Trump soupçonne Israël ne pas vouloir la paix avec les Palestiniens !

, par  DMigneau , popularité : 0%

Trump soupçonne Israël ne pas vouloir la paix avec les Palestiniens !

Le président des États-Unis avait à maintes fois dans le passé dénoncé le « manque de volonté » des Palestiniens à vouloir négocier sans critiquer Israël. Désormais c’est le tour d’Israël d’en prendre pleine la tronche.

Incroyable mais vrai !

Donald Trump que l’on croyait inféodé à Israël surtout qu’il a franchi un pas qu’aucun président américain n’a jamais osé franchir, en reconnaissant le 6 décembre dernier Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu, se révèle soudainement critique de l’allié le plus proche et le plus chéri des États-Unis !

Dans une interview donnée au quotidien israélien « Israël Hayom » (" Israël aujourd’hui "), le président américain a ni plus ni moins dit ses quatre vérités à Israël, en exprimant vivement ses doutes quant à la volonté réelle des Israéliens de faire la paix avec les Palestiniens et ses inquiétudes sur l’expansion des colonies israéliennes.

Rien que ça !

« Pour le moment, je dirais que les Palestiniens ne cherchent pas à faire la paix. Et je ne suis pas complètement sûr non plus qu’Israël cherche à faire la paix », a affirmé Donald Trump, dans cette interview publiée dimanche 11 février dernier par le quotidien israélien gratuit.

Le président des États-Unis avait à maintes fois dans le passé dénoncé le « manque de volonté » des Palestiniens à vouloir négocier sans critiquer Israël. Désormais, c’est le tour d’Israël d’en prendre " plein la tronche ".

Comme s’il voulait tempérer ses propos, le successeur d’Obama à la Maison blanche a précisé que les relations israélo-américaines étaient « très bonnes » mais qu’un accord de paix avec les Palestiniens les rendrait « encore meilleures ».

Mais ce n’est pas tout !

Trump met le doigt là où ça fait le plus mal à Israël, et la brèche par laquelle passe toutes les critiques anti-israéliennes y compris celles exprimées par les Européens : les colonies.

Sur ce point, il a exprimé ses inquiétudes sur l’expansion des colonies israéliennes, bien que son administration soit beaucoup moins critique envers le sujet que celle de son prédécesseur Barack Obama.

« Les colonies compliquent beaucoup la situation et ont toujours rendu difficiles toutes discussions sur la paix donc je pense qu’Israël doit être très prudent avec les colonies », a dit M. Trump sur un ton des plus sceptiques.

Visiblement Trump qui attendait un « renvoi de l’ascenseur » de la part du gouvernement Netanyahu après le lui avoir envoyé le 6 décembre commence à perdre patience. Alors que les élections de mi-mandat du 6 novembre prochain seront - selon les analystes - synonymes d’une débâcle pour " les Républicains ".

« Les sondages nationaux montrent une avance de 10 points pour " les démocrates " quand on demande aux Américains pour quel parti ils voteront en novembre prochain, explique Steven S. Smith, professeur en sciences politiques à la Washington University de Saint-Louis, dans le Missouri. Cette tendance se soldera par une perte d’au moins 30 sièges pour les conservateurs, une défaite suffisamment importante pour que le « Parti républicain » perde sa majorité à la Chambre des représentants. " Les Républicains " ont donc raison d’être très nerveux ces jours-ci ».

RENVOI D’ASCENSEUR

Ainsi passée « l’année de grâce » à la présidence du pays le plus puissant du monde, Trump revient doucement sur terre en se rendant à l’évidence, comme tous ses prédécesseurs.

L’évidence que le " différend " israélo-palestinien est le plus complexe n’ait jamais existé depuis la création de l’ONU. Un problème qui a besoin de sagesse et de prudence pour se faire solutionner et non pas d’effets d’annonce ou de décisions « à l’emporte-pièce ».

Sans perdre de vue que l’on ne peut être contre 98 % du monde en piétinant le droit international et prétendre à le diriger.

Du Trump qui doute et qui n’est plus sûr de lui-même est enfin arrivé. Un peu trop tard mais ça pourrait faire énormément du bien et à l’image d’une Amérique errante et perdue dans ses contradictions et au processus de paix israélo-palestinien, gelé depuis 2010 pour être au point mort le 6 décembre 2017 après que les Palestiniens aient déclaré ne plus vouloir des États-Unis comme médiateur et parrain des négociations avec Israël.

Ne dit-on pas que le doute est le commencement de la sagesse ?

« Je ne sais franchement pas si nous allons même avoir des pourparlers. (...) Je pense qu’il serait très bête pour les Palestiniens comme pour les Israéliens de ne pas parvenir à un accord », a affirmé Donald Trump, ajoutant qu’il s’agit « d’une opportunité unique qui ne se représentera pas ».

Autrement dit un mauvais accord c’est mieux qu’un bon désaccord.

Autrement dit encore : vaut mieux le statu quo qui a régné depuis 20 ans que le « statu KO  » qui a commencé en décembre dernier.

Question de sagesse.

Abdelkarim Chankou

Source : http://chankou.over-blog.com/2018/02/trump-soupconne-israel-ne-pas-vouloir-la-paix-avec-les-palestiniens.html

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