Violences au Gabon : l’Assemblée incendiée, le QG de Ping attaqué

, par  DMigneau , popularité : 30%

Violences au Gabon : l’Assemblée incendiée, le QG de Ping attaqué

Après l’annonce ce mercredi de la victoire du président sortant Ali Bongo, l’Assemblée nationale a été incendiée, puis son opposant Jean Ping - qui conteste les résultats - a annoncé ce jeudi que son QG était pris d’assaut par les forces de sécurité. Il évoque également un premier bilan de deux morts dans l’attaque.

A Libreville, les partisans de Jean Ping contestent la réélection d’Ali Bongo. - Capture d’écran Youtube/France24

Scénario à l’ivoirienne au Gabon ?

Au soir de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, ce mercredi 31 août, des violences ont éclaté dans la capitale, Libreville. Après l’annonce de la victoire du président sortant Ali Bongo, l’Assemblée nationale a été incendiée, puis son opposant Jean Ping - qui conteste les résultats - a annoncé ce jeudi que son QG était pris d’assaut par les forces de sécurité. " Ils ont attaqué vers 1h. C’est la garde républicaine. Ils ont bombardé par hélicoptères puis ils ont attaqué au sol. Il y a 19 blessés dont certains très graves ", a déclaré Jean Ping, précisant qu’il n’était pas sur les lieux. Il a par la suite évoqué un premier bilan de " deux morts et plusieurs blessés ", dans l’assaut.

Quelques heures plus tôt, la commission électorale avait annoncé la réélection du président sortant pour un deuxième septennat avec 49,80 % des suffrages devant son rival Jean Ping (48,23 %), 73 ans, ex-baron du régime de feu Omar Bongo, le père d’Ali.

Cet écart marginal représente une différence de 5 594 voix, sur un total de 627 805 inscrits, dans ce petit pays pétrolier d’à peine 1,8 million d’habitants. Surtout, Ali Bongo Ondimba, 57 ans, devrait sa réélection à son score écrasant dans son fief familial, le Haut-Ogooué, où il aurait obtenu 95,46 % pour plus de 99 % de participation. Mais l’opposition a réclamé un recomptage des voix dans tous les bureaux de vote et ses partisans sont massivement descendus dans la rue.

La France demande la publication des résultats

Dans l’anticipation de violences, les forces de sécurité s’étaient déployées dans la capitale à partir de mardi, à la veille de la proclamation des résultats du scrutin de samedi. Dès l’annonce de la victoire controversée d’Ali Bongo, des troubles ont éclaté sur les grandes artères entre les forces de l’ordre et des opposants scandant " Ali doit partir ". " On nous a volé les élections ", criaient aussi les manifestants, qui accusent Ali Bongo de poursuivre la dynastie installée par son père, président pendant 41 ans jusqu’à sa mort en 2009, et perpétuée par l’élection de son fils la même année. " Nous déplorons lors de la manifestation de ce jour trois morts et plusieurs blessés ", a accusé sur son compte Twitter Jean Ping.

Le gouvernement a démenti qu’il y ait des victimes.

En dépit des troubles, Ali Bongo s’est félicité d’une élection " exemplaire ", " dans la paix et la transparence ". Ex-puissance coloniale, la France a demandé la publication des résultats de tous les bureaux de vote du Gabon (environ 2 500), relayant une demande de l’Union européenne (UE) - et de l’opposition. " M. Jean Ping réaffirme vigoureusement, en accord avec l’Union européenne et les Etats-Unis, que le recomptage bureau par bureau, devient le seul moyen de garantir désormais la loyauté du scrutin ", ont indiqué son chargé de communication au Gabon, Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, et son avocat à Paris, Me Eric Moutet.

La diplomatie américaine a également réclamé la publication des résultats par bureau de vote.

Magazine Marianne