VIDEO - ​Guyane : Taubira demande aux " 500 frères " d’enlever leurs cagoules pour négocier

, par  DMigneau , popularité : 69%

VIDEO - ​Guyane : Taubira demande aux " 500 frères " d’enlever leurs cagoules pour négocier

Sur RTL, l’ancienne Garde des Sceaux demande au collectif des " 500 frères ", figure du mouvement de protestation qui secoue actuellement la Guyane, composé d’une centaine de membres cagoulés mobilisés contre l’insécurité, de négocier à l’avenir " à visage découvert ".

Les " 500 frères ", collectif d’une centaine de membres reconnaissables à leurs T-shirt et leurs cagoules noirs, sont mobilisés en Guyane contre l’insécurité. - Deborah Neusy/AP/SIPA

" Nous ne sommes pas des méchants ". Les " 500 frères ", collectif d’une centaine de membres reconnaissables à leurs T-shirt et leurs cagoules noirs, mobilisés en Guyane contre l’insécurité, suscitent l’intérêt et la crainte.

Après avoir refusé de dialoguer avec la délégation gouvernementale dépêchée sur place par les autorités afin de mettre un terme au mouvement social qui secoue le pays depuis plusieurs jours, ils sont désormais invités à " participer aux discussions (…) à visage découvert " par l’ancienne Garde des Sceaux, longtemps députée de Guyane, Christiane Taubira.

Interrogée ce mardi 28 mars sur RTL, l’ancienne ministre a en effet appelé à ce que les discussions se fassent dans " des conditions démocratiques ". " Il n’est pas concevable qu’ils (les " 500 frères ") ne soient pas à visage découvert (…), c’est une question de fonctionnement de la démocratie, de représentation ", a-t-elle déclaré, ajoutant avoir rencontré l’un des membres du collectif, avant qu’il soit officiellement formé, lorsqu’elle était encore au gouvernement, " pour traiter des questions de violence. "

" Nous en connaissons certains, a de fait expliqué Christiane Taubira. Ce sont des jeunes qui sont identifiés dans la société. Ils sont des interlocuteurs dans la mesure où ils font partie des collectifs ". " Nous ne sommes pas une milice, nous manifestons sans arme, avec comme seul accessoire notre cagoule ", a quant à lui expliqué Zadkiel Saint-Orice, l’un des porte-parole des " 500 frères " au " Monde ".

Parmi leurs revendications, l’éradication des squats, le maintien d’un escadron de gendarmerie affecté en renfort ou encore le renvoi dans leur pays des détenus étrangers qui purgent leur peine en Guyane. Ils représenteraient selon " Le Monde " 50 % de la population carcérale guyanaise.

" Arrêtez la violence ", ont ainsi demandé les " 500 frères " à Ségolène Royal. Le 17 mars dernier, une douzaine d’entre eux sont tombés sur la ministre en faisant irruption dans le bâtiment de la collectivité territoriale de Guyane qui accueillait la 14 ème conférence de la Convention de Carthagène.

Le collectif a été créé il y a quelques semaines après le meurtre, le 11 février, d’un habitant d’un quartier populaire. Ses membres ont expliqué leurs actions " coup de poing " par l’inaction des autorités. " Il y a eu, depuis vingt ans, de nombreuses marches blanches contre la violence, personne n’a été entendu ", ont-ils déclaré, toujours dans " Le Monde ", soulignant que " la cagoule en plein état d’urgence, c’est juste pour attirer l’attention, faire quelque chose de différent ".

L’irruption lors de la 14e conférence de la Convention de Carthagène a toutefois provoqué le départ précipité de Guyane de plusieurs délégations étrangères, dont celle des États-Unis, précise " Le Figaro ". La ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, a - elle aussi - avancé son départ en raison, a-t-elle justifié, " de dossiers urgents à gérer à Paris ".

Plusieurs ministres du gouvernement doivent quant à eux arriver dans les prochaines heures en Guyane dans l’objectif de parvenir à un accord avec les manifestants qui ont voté ce lundi une grève générale illimitée.

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Magazine Marianne