Chronique d’une mort dénoncée

, par  DMigneau , popularité : 0%

Chronique d’une mort dénoncée

Le controversé sujet de " la fin de vie volontaire " - ou pas - est en ce moment examiné à « l’Assemblée Nationale ». Outre la temporalité choisie, qui peut poser question de vouloir porter ce débat sociétal en pleine pandémie, d’autres interrogations méritent d’être soulevées.

La première consistant à définir la :

Différence entre « Euthanasie » & « Suicide Assisté »

. De ce qu’on en sait, la notion d’ " Euthanasie " se prête à des situations où le patient n’est plus en état de conscience lui permettant de décider, laissant au « corps médical », en accord avec la famille, le difficile devoir d’abréger ses souffrances.

A l’opposé, la démarche du « Suicide Assisté », toujours prohibée en France - faut-il le rappeler - ne peut être consentie qu’en pleine possession de ses facultés mentales, par celui ou celle qui en fait la demande.

Or, c’est précisément sur cet aspect de la décision que le législateur entend se prononcer.

Certes, les nuances sont subtiles et particulièrement difficiles à établir pour légiférer en la matière entre :

1 - Une euthanasie clairement exprimée par le patient sous la forme d’un renoncement à " l’acharnement thérapeutique " consenti et écrit.

2 - Une " euthanasie " sur personne privée de son état de conscience et décidée en accord entre " famille " et " médecins ".

Et,

3 - Le vœu de mettre fin volontairement à ses souffrances.

Quand la loi heurte les convictions intimes

Comme avant elle, les " lois Weil " sur l’IVG et " Badinter " abolissant la peine de mort, cette mutation sociétale heurtant les convictions culturelles et cultuelles, divise nos concitoyens.

Pour autant, les deux réformes mises en références ci-dessus, étaient annoncées dans les programmes des candidats Giscard et Mitterrand en campagne, quand je n’ai pas souvenir d’avoir lu dans le programme de notre président une une volonté affirmée de réviser la " loi Léonetti " sur " la fin de vie " pas plus, au demeurant, dans d’autres registres, que l’obligation des 11 vaccins aux nouveaux nés ou la pose forcée du compteur " Linky ".

Sans autre jugement de valeur que celui de la méthode, je rejoins la cohorte de celles et ceux qui pensent que la " loi Léonetti " n’est pas satisfaisante en l’état.

Pour autant, doit-on laisser au seul pouvoir législatif le soin de décider arbitrairement du : " Comment mourir dans notre pays "

Plus que toute autre, cette question mérite une large consultation populaire.

Contrairement à celles de l’IVG et de l’abolition de la peine de mort, notre époque, chantre de la " communication instantanée ", autorise la tenue d’une telle consultation via « Internet », voire - pourquoi pas - sous forme d’un référendum ou plus prosaïquement d’une votation.

Christian

AgoraVox.fr