Accusations de viol : Abad quitte le gouvernement mais l’impunité reste la règle

, par  DMigneau , popularité : 0%

Accusations de viol : Abad quitte le gouvernement mais l’impunité reste la règle

Crédit photo : THOMAS COEX / AFP

Après un mois de scandale, la " macronie " a finalement renvoyé à contrecœur Damien Abad. Le ministre des " Solidarités " est visé par une enquête pour " tentative de viols " suite à plusieurs témoignages accablants. Pour sa dernière conférence de presse, il a continué à nier en bloc, crachant au visage des victimes.

Suite à plusieurs témoignages " d’agressions sexuelles " et de " viols " et à l’ouverture d’une enquête préliminaire par le « Parquet » de Paris pour " tentative de viol ", Damien Abad, ministre des " Solidarités ", a finalement quitté le gouvernement ce lundi.

Après un mois de polémique, la " macronie " a fini par lâcher à contre-cœur ce transfuge des " Républicains ", que la première ministre Élisabeth Borne aura tout fait pour tenter de défendre.

Le " remaniement " survient alors qu’un nouveau témoignage était révélé ce lundi concernant le ministre, s’ajoutant à ceux révélés par " Mediapart " de deux femmes et d’une élue " centriste ".

Sur " BFM TV ", une jeune femme appelée Julie, militante des " Jeunes Populaires ", l’organisation de jeunesse de l’UMP, a affirmé avoir été agressée en 2013 par l’élu de l’Ain.

https://www.bfmtv.com/politique/c-est-dans-ce-bar-que-tout-a-bascule-une-nouvelle-femme-temoigne-contre-damien-abad_AN-202207040033.html

Elle raconte avoir " perdu ses moyens " en buvant un verre avec Abad et s’être réveillé le lendemain dans sa chambre d’hôtel " complètement dévêtue ". Elle se souvient de la présence de Abad à ce moment : " j’ai eu des flashs : il était dans la chambre la nuit, il était dans le lit. C’est sûr et certain ".

Un témoignage qui concorde avec ceux déjà révélés, mettant en évidence ce qui ressemble à un " mode opératoire " de Damien Abad, accusé par plusieurs victimes de droguer des femmes pour les violer.

Cette nouvelle révélation n’a cependant pas empêché le ministre de " cracher " au visage des victimes. Dans la conférence de presse où il a annoncé son départ et son remplacement par Jean-Christophe Combe et Geneviève Darrieussecq, Damien Abad a - en effet - à nouveau clamé son innocence et s’en est pris à celles qui osaient parler.

Dans une diatribe de plus d’une minute, il a dénoncé des " calomnies ignobles ", " orchestrées selon un calendrier bien choisi ", dont il serait la cible. Se présentant comme une victime de façon indécente, Abad a conclu en invoquant Montesquieu : " une injustice faite à un seul est une menace faite à tous ".

Si Damien Abad quitte finalement le gouvernement, l’impunité reste cependant la règle. C’est en effet d’abord par volonté " d’éteindre la polémique " que la " macronie " s’est finalement débarassée de sa nouvelle recrue.

Dans le même temps, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, visé par des témoignages pour " viol " et " abus de faiblesse ", voit ses responsabilités élargies, tandis que Chrysoula Zacharopoulou, « secrétaire d’État » chargée de la " francophonie " accusée elle aussi de " viol ", reste au gouvernement.

Malgré tous les " effets d’annonce " sur la lutte contre les violences faites aux femmes, l’impunité reste donc la règle au sommet de l’État. De quoi nourrir le " sentiment de toute-puissance et d’impunité permanentes " décrit par Laëtitia *, l’une des victimes de Damien Abad, auprès de " Mediapart " en juin dernier.

Boris LEFEBVRE

Revolutionpermanente.fr