Tunisie - Crise " coronavirus " : comment éviter l’implosion de notre pays malgré la défaillance de l’Etat ...

, par  DMigneau , popularité : 0%

Tunisie - Crise " coronavirus " : comment éviter l’implosion de notre pays malgré la défaillance de l’État ...

La stratégie mise en place par le gouvernement pour lutter contre cette pandémie ne résout rien ni l’aspect sanitaire et moins l’aspect économique, car le pseudo confinement ne fait que déplacer le problème et faire durer la crise pouvant provoquer une faillite économique, une banqueroute de l’État capable de mettre en péril notre pays.

Jean-Pierre Chevènement, homme politique français fait un diagnostic sur la défaillance des États en matière de visions et de stratégies : « L’État s’est défaussé de sa responsabilité fondamentale. Il a rompu le pacte de base : les citoyens reconnaissent l’autorité de l’État, et en échange de quoi, ce dernier leur assure un certain nombre de services, au premier rang desquels, la garantie de la sécurité. Ne nous y trompons pas : ce qui vaut dans le domaine de la santé vaut aussi dans d’autres secteurs, et il faudra également en tirer les conséquences. ».

Chevènement ne se trompe pas et ce constat est valable pratiquement pour tous pays exceptés les États gérés par des gouvernements socialistes ou similaires comme le Portugal, Cuba, la Chine et à moindre mesure la Russie, etc.

La Tunisie est doublement pénalisée : des choix non cohérents et surtout une minable gouvernance.

Notre pays est confronté, comme le reste de l’humanité, à une crise sanitaire exceptionnelle. La Tunisie se trouve, aujourd’hui, impuissante devant une pandémie de grande ampleur sans aucune préparation, sans moyen matériel ni financier capables de contenir la propagation du virus " codiv-19 ".

Cette crise nous rappelle notre vulnérabilité et notre médiocre gouvernance.

Aussi, cette crise est en train de paralyser nos entreprises, nos commerces et plus de deux millions d’indépendants. Tous les secteurs économiques de notre pays sont lourdement impactés. Cette crise, si elle n’est pas maîtrisée dans 2 ou 3 mois, pourrait faire des dégâts irréparables et exposer plus de quatre millions de Tunisiens et Tunisiennes sans revenu à la malnutrition en consommant exclusivement les denrées subventionnées par l’État comme le pain, les pâtes alimentaires, etc.

Il n’est pas exclut que cette frange de population se rebelle d’une manière imprévisible contre le pouvoir en place mettant en péril l’État, pris en flagrant délit de défaillance systémique.

Nous devons admettre que nous subissons une " guerre biologique " avec comme unique arme un virus appelé CODIV-19.

Les choses peuvent évoluer avec l’introduction d’autres virus plus féroces et plus meurtriers. L’agresseur ou plutôt les agresseurs refusent de se déclarer mais les indices sont là.

C’est une guerre qui va durer longtemps jusqu’à ce que les rapports de forces entre les deux grandes puissances soient établis et acceptés de tous. Le partage de l’Afrique et de la région arabe et l’implosion de « l’Union Européenne » sont à l’ordre du jour.

L’arme de défense n’est autre que la révolution technologique et digitale en particulier. Nous devons investir massivement dans ce domaine dès maintenant, car reporter cet investissement à plus tard, c’est accepter d’être exterminés ou se mettre sous la tutelle de l’un des agresseurs.

Ceci étant, l’ancien ministre " ad-intérim " avait mal géré la crise dans ses débuts, pourtant plusieurs spécialistes confirmés avaient préconisé une stratégie de confinement et surtout l’acquisition de respirateurs artificiels pour faire fasse au pic de la crise.

Son entêtement va coûter cher à la Tunisie.

La seule arme capable de réduire substantiellement le nombre de victimes du " codiv19 " est la disponibilité de respirateurs artificiels en quantité suffisante. Pour la Tunisie, il faut au moins 10 000 unités, alors que nos hôpitaux ne disposent que de 350 unités. Une action urgente pour acquérir au moins 5 000 unités s’impose.

Le confinement total est insuffisant à lui seul pour réduire les décès. L’exemple italien en est la preuve.

Par ailleurs, le Parlement doit désigner rapidement un groupe d’experts pour :

- évaluer l’action du gouvernement dans la gestion de la crise sanitaire et sociale,

- proposer au gouvernement des solutions alternatives pouvant aider « l’exécutif » dans sa lutte contre le " codiv-19 ",

- établir une stratégie multidimensionnelle pour contrer les crises sanitaires à venir.

Nous avons maintenant presque toutes les données pour pendre une décision sage minimisant au maximum les dégâts.

La stratégie mise en place par le gouvernement pour lutter contre cette pandémie ne résout rien ni l’aspect sanitaire et moins l’aspect économique, car le « pseudo confinement » ne fait que déplacer le problème et faire durer la crise pouvant provoquer une faillite économique, une banqueroute de l’État capable de mettre en péril notre pays.

Donc, la solution est ailleurs. Il faut qu’on arrête ce " bricolage " et admettre que nous sommes incapables, pour multiples raisons, d’endiguer cette pandémie mais on pourrait éviter l’effondrement économique avec des conséquences sociales, difficile d’imaginer les conséquences.

Toute prolongation du faux confinement serait un acte irresponsable pouvant précipiter la faillite systémique.

La stratégie alternative, propre à notre pays tenant de sa capacité globale de lutter contre cette crise systémique, consisterait à généraliser les tests, confiner les Infectés par le virus, les " personnes à risque " et laisser les autres personnes de moins de 60 ans retrouver leurs activités normales afin de se faire vacciner " naturellement " en attendant la sortie sur le marché du vaccin contre le " coronavirus ".

Ainsi, « l’économie » retrouverait, dans plusieurs secteurs, sa dynamique habituelle et ainsi éviter le chômage forcé aux personnes qui n’ont pas d’autres revenus que les produits de leurs activités.

Il faut qu’on admette que la Tunisie n’a pas les moyens budgétaires comme la Suisse ou les États-Unis pour prendre en charge 4 à 5 millions de personnes pour plusieurs mois.

Par ailleurs, le confinement actuel de deux semaines coûterait au budget de l’État un manque à gagner d’un milliard de DT.

Comment le gouvernement compte t-il " boucher ce trou ", sachant que le PIB va décroître de plus 10 % ?

Maintenant, " la balle " est dans le camp des trois pouvoirs pour prendre une décision responsable et courageuse capable de nous éviter l’implosion.

Si le gouvernement persiste dans son entêtement et prolonge le confinement, il sera dans l’obligation de prendre en charge 4 millions de citoyens et de citoyennes qui ont cessé toute activité et qui n’ont pas de revenu sinon, il faut s’attendre à une jacquerie certaine pouvant déstabiliser le pouvoir en place voire l’État.

Mustapha STAMBOULI

Source : https://mustapha-stambouli.blogspot.com/2020/03/crise-coronavirus-comm...

Le Grand Soir