Un " contrôle journalier des chômeurs " : la nouvelle idée du Medef

, par  DMigneau , popularité : 41%

Un " contrôle journalier des chômeurs " : la nouvelle idée du Medef

Face au tollé suscité par son idée de contrôler les chômeurs, peut-être quotidiennement, le patron du publie une tribune. Sans revenir sur son idée pour autant. REUTERS/Gonzalo Fuente

Alors que Matignon entame les discussions sur l’assurance chômage avec les partenaires sociaux, Pierre Gattaz jette un pavé dans la marre. Face au tollé suscité, il s’explique dans une tribune.

La réforme de l’assurance chômage étant sur la table, les élucubrations vont bon train. Le gouvernement a déjà évoqué un contrôle renforcé des chômeurs en contrepartie de droits à la formation, mais sans jamais véritablement définir quelle forme il prendrait.

Le patron du Medef a semble-t-il une petite idée.

" Des gens qui profitent du système "

" L’assurance chômage est un outil indispensable pour sécuriser les salariés en transition mais il faut que le système soit incitatif à la reprise d’emploi et aide réellement à retrouver un emploi, a estimé Pierre Gattaz lors d’une conférence de presse ce mardi 17 octobre. Il ne faut pas qu’il donne un confort fictif qui entraîne encore plus de difficultés quand il prend fin ", a-t-il ajouté.

Soulignant qu’il fallait " aider ceux qui ont vraiment besoin de formation ", le " patron des patrons " a affirmé qu’il y avait aussi " des gens qui profitent du système ", sans pour autant être " hors-la-loi ".

Dans ce contexte, il a jugé qu’il fallait contrôler les demandeurs d’emploi sur leur recherche, " peut-être par un contrôle journalier ", et surveiller qu’ils ne refusent pas à plusieurs reprises des offres " raisonnables ".

Quelques heures plus tard, alors qu’il sortait d’une entrevue à Matignon, il a précisé son propos : " C’est un contrôle qui est important. Journalier, hebdomadaire, ou mensuel c’est un truc qu’il faut débattre. "

Suite à la polémique suscitée par ses propos, le patron du Medef a pris la plume dans une tribune intitulée " Contrôler n’est pas sanctionner ", publiée sur " Linkedin ".

" S’intéresser aux chômeurs pour connaître leur situation ; vérifier qu’ils sont en recherche active ; savoir s’ils sont toujours chômeurs ; s’assurer qu’ils ne se sont pas perdus en route, etc. serait donc scandaleux ? Le contrôle est aussi un moyen d’accompagner ceux qui ont perdu leur emploi, écrit-il. La confiance vient du contrôle, pas du laisser-faire. Je crains que certains confondent le contrôle et la sanction. "

Pas de reculade donc.

Pas touche à l’argent de la formation

Le patron du Medef a, par ailleurs, réitéré ses mises en garde contre l’intégration des démissionnaires et des indépendants dans le régime d’assurance chômage, soulignant que le système actuel était " toujours plombé par une dette énorme " et " toujours déficitaire à ce jour ".

" Le financement de la formation des chômeurs est un sujet ", a-t-il déclaré. " Les entreprises sont prêtes à participer mais il ne saurait être question de ponctionner massivement les fonds de la formation professionnelle de nos salariés à cette fin ", a-t-il toutefois ajouté.

Après l’Élysée la semaine dernière, Matignon a pris le relais mardi en recevant les " partenaires sociaux " jusqu’à jeudi.

Le sujet : les réformes de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’assurance chômage, qui visent « à donner davantage de protection aux salariés », après avoir offert plus de flexibilité à l’entreprise, avec les ordonnances.

lentreprise.lexpress.fr