Ce jour là, 21 janvier 1793

, par  DMigneau , popularité : 0%

Ce jour là, 21 janvier 1793

Ce jour là, sous un ciel gris et dans une atmosphère brumeuse, le peuple de Paris escortait le carrosse de Louis XVI jusqu’à la place de la Révolution (aujourd’hui place de la Concorde) où était dressée la guillotine.

Deux-cent-vingt-neuf ans après, ne serait-il pas salutaire de s’interroger sur la signification fondamentale de cette exécution emblématique ?

Car celui qui était devenu le citoyen Louis Capet avait été jugé par la « Convention », constituée en tribunal pour l’occasion.

Accusé de " haute trahison " pour avoir joué " double jeu " face aux assemblées nées de la « Révolution », il avait tenté de s’enfuir à l’étranger en juin 1791 pour rejoindre " l’armée des émigrés " (fuite à Varennes) ; comme le confirmera sa correspondance secrète avec Mirabeau, il avait comploté avec le duc de Brunswick et les monarques européens...

Le 3 décembre 1792, Robespierre avait réclamé la tête de Louis XVI qu’il avait stigmatisé en le traitant de " criminel envers l’humanité ".

707 députés présents à la « Convention » jugèrent que le roi était coupable de " conspiration contre la sûreté de l’Etat ". Par un vote qui dura 36 heures, les députés se prononceront pour la peine de mort.

A une voix de majorité.

On a beaucoup glosé sur le courage et la dignité de Louis XVI sur l’échafaud, face à la terrifiante " machine à raccourcir ", soit. Mais en dehors de l’horreur légitime qu’inspire l’exécution d’un être humain condamné à avoir la tête tranchée, il faut nécessairement considérer pourquoi les " sans-culottes " se sont laissés convaincre du bien-fondé de cet acte.

Il s’agissait ni plus ni moins de fonder la « République » en interrompant physiquement et symboliquement un système inique qui durait depuis un millénaire et maintenait le peuple en situation d’esclavage ; la monarchie de droit divin.

En plus de cette raison historique incontestable, je crois qu’on peut y ajouter celle du refus d’un pouvoir personnel, de la politique du " bon-vouloir ", induite par l’hostilité des " sans-culottes " au pouvoir régalien. D’ailleurs ce fut le grand mérite de la « Convention » de jeter les bases d’une gouvernance collective horizontale, qui aurait pu féconder la « République » en un régime totalement orienté vers la justice sociale.

Mais cette voie de véritable démocratie fut par deux fois confisquée et accaparée par la dictature napoléonienne.

Aujourd’hui où le " gaullisme " nous a laissé en héritage une " république " monarchique, nous n’avons plus le choix de nous exprimer en face d’un système pseudo démocratique qui privilégie la gouvernance exclusive de " l’homme-lige " des classes dominantes.

Le roi est mort, vive le roi !

Vingtras

Blogs.mediapart.fr