VIDÉO - Un député communiste crée sa propre société " offshore "au nom de Darmanin pour alerter sur l’évasion fiscale

, par  DMigneau , popularité : 0%

VIDÉO - Un député communiste crée sa propre société " offshore " au nom de Darmanin pour alerter sur l’évasion fiscale

Le député communiste Fabien Roussel a montré qu’on pouvait créer une société offshore en deux minutes chrono. - Capture d’écran - LCP

Fabien Roussel a pris un malin plaisir à troller le gouvernement en montrant à quel point il était facile d’échapper au fisc. A la tribune de l’Assemblée ce mardi 5 décembre, il raconte avoir créé sa propre entreprise offshore à Gibraltar, " en deux minutes ". Une boîte factice qu’il a appelée " Ministère des comptes publics "...

L’évasion fiscale n’est pas exactement le sujet le plus " fun " du monde. Comptes " offshore ", règles fiscales, transactions opaques aux multiples ramifications...

Pour alerter sur ce sujet aride mais fondamental, le député du groupe communiste (" Gauche démocrate et républicaine ") Fabien Roussel a choisi d’amuser un peu l’Assemblée avec un exemple concret, ce mardi 4 décembre : à la tribune, afin d’illustrer l’inanité de la lutte contre l’évasion fiscale, le parlementaire a raconté au ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, comment il avait lui-même créé sa propre société " offshore " !

Une séquence isolée en vidéo par nos confrères du " Lab " d’Europe 1 :

https://www.dailymotion.com/video/x6b3w4s

L’évasion fiscale en deux minutes chrono

Désœuvré ce week-end, Fabien Roussel a tapé " Gibraltar paradis fiscal " sur Google et est tombé sur un site, " SFM-offshore.com ". " Et là, on peut créer, commander une entreprise en deux minutes, c’est écrit, s’étonne le député. Eh bien vous savez quoi, monsieur le ministre ? J’ai créé mon entreprise offshore ce week-end. "

L’expérience lui aurait pris " deux minutes et quelques clics ", après avoir été rassuré par la conservation des informations " de façon strictement confidentielle et la sécurisation de l’opération grâce au cryptage " SSID’abord ", il a été précisé qu’en fonction d’où venaient les profits, le taux d’imposition serait de 10 % ou de 0 %. Ensuite, j’ai eu le choix d’enregistrer ma société dans un des 23 paradis fiscaux que me propose cette entreprise - si l’Europe cherche où sont les paradis fiscaux, il suffit d’aller chercher sur ce site. Au choix, c’est écrit : la Suisse, les Bahamas, Hong Kong, Singapour, Gibraltar, le Delaware, etc. Et après j’ai créé mon entreprise. J’ai choisi Gibraltar. "

Histoire de pousser le vice, Fabien Roussel s’est permis un peu de malice au moment de choisir le nom de sa société fictive, et celui de ses dirigeants. « Il a fallu donner un nom : j’ai créé l’entreprise " ministère des Comptes publics ". Il a fallu trouver un directeur et un actionnaire principal ; et là ils vous offrent deux options : ou ils vous nomment l’actionnaire et le directeur mais ça vous coûte plus cher, ou vous le nommez vous-même. Alors j’ai nommé comme directeur monsieur Gérald Darmanin, comme actionnaire principal madame Amélie de Montchalin [députée LREM spécaliste des finances, ndlr], à 51% de l’entreprise. »

Sur les bancs de l’Assemblée, le ministre des Comptes publics se force à sourire, mais est clairement mal à l’aise et plonge vite son regard dans son portable.

Pour retrouver le site d’évasion fiscale " low cost " dont parle Fabien Roussel ?

Finalement, le député n’a évidemment " pas payé " ni créé l’entreprise " offshore " qui a servi à sa démonstration.

" Voilà la réalité de ce type de scandale fiscal, accessible à tous en un clic sur Internet, pour toute entreprise, pour tout contribuable français, s’indigne le député communiste. Quand est-ce que l’on va s’attaquer véritablement à cette délinquance en col blanc, cette délinquance fiscale qui provoque des trous dans nos comptes publics ? [...] C’est un véritable scandale dans un pays civilisé ", tempête le parlementaire élu dans le Nord.

Cette intervention fait suite au scandale des " Paradise Papers " qui ont révélé l’ampleur de l’évasion fiscale légale et illégale commise par les très riches particuliers et les grandes entreprises.

Par son intervention courte et ludique, Fabien Roussel a cherché à montrer l’insuffisance des moyens engagés par le gouvernement pour lutter contre ce fléau.

Magazine Marianne