Tunisie : le parti islamiste " Ennahda " rafle la majorité des mairies

, par  DMigneau , popularité : 0%

Tunisie : le parti islamiste " Ennahda " rafle la majorité des mairies

A Tunis, des partisans d’Ennahda célèbrent l’anniversaire de la " révolution du jasmin ", qui a fait tomber l’ancien président Ben Ali en 2011. - NACER TALEL / ANADOLU AGENCY

Le premier scrutin municipal démocratique de l’histoire tunisienne donne vainqueur le mouvement d’inspiration islamique, devant le parti du président au pouvoir.

Sur les 350 mairies du pays, au moins 130 sont désormais sous la bannière d’ " Ennahda ", a annoncé ce jeudi 19 juillet le ministère tunisien des Affaires locales. " Nidaa Tounès ", le parti de l’actuel président Béji Caïd Essebsi, remporte quant à lui 80 municipalités, derrière les listes indépendantes arrivées en tête dans 114 mairies.

Ces indépendants sont également les vainqueurs du scrutin en termes de sièges, devant " Ennahda " et " Nidaa Tounès ". Mais c’est bien l’abstention qui ressort grande gagnante des élections : seuls 33,7 % des inscrits se sont déplacés dans les bureaux de vote.

Le premier scrutin municipal démocratique de la Tunisie s’est déroulé en deux temps. Le peuple a désigné ses conseillers municipaux le 6 mai, puis délégué à ces derniers l’élection des maires de chaque localité.

A ce jour, 347 maires sur 350 ont été élus. Les deux plus grandes villes du pays, Tunis et Sfax, sont désormais aux mains d’ " Ennahda ".

Les élections de 2019 dans le viseur

Ce scrutin municipal était lourd d’enjeux pour les formations politiques tunisiennes : alors que des élections législatives et présidentielles sont prévues pour 2019, l’ancrage local apparaît plus que jamais comme primordial.

Les élus municipaux sont également très attendus sur la mise en œuvre de la décentralisation. Depuis la " révolution du jasmin " de 2011 ayant chassé Ben Ali du pouvoir, les municipalités étaient gérées par des « délégations spéciales » souvent défaillantes.

La tenue d’élections avait été plusieurs fois reportée en attendant qu’un nouveau code électoral soit adopté. Voté de justesse le 26 avril dernier, le code des collectivités locales devrait permettre de rompre avec la mainmise de l’administration centrale sur les autorités locales.

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