Tunisie : l’État organise la chasse d’entrepreneurs français pour homosexualité

, par  DMigneau , popularité : 66%

Tunisie : l’État organise la chasse d’entrepreneurs français pour homosexualité

Entrepreneurs français d’une activité hôtelière florissante à Carthage depuis 4 ans, deux couples binationaux français ont trouvé refuge récemment en France à La Rochelle, chassés par le gouvernement tunisien en raison tout simplement de leur homosexualité !

« Aujourd’hui la Tunisie se résume à la chasse ouverte aux homosexuels, demain assurément aux juifs, aux chrétiens, aux laïcs, aux démocrates etc. ? » note l’ONG « 
ADHEOS-France » dans son communiqué de presse dénonçant la chasse ouverte menée par le gouvernement tunisien contre les couples d’entrepreneurs français, en raison de leur homosexualité.

Thierry est l’un des copropriétaires de l’entreprise hôtelière en banlieue Nord de Tunis, à la clientèle plutôt " haut de gamme " depuis 4 ans (fréquenté par des chefs d’entreprises, des ambassadeurs de la Lybie, France, des USA…).

Contacté par le service juridique du consulat de France qui avait eu connaissance par les autorités tunisiennes après à priori « 6 mois d’enquête » avec écoutes téléphoniques d’une intervention rapide dans leur établissement pour homosexualité, ils ont été conviés à quitter le pays au plus vite « sans un réel accompagnement pour nos conjoints étrangers et leurs papiers en France, pas même sur un plan psychologique ou bien pour défendre réellement les intérêts financiers et les investissements de ressortissants entrepreneurs français auprès des autorités tunisiennes, ni organiser les meilleurs conditions possibles de notre retour en France ».

Ce fort sentiment d’abandon à leurs sorts est conforté à leur arrivé en France : « Il y aurait pu au minimum y avoir un lien avec la Mairie de La Rochelle et la Préfecture pour un accueil aidant » déplore Thierry dont l’époux est d’origine tunisienne.

Fuite

Dans une précédente interview accordée au magazine " Têtu ", Thierry explique ceci :

« Le but de la police était de nous prendre en flagrant délit dans les chambres, de venir le matin tôt ou le soir tard et de nous embarquer… On a eu très peur. On s’est dit qu’on ne pouvait pas rester avec la peur d’une arrestation au quotidien.

On a organisé un déménagement de fortune dans l’urgence avec des sacs poubelles, que nous transportons chez un couple de confiance pas loin de la villa. Nous passons seulement une heure ou deux par jour à l’hôtel, à des heures où on risquait moins d’être arrêtés, avec un stress horrible à chaque passage.

Nous ne dormons plus à l’hôtel pour éviter une arrestation de nuit. Nous n’utilisons plus nos téléphones pour communiquer avec nos amis et nos familles. Afin de communiquer les événements importants, nous demandons à un ami tunisien de prendre une puce à son nom. Les jours qui précèdent le départ sont invivables : à cause du stress, nous ne dormons plus ».

Le 22 octobre, Thierry et Yoan prennent un bateau pour gagner le port de Gênes, en Italie. Ils entrent « rassurés » sur le sol français le lendemain, et rejoignent Christophe et Medhi qui - eux - n’ont même pas eu le temps ni l’opportunité de dire au revoir à l’hôtel…

Mise en cause des politiques publiques françaises

Pour l’ONG «  ADHEOS-France », « Le désastre économique en cours en Tunisie annonce prochainement un désastre politique. La chasse aux " gays " tunisiens et étrangers n’est qu’un prétexte pour faire oublier la crise profonde et la défiance du peuple vis-à-vis de ce gouvernement despotique, incapable de relever les vrais défis de la Tunisie : assurer tout simplement la moindre sécurité des touristes, des investisseurs et des tunisiens garante de la stabilité économique et politique  ».

L’ambassade de France ayant eu connaissance par le ministère de l’intérieur Tunisien d’une arrestation prochaine pour homosexualité de ses ressortissants les invita à quitter le pays au plus vite en laissant tout (effets personnels, activité commerciale, comptes bancaires, les ami(e)s, et même les animaux domestiques...).

« La politique de la France en Tunisie n’en sort donc pas grandie car incapable de défendre les intérêts de ses propres ressortissants spoliés, tout en soutenant par des millions d’euros un pays ressemblant aujourd’hui à tous les investisseurs étrangers au tonneau des Danaïdes ».

Pour l’association les " gays " tunisiens et étrangers sont comme « les juifs » des années 30 : chassés et spoliés de chez eux par un « gouvernement tunisien nazillon ».

L’attrait économique de la Tunisie au plus bas

Pour l’ONG «  ADHEOS -France » la Tunisie mérite mieux, un changement radical de politique est nécessaire si ce pays veut vraiment attirer à nouveau les touristes, entrepreneurs et capitaux étrangers, notamment français et européens…

« Encore faudrait-il garder les entreprises et entrepreneurs étrangers installés en Tunisie, donnant des emplois et créant de la richesse économique ce que le gouvernement actuel n’est même plus capable de faire ! »

L’appel à la mobilisation de la société civile

Pour Frédéric HAY, Président d’ « ADHEOS », en s’attaquant directement aux ressortissants " gays " étrangers, l’État tunisien déclare « la guerre » non seulement à toutes les associations défendant les droits des homosexuels, mais aussi à l’ensemble des ONG civiles défendant les droits de l’Homme, en France, en Europe et dans le reste du monde.

Face à la gravité de la situation, l’ONG compte saisir les plus hautes autorités politiques françaises et européennes, les représentations économiques notamment touristiques, mais également toutes les ONG des société civiles françaises et européennes, afin que toute aide et développement économique soient réellement conditionnés aux respects des droits de l’Homme en Tunisie.

Fasséry Kamissoko

MediaPart