Trump : et si le pape s’appliquait ses propres leçons d’humanisme ?

, par  DMigneau , popularité : 52%

Trump : et si le pape s’appliquait ses propres leçons d’humanisme ?

En reniant implicitement la chrétienté de Donald Trump pour ses positions anti-immigration radicales, le pape François a joué dans son avion de retour du Mexique son rôle de gardien de l’humanisme catholique. Mais sur un autre sujet passé plus inaperçu, le souverain pontife s’est montré plus intransigeant même que l’inquiétant candidat républicain…

C’est dans l’avion au retour de son voyage au Mexique que le pape François a remis en cause la chrétienté de Donald Trump. -Sipa

La visite du chef de l’Eglise catholique au Mexique, cette semaine, était hautement symbolique pour celui qui souhaite manifestement faire de la défense des migrants une " marque " de son pontificat. La frontière nord du Mexique concentre en effet les malaises de l’immigration américaine, mais aussi… les débats de la primaire du parti républicain pour l’élection présidentielle.

C’est d’ailleurs sur ce terrain qu’une des phrases prononcées jeudi dans l’avion pontifical a provoqué un véritable tollé.

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" Une personne qui veut construire des murs et non des ponts n’est pas chrétienne ", a ainsi lancé le pape, faisant référence à la proposition de Donald Trump de construire un " mur " tout le long de la frontière avec le Mexique.

Une saillie que de nombreux médias ont aussitôt mise en scène sur l’air du " François le sage recadre le diabolique Trump ". Mais dans le même avion, le chef du Vatican a fait une autre déclaration, passée plus inaperçue que sa pique au républicain, et qui le rend un peu moins raisonnable et humaniste…

Interrogé sur les moyens de combattre l’épidémie de virus Zika, soupçonné de provoquer de graves malformations congénitales et qui touche aussi le Mexique, François a en effet jugé utile de répéter la position intraitable de l’Eglise sur l’avortement, en ces termes : " L’avortement n’est pas un mal mineur, c’est un crime ". Ne laissant aucune porte de sortie aux femmes enceintes infectées.

L’ONU appréciera, elle qui a demandé début février aux pays touchés par Zika d’autoriser l’accès des femmes à la contraception et à l’avortement. A la limite, a concédé François, passe pour la contraception : " Eviter une grossesse n’est pas un mal absolu ".

Une recommandation parfaitement inutile, a déjà souligné le Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, dans des pays qui interdisent ou limitent strictement l’accès aux méthodes de planning familial.

Tout aussi opposé a priori que le pape à l’IVG (après y avoir été favorable par le passé), même Donald Trump a déjà concédé que le recours à l’avortement pouvait se justifier dans certains cas. Par exemple, pour les grossesses dues à un viol ou un inceste.

Mais qui va décerner ses mauvais points au pape ?

Nicolas Rinaldi

Marianne