Souverainisme = antisémitisme : le dernier délire de Jacques Attali

, par  DMigneau , popularité : 0%

Souverainisme = antisémitisme : le dernier délire de Jacques Attali

Eric Zemmour et Alain Finkielkraut se trouvent en réalité dans le collimateur de Jacques Attali. - IP3 PRESS/MAXPPP

Dans un texte publié sur son site ce vendredi 4 octobre, " l’économiste " Jacques Attali associe l’adhésion aux idées " souverainistes " à la haine des musulmans, équivalente selon lui à " l’antisémitisme ".

" L’art " de tout mélanger.

Ce vendredi 4 octobre, " l’économiste " Jacques Attali a pris la plume, sur son site internet, pour livrer à ses lecteurs les conclusions de ses dernières médiations " politico-religieuses ".

Le tout se concrétise par un billet intitulé " Derrière le souverainisme, se cache trop souvent la haine des musulmans ", que le polytechnicien et énarque promeut ainsi sur " Twitter " : " Le souverainisme n’est que le nouveau nom de l’antisémitisme. Les juifs et les musulmans, menacés tous les deux par lui, doivent s’unir face aux fantasmes du grand remplacement. "

" Souverainisme " = xénophobie ?

Vous ne comprenez pas le lien entre « haine des musulmans », « antisémitisme » et « souverainisme » ?

Jacques Attali vous explique : « Quand on parle de " souverainisme ", beaucoup de gens veulent croire qu’on ne parle, en Europe, que d’une maîtrise des importations et d’un refus des disciplines communautaires. »

De fait, c’est bien l’acception courante du terme dans la politique française, selon laquelle un partisan du " souverainisme " préférera un système politique articulant la souveraineté populaire à un « État-nation » plutôt qu’à une instance supranationale, comme « l’Union européenne ».

Sauf que, pour l’énarque, le « souverainisme » est - en réalité - un faux nez : " En réalité, dans la plupart des cas, ceux qui en font l’apologie parlent en fait ainsi à mots couverts d’un refus des migrants, et plus largement, d’un refus des musulmans ", avance-t-il.

En une phrase, l’adhésion à une théorie politique, la xénophobie et la discrimination religieuse se retrouvent ainsi mises " dans le même sac ".

Et Jacques Attali d’en remettre une couche : " [La France] ne doit pas oublier non plus que ce qui se cache aujourd’hui derrière le " souverainisme " désigne en fait la même xénophobie, la même fermeture, la même absence de confiance en soi que les idéologies anti-italienne, anti-polonaise, anti-arménienne, et antisémites des siècles passés. "

Autrement dit : le « souverainisme » serait la façade de la haine de l’autre...

Et voici comment les défenseurs de la notion de « souveraineté », principe fondateur de la République française, institué comme tel dès le titre premier de la Constitution du 4 octobre 1958, se trouvent ravalés au rang de " nationalistes antisémites ".

Zemmour et Finkielkraut dans le collimateur

En réalité, le texte de Jacques Attali vise des polémistes et " penseurs " proche de l’extrême droite ou appartenant à la mouvance conservatrice : " Ces discours hostiles aux musulmans de France sont mortifères ", écrit Jacques Attali.

" En particulier quand ils viennent de juifs, qui devraient ne pas oublier que l’antisémitisme vise à la fois les uns et les autres ", écrit l’un des mentors d’Emmanuel Macron, sans que l’on comprenne vraiment comment l’antisémitisme pourrait " viser " les musulmans.

" Il faut donc à tout prix dénoncer les discours délirants, d’Éric Zemmour, de William Goldnadel, ou même, dans de trop nombreuses de ses déclarations, d’Alain Finkielkraut ", martèle-t-il.

" Rien ne serait pourtant plus terrible, dans la société française, que de laisser dénoncer impunément la présence musulmane, et de transformer une (légale) critique de l’islam en un (illégal) racisme anti-africain (et en particulier anti-arabe) ", plaide - à raison - Jacques Attali, qui réaffirme tout de même la nécessité de " s’opposer à toutes les tentatives religieuses, d’où qu’elles viennent, pour imposer une conception du monde, ou un mode de vie, contraires aux règles de la laïcité, non respectueuses des droits des femmes, ou plus généralement, violant les lois de la République ".

Et le fervent défenseur de « la mondialisation » d’agrémenter sa logorrhée confuse d’une note bienveillante : " Jamais le monde ne s’est mieux porté que quand Judaïsme, Chrétienté et Islam travaillaient ensemble à faire triompher la raison sur l’obscurantisme. "

Peut-être, mais quel rapport avec le « souverainisme » ?

Louis Nadau

Marianne