Systèmes d’assistance à la conduite - Piège à con-ducteurs ?

, par  DMigneau , popularité : 0%

Systèmes d’assistance à la conduite - Piège à con-ducteurs ?

De nombreuses études scientifiques semblent indiquer que l’être humain est victime de l’inversion de " l’effet Flynn ". C’est-à-dire, en marche vers la " stupidisation ". Or, d’après la " Sécurité Routière ", conduire un véhicule est une activité très complexe, car un conducteur doit prendre une décision toutes les cinq secondes.

Vous avez déjà rencontré un être humain capable de prendre une BONNE décision toutes les cinq secondes ?

Rassurons-nous tout de même, je me souviens que mon moniteur auto-école affirmait qu’il n’était pas nécessaire d’être intelligent pour conduire. J’ai constaté depuis qu’il avait raison. La preuve, nous l’avons tous les jours sur les routes en observant le comportement de l’humain redevenu bête au volant, c’est affolant !

Au point que des questions d’une extrême importance se posent.

Comme par exemple, sommes-nous physiquement et cérébralement aptes à la conduite d’une voiture ?

Et, est-ce bien raisonnable de monter dans une auto, alors qu’on sait que le temps de réaction d’un humain est d’une seconde et que pendant ce laps de temps un véhicule lancé à 90 km/h parcours 27 mètres.

Je vous parle même pas de la " distance de sécurité " mesurée au " pifomètre ", et j’en passe comme on grille un feu rouge.

Bien sûr, chaque automobiliste a reçu une formation à la conduite de plusieurs mois dans une auto-école et souvent après plusieurs essais, obtenu le fameux " carton rose " qui l’autorise à se déplacer sur quatre roues en milieu hostile. Mais nous restons quand mêmes des êtres fragiles incapables de se concentrer très longtemps et bourrés de défauts.

Heureusement, des chercheurs cherchent et trouvent des solutions pour limiter les dégâts sur les routes. Il est maintenant certain que dans l’avenir, la voiture autonome nous pilotera sans aucune intervention humaine. Et c’est tant mieux !

En attendant la voiture à 100 % autonome, les chauffeurs devront se contenter des systèmes " d’aide à la conduite ". Mais attention au piège à " con-ducteurs ", car d’après une étude du « Centre d’Investigations Neurocognitives et Neurophysiologiques » (C12N) de Strasbourg, de l’hypovigilance est engendrée par l’utilisation de systèmes d’assistance à la conduite.

L’autre risque serait un excès de confiance dans les nouvelles technologies. D’ailleurs, j’attends avec impatience vos témoignages de conducteurs sur la conduite " semi-assistée ". Personnellement, à bord de ma petite Twingo, je n’utilise que le " limiteur de vitesse ", jamais le " régulateur ". Je sais, je suis un peu " vintage " voire dépassé par l’intrusion de " l’intelligence artificielle " dans la vie de tous les jours.

Le plus délicat, et pourquoi ne pas le dire le plus dangereux dans la conduite assistée, serait " l’aptitude des conducteurs à gérer efficacement la transition entre mode autonome et mode manuel ".

Ci-dessous, petite vidéo explicative.

https://youtu.be/RjC_ElDDQgQ

La conclusion de cette étude est parfaitement claire : " Quel que soit le système d’assistance, lorsqu’une fonction de conduite est déléguée au véhicule, les temps de réaction, en cas de besoin de reprise en main par le conducteur, sont plus que doublés par rapport à une conduite sans assistance ".

" Malgré les alertes visuelles puis sonores, ce délai important peut être le signe d’un manque d’attention et d’un état d’hypovigilance du conducteur liés à la conduite semi-assistée, résument les chercheurs dans leur étude. Les mesures de somnolence indiquent d’ailleurs une baisse de l’éveil dès 10 minutes, soit 2 fois plus rapide qu’en conduite sans assistance pour l’ensemble des conducteurs ".

Voilà qui n’est guère rassurant.

Mais, a-t-on étudié l’hypovigilance d’un conducteur obligé de rouler à 80 km/h au lieu de 90 ?

La réponse est non !

Alors, pour l’anecdote, je me suis sacrifié (un peu) et j’ai conduit à 80 sur plusieurs kilomètres et seulement lorsqu’il était possible de me doubler sans risque.

En fait, pour être plus précis, j’avais réglé mon " limiteur " à 82 ou 84, alors que d’habitude je le mets à 92 ou 94. Honnêtement, ce changement de vitesse ne m’a pas trop dérangé, mais c’était sur une courte distance. Certes, j’ai été plus souvent dépassé, ce qui est normal puisque la nouvelle réglementation ne s’applique qu’à partir du 1er juillet. Mais étrangement, j’ai remarqué que certains automobilistes ne me doublaient pas et restaient sagement derrière moi.

Sans doute des retraités !

gruni

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