Une pénurie ? Quelle pénurie ? " Nous n’avons jamais été en rupture de masques ", assure Macron

, par  DMigneau , popularité : 0%

Une pénurie ? Quelle pénurie ? " Nous n’avons jamais été en rupture de masques ", assure Macron

" Il y a eu une doctrine restrictive, pour ne jamais être en rupture, que le gouvernement a prise et qui était la bonne ", a expliqué Emmanuel Macron. - Capture d’écran BFMTV

Interrogé par BFMTV ce lundi 18 mai, le président de la République a nié qu’une pénurie de masques ait pu toucher la France.

Les Français auraient été victimes d’une hallucination collective ?

Ce lundi 18 mai, dans l’émission " Au cœur de l’Elysée ", le président de la République était interrogé par " BFMTV " sur d’éventuelles " erreurs de communication autour de la pénurie des masques ". Mais pour Emmanuel Macron, il n’est pas question d’erreur, et ce pour une raison toute simple : selon lui, ” nous n’avons jamais été en rupture ”.

https://twitter.com/BFMTV/status/1262463545133932546

On sent tout de même un léger embarras chez le chef de l’Etat, invité à raconter ” les coulisses de l’Elysée pendant la crise ” sur la chaîne " d’information " en en continu : " Beaucoup de choses ont été dites sur ce sujet… j’y suis revenu, le gouvernement, n’ayons pas… les choses ont été dites, les choses ont été gérées, nous n’avons pas connu la situation… ", bafouille ainsi " Jupiter ".

Mais plutôt que de parler de pénurie, le chef de l’Etat préfère voir " le verre à moitié plein ", mettant en avant les sages décisions de l’exécutif : “ Il y a eu une doctrine restrictive, pour ne jamais être en rupture, que le gouvernement a prise et qui était la bonne ”, explique-t-il enfin.

Il y a eu ensuite un approvisionnement et une production renforcés et nous n’avons jamais été en rupture ”.

" PERSONNE NE PARLAIT DE MASQUES "

A ceux qui n’auraient pas trouvé de masques dans leurs pharmacies, Emmanuel Macron fait tout de même cette concession : “ Ce qui est vrai, c’est qu’il y a eu des manques, qu’il y a eu des tensions, c’est ça qu’il faudra regarder pour le corriger et pour le prévenir. ” Mais le président de la République ne désarme pas pour autant : ” Ayons collectivement l’honnêteté de dire qu’au début du mois de mars, personne ne parlait des masques, parce que nous n’aurions jamais pensé être obligé de restreindre la distribution de ceux-ci, pour les donner aux soignants ”, conclut-il.

Rappelons tout de même que l’agence « Santé publique France » avait alerté sur l’état des stocks dans une note adressée en 2018 au directeur général de la Santé, Jérôme Salomon.

En 2019, un collège d’experts missionné par « Santé publique France » recommandait quant à lui de stocker un milliard de masques en prévision d’une pandémie, au risque d’une… pénurie.

" Les recommandations d’utilisation des masques n’ont pas à être modifiées. En cas de pandémie, le besoin en masques est d’une boîte de 50 masques par foyer, à raison de 20 millions de boîtes en cas d’atteinte de 30 % de la population française. " Soit un stock d’un milliard de masques.

Le stock devrait être renouvelé pour éviter d’atteindre la date de péremption des masques ”, insistaient-ils.

Quant à la pénurie, elle a bien eu lieu, comme " Marianne " l’a relaté. De nombreux soignants ont ainsi dû travailler avec des masques périmés, quand d’autres ont été contraints de réutiliser le même toute une journée, bien au-delà des quatre heures d’efficacité des protections.

Pour pallier les carences de l’Etat, de nombreuses initiatives individuelles et locales sont nées, et c’est bien le " système D " qui a primé, n’en déplaise à Emmanuel Macron.

Magazine " Marianne "