte le virus moins longtemps, on sollicite moins son système immunitaire et on est contagieux moins longtemps.

Pour démontrer cela, une étude RCT ne faisait pas de sens, les risques de ces médicaments étant bien connus.

Une étude " contre placebo " ne faisait pas plus de sens, le critère de contrôle (20 jours) ayant déjà été défini par l’étude chinoise. Sauf à considérer que les chinois sont des menteurs ou des incompétents, l’étude " observationnelle " était donc parfaitement adaptée scientifiquement pour répondre à la question posée.

Et les résultats ont été clairs : pour 75 % des gens traités le portage viral était réduit à 4 jours (2).

Il a donc bien été démontré que « l’hydroxychloroquine » était salutaire, même si avec 25 % de taux d’échec aucun de ces médecins n’a parlé de solution miraculeuse, seuls les médias l’ont fait.

Aucune étude depuis cette date, quelle que soit la méthode employée, n’est d’ailleurs venu remettre en cause ce chiffre de 4 jours. Il ne restait donc plus qu’un seul axe d’attaque envers la chloroquine pour qualifier de " charlatans " les médecins qui en dispensent, à savoir la dangerosité.

Avec maintenance 70 ans de recul, on sait que l’HCQ est sans danger et il est impossible de rencontrer un médecin " généraliste " qui ne l’a pas prescrit au moins une fois dans sa carrière. Pour moi qui suis né en Afrique et avec toute ma famille qui y a vécu, je peux dire que cette affirmation a fait marrer tout le monde.

Sans aller jusqu’à dire comme le Pr Raoult que les comprimés étaient sur la table et qu’on les mangeait " comme des cacahuètes ", avoir de la chloroquine dans son armoire à pharmacie était aussi banal qu’avoir de l’aspirine ou du sirop pour la toux.

Il faut noter que, malgré les tentatives désespérées des médias pour " faire le buzz " et de l’étude " Recovery " qui donnait 12 comprimés aux testés, ils n’ont trouvé en 10 mois que 2 morts à mettre sur le dos de la chloroquine, à savoir un couple d’américains qui a avalé le produit nettoyant de son aquarium qui contenait un peu d’HCQ.

Nul doute que si je m’étais fait écraser en revenant de la pharmacie avec mon sachet de chloroquine, on aurait eu droit à un gros titre " HCQ : encore un mort à déplorer ".

Il est aussi curieux de noter - par ailleurs - que les deux seules études essayant de prouver la nocivité de cette molécule ont été faites, la première aux États-Unis par une strip-teaseuse de La Vegas et la deuxième en France par des jeunes étudiants en médecine qui n’ont visiblement jamais dépassé le périphérique parisien et ne connaîssent l’HCQ que dans les livres.

Aucun médecin avec de l’expérience n’a en effet osé associer son nom à de telles " études ", sachant bien que s’il le faisait son nom serait ridiculisé. Ils ont préféré chercher un " Schpountz " pour porter la responsabilité de ces inepties, n’hésitant pas à envoyer un étudiant au " casse-pipe ".

Je les remercie toutefois parce qu’on a pas eu souvent l’occasion de se marrer cette année, mais je leur recommande la prochaine fois de demander directement à ceux qui en prescrivent et à ceux qui en prennent régulièrement.

C’est plus efficace que les recherches " Google "...

Une dérive inacceptable dans une démocratie

Si on revient à la définition initiale du « charlatanisme », il est clair que les 6 médecins visés par la plainte sont poursuivis de manière abusive et que le harcèlement dont ils font l’objet est très triste dans un monde qui se dit " civilisé ".

Dans le cas d’une nouvelle maladie, il est normal que des médecins, qui ont prêté serment, fassent tout pour soigner les malades.

Sinon, il va aussi falloir poursuivre pour « charlatanisme » les médecins qui ont prescrit du paracétamol (3), alors qu’aucune étude n’a démontré son efficacité contre le " Covid-19 ", mais que des études ont montré que cela pouvait aller jusqu’à provoquer un cancer des reins (4).

La Californie, par exemple, envisage de classer ce médicament dans les produits " cancérigènes ", au même titre que le glyphosate (5).

Faut-il poursuivre également les réanimateurs qui ont utilisé de façon massive l’intubation lors du premier épisode épidémique, procédé médical qui s’est avéré extrêmement « iatrogène » (6), l’état des patients semblant se dégrader rapidement après l’intubation (7).

Doit-on considérer qu’ils ont utilisé un procédé dangereux et " insuffisamment éprouvé " ou bien doit-on considérer qu’ils ont simplement cherché à sauver des vies ?

On a pas encore la réponse du « Conseil de l’Ordre » mais on est tous très impatients.

Et que se passera-t-il si jamais le " vaccin " s’avère présenter des effets indésirables graves, possibilité qu’il ne faut pas exclure car elle est mentionnée dans les contrats ?

Va-t-on poursuivre tous les médecins qui font la promotion d’un " vaccin " et qui vont commencer à l’injecter dès dimanche dans le cadre de la phase 4, alors que selon le site de l’OMS ce " vaccin " n’a même pas terminé les études de phase 3 (8) ?

Le « Conseil National de l’Ordre des Médecins », ainsi que la SPILF, doivent se rappeler que l’article 39 a uniquement pour but d’éviter qu’un médecin ne crée dans son garage " la potion du Père Castor " destinée à soigner tous les maux et ramener " l’être aimé ".

Pas pour régler des comptes personnels ou évacuer une quelconque frustration

MIZARU

AgoraVox

Notes :

(1) Article 39 définissant le charlatanisme

(2) https://www.youtube.com/watch?v=n4J8kydOvbc

(3) Olivier Véran recommande le paracétamol

(4) " Analgesic use and the risk of kidney cancer "

(5) La Californie envisage de classer le paracétamol comme un produit cancérigène

(6) L’intubation des malades fait-elle plus de mal que de bien ?

(7) L’oxygénation pulmonaire au temps du " Covid-19 "

(8) " Landscape of Covid-19 candidate vaccines "