Theresa May annonce un Brexit " dur "... mais " par étapes "

, par  DMigneau , popularité : 69%

Theresa May annonce un Brexit " dur "... mais " par étapes "

La Première ministre britannique a annoncé ce mardi que son pays comptait sortir du marché unique et mieux contrôler l’immigration en provenance d’Europe.

La Première ministre britannique Theresa May a prononcé un discours très attendu sur le " Brexit ", ce mardi 17 janvier. - Shutterstock/SIPA

La question restait pendante depuis le référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, auquel les Britanniques ont répondu par l’affirmative le 23 juin 2016.

Le " Brexit " allait-il être " hard " ou " soft " ?

Autrement dit, la Grande-Bretagne coupera-t-elle les ponts avec les autres pays européens ou conservera-t-elle des liens forts avec ses partenaires ?

La Première ministre britannique, Theresa May, a donné la réponse dans un discours très attendu, ce mardi 17 janvier à Londres : le " Brexit " sera « dur ». « Le Royaume-Uni quitte bel et bien l’Union européenne », a assuré celle qui a succédé à David Cameron en juillet dernier.

Le gage le plus notable de cette rupture « claire et nette », comme l’a qualifiée Theresa May, c’est le départ des Britanniques du marché unique, fondement par excellence de l’UE. « Le Royaume-Uni ne peut pas continuer à faire partie du marché unique », a affirmé la locataire du 10, Downing Street, qui compte par conséquent négocier « un accord douanier complètement nouveau ».

Theresa May a aussi prévenu que le " Brexit " allait bel et bien se traduire par de nouvelles restrictions aux frontières britanniques. « Le Royaume-Uni est un pays ouvert et tolérant mais le message du peuple a été très clair : le " Brexit " doit permettre de contrôler le nombre d’Européens qui viennent au Royaume-Uni, et c’est ce que nous allons faire », a-t-elle expliqué.

Au moins deux ans de négociations

Côté calendrier, Theresa May a confirmé qu’elle activerait d’ici à la fin mars l’article 50 du traité de Lisbonne qui prévoit les modalités du départ d’un Etat membre de l’UE.

Des négociations s’engageront alors pour au moins deux ans.

La Première ministre a toutefois plaidé pour « une mise en œuvre par étapes », afin « d’éviter un changement trop déstabilisant ». « Ce n’est dans l’intérêt de personne qu’il y ait une rupture trop brutale pour les entreprises », a-t-elle insisté.

« Nous continuerons d’être des partenaires fiables, des alliés volontaires et des amis proches », a promis Theresa May. Autant de politesses qui ne changent rien au fond : le " Brexit " s’annonce sans concessions.

Les eurosceptiques britanniques ont d’ailleurs salué son discours. Côté UE, on attend encore de voir. Le Français Michel Barnier, négociateur de la Commission européenne pour le " Brexit ", a réagi sur Twitter en estimant qu’« un accord sur un départ ordonné est un pré-requis pour un futur partenariat ».

Autrement dit, il faudra rompre clairement avant de songer à rester amis.

Louis Hausalter

Marianne