Vacances à Ibiza : chahuté par l’opposition, Blanquer regrette " la symbolique "

, par  DMigneau , popularité : 0%

Vacances à Ibiza : chahuté par l’opposition, Blanquer regrette " la symbolique "

Jean-Michel Blanquer a adressé un mea culpa teinté d’embarras aux députés. Thomas SAMSON / AFP

Mis en cause pour ses vacances de fin d’année à Ibiza, le ministre de « l’Éducation nationale » s’est présenté penaud à la séance de questions au gouvernement mardi 18 janvier. Un repentir en règle.

" Le lieu est symbolique, j’aurais sans doute dû en choisir un autre. Je la regrette ".

Voici, en peu de mots, le mea culpa formulé par Jean-Michel Blanquer.

Épinglé par " Mediapart " pour son séjour à Ibiza durant les fêtes de fin d’année – au cours duquel il a exposé le 2 janvier au " Parisien " un protocole sanitaire complexe à appliquer dès le lendemain dans les salles de classe –, le ministre de « l’Éducation nationale » s’est excusé de son choix de villégiature… tout en défendant son droit à des congés.

Dès l’ouverture de la séance de " questions au gouvernement ", mardi 18 janvier, Jean-Michel Blanquer a été interpellé par la députée " Les Républicains " de Haute-Savoie, Virginie Duby-Muller, sous les sifflets d’une partie de « l’Assemblée ».

L’élue l’a virulemment attaqué sur les " consignes incompréhensibles " communiquées aux parents et enseignants pour faire face à la pandémie. Avant de viser frontalement : " Votre faute politique n’est pas d’avoir pris des vacances. Votre faute politique est de ne pas avoir fait vos devoirs de vacances, en présentant plus tôt, et de manière concertée, votre protocole ", s’est-elle insurgée.

Négligeant au passage le rendu extrêmement tardif de l’avis du " Haut conseil de la santé publique ", publié le 31 décembre, et préalable à tout affinage dudit " protocole ".

L’air sonné, le ministre a d’abord invoqué le " moment difficile " à traverser en raison du variant " Omicron " qui " nous a posé de nouveaux problèmes ". Avant de se concentrer sur l’attaque ad hominem formulée par son accusatrice : « Est-ce que j’avais le droit prendre quelques jours de congé après cette année ? Y a-t-il des réunions ou des éléments que je devais faire pendant cette période et que je n’ai pas faits à cause de cela ? », a-t-il fait mine de s’interroger.

" Oui ! ", hurlent alors en chœur certains élus. Une jolie " balle dans le pied " pour celui dont la communication est, depuis plusieurs semaines, " vacillante ".

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" Non !, réplique Blanquer, étonnamment surpris par la réponse de l’opposition. Est-ce que mes décisions auraient été différentes si j’avais été ailleurs ? Non plus ".

C’est alors que le " haut fonctionnaire " a reconnu la " symbolique " du lieu, un choix qu’il " regrette ", avant de vanter, à nouveau, la politique d’ouverture des écoles.

Fin des hostilités ? Loin de là.

Alors que l’hémicycle semblait s’être quelque peu détourné du sujet – lui préférant de loin la fin de la gratuité des universités qu’Emmanuel Macron a évoquée à la fin du " Congrès " de la « Conférence des présidents d’université » jeudi 13 décembre en visioconférence –, Alexis Corbière a, lui, demandé la démission pure et simple de Jean-Michel Blanquer.

" OBSESSION DE LA COM’ "

S’adressant au « Premier ministre », le député LFI de Seine-Saint-Denis a d’abord salué « la réussite de la grève du 13 janvier dans " l’Éducation nationale " », avant de cingler les errements du ministre de l’Éducation :

« Ses erreurs répétées, ses provocations, son style autoritaire, sa façon de moquer les grévistes exacerbent la colère légitime du monde enseignant contre votre politique. Mais les révélations hier du site " Mediapart " ajoutent de l’indignation à la colère.

Soyons précis, où est le problème ?

Si nous avons bien compris, dès le vendredi 31 décembre, le ministère de la Santé avait établi un protocole sanitaire. Il était fixé dès le samedi 1er janvier à l’Éducation nationale. Mais [Jean-Michel Blanquer] a préféré s’engager dans une opération de communication, donnant une interview samedi, prenant le temps, acceptant que son interview soit publiée dès le 2 janvier quelques heures avant la rentrée. »

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« Que de temps perdu pour une simple opération de communication qui a mis dans l’embarras toute une profession et les parents, a poursuivi " l’Insoumis ". Mais le pire est que cette interview était accompagnée de photos flatteuses du ministre tout à sa tâche dans son bureau alors qu’il était en réalité au même moment à Ibiza, lieu peu connu, avouons-le, pour le recueillement. Oui, je le dis clairement, devant tant de temps perdu, devant l’obsession de " la com’ ", devant tant d’erreurs de fond comme de forme, il est temps que le ministre démissionne ! »

Un appel à la démission qui pourrait être relayé lors de la nouvelle manifestation des profs, ce jeudi 20 janvier.

Lou FRITEL

Marianne.fr