VIDEO - Cannes debout avec Ken Loach contre l’austérité et Houda Benyamina pour les femmes

, par  DMigneau , popularité : 52%

VIDEO - Cannes debout avec Ken Loach contre l’austérité et Houda Benyamina pour les femmes

Recevant sur la scène du Palais des festivals à Cannes sa palme d’or 2016, le réalisateur britannique Ken Loach a dénoncé de dimanche 22 mai " un projet d’austérité qui est conduit par des idées que nous appelons néo-libérales, qui risquent de nous amener à la catastrophe ". De son côté, la Franco-Marocaine Houda Benyamina, primée également, a plaidé la cause féministe.

Houda Benyamina et Ken Loach ont délivré des discours engagés. - Captures d’écran Canal +.

Palme d’or politique pour Cannes 2016. La plus prestigieuse distinction du Festival a été décernée ce dimanche 22 mai au réalisateur britannique Ken Loach pour " Moi, Daniel Blake ", son nouveau réquisitoire contre les injustices sociales. Le film suit le parcours kafkaïen d’un chômeur de 59 ans contraint de demander l’aide sociale. A la tribune, le presque octogénaire en a profité pour dénoncer les " idées néo-libérales ".

" Ce monde dans lequel nous vivons se trouve dans une situation dangereuse ", a déclaré Ken Loach en recevant son prix, fustigeant " un projet d’austérité qui est conduit par des idées que nous appelons néo-libérales, qui risquent de nous amener à la catastrophe ". " Ces pratiques néo-libérales ont entraîné dans la misère des millions de personnes ", a-t-il encore accusé, disant " espérer " que se maintienne " un cinéma de protestation ", dont il est l’un des représentants.

Six fois primé à Cannes où il avait reçu la Palme d’or en 2006 pour " Le Vent se lève ", Ken Loach rejoint le club fermé des réalisateurs ayant reçu deux fois cette récompense, aux côtés des frères Dardenne, d’Emir Kusturica ou de Michael Haneke. " Le film était absolument excellent. Les films résonnent dans votre âme, votre cœur, peu importe l’endroit où vous êtes ", a justifié le président du jury, l’Australien George Miller, lors d’une conférence de presse.

" T’as du clito ! "

Récompensée par la Quinzaine des réalisateurs pour " Divines ", la réalisatrice Houda Benyamina a également tenu un discours engagé après avoir reçu son prix sur la scène du palais des Festivals de Cannes. « J’arrête pas de dire " j’en ai rien à foutre de Cannes " à mon producteur (...), je m’en fous de Cannes, je ne fais pas un film pour Cannes et aujourd’hui, je suis contente d’être là parce que c’est aussi notre place à nous ! (…) Et que ce soit une femme qui nous ait remis le prix, c’est juste une tuerie ! »

Et de plaider afin que " les choses changent ", pour que " beaucoup plus de femmes " aient des positions décisionnaires, avant de lancer : " Un grand merci à Edouard Waintrop (qui tient les rênes de la Quinzaine, ndlr), t’as du clito Waintrop ! "

Le palmarès de Cannes 2016

Le Grand Prix a été remis au cinéaste canadien de 27 ans Xavier Dolan, pour " Juste la fin du monde ", huis clos familial survolté avec un casting haut de gamme, de Gaspard Ulliel à Vincent Cassel en passant par Marion Cotillard, Léa Seydoux et Nathalie Baye. " Tout ce qu’on fait dans la vie, on le fait pour être aimé, pour être accepté ", a déclaré en larmes le réalisateur.

Le prix d’interprétation féminine est allé à la Philippine Jaclyn Jose pour " Ma’ Rosa " de son compatriote Brillante Mendoza, cri contre la corruption dans lequel elle incarne une mère de famille modeste aux prises avec des policiers. " Ce film montre la réalité dans mon pays (...) Brillante Mendoza a énormément de courage. Il ose montrer ce qui se passe aux Philippines ", a déclaré l’actrice de 52 ans, star dans son pays.

Le prix d’interprétation masculine a été attribué à l’acteur iranien Shahab Hosseini pour " Le Client " d’Asghar Farhadi, histoire d’un couple qui se retrouve pris dans un engrenage de vengeance. Asghar Farhadi, 44 ans, a quant à lui reçu le prix du scénario pour ce film.

La Britannique Andrea Arnold, 55 ans, a remporté le Prix de Jury pour son premier film tourné aux Etats-Unis, " American Honey ", plongée dans le Midwest profond en compagnie d’une bande de jeunes déclassés.

Le Prix de la mise en scène a été remis, ex-aequo, au Roumain Cristian Mungiu pour " Baccalauréat " et au Français Olivier Assayas pour " Personal Shopper " avec Kristen Stewart. Olivier Assayas est le seul Français récompensé cette année après la Palme d’or à " Dheepan " de Jacques Audiard l’an dernier.

Magazine Marianne