Soudan : après la chute du dictateur, la mobilisation maintient la pression sur l’armée

, par  DMigneau , popularité : 0%

Soudan : après la chute du dictateur, la mobilisation maintient la pression sur l’armée

Crédit photo : AHMED MUSTAFA / AFP

Cela fait 14 jours que le " sit-in " perdure devant le quartier général de l’armée soudanaise. Ils réclament la passation de pouvoir à la population civile.

Entre temps, l’ancien président du Soudan a été transféré à une prison de " haute sécurité " dans la ville de Khartoum, destitué jeudi dernier, ce sont les militaires qui ont repris le contrôle gouvernemental.

Depuis bientôt plus de quatre mois que dure le mouvement protestataire, initié à ses débuts avec une demande économique défensive, à l’encontre du doublement des prix des produits de première nécessité, notamment les prix du pain et de l’essence.

Ces revendications ont évolué au mois d’avril et, avec l’intensification de la crise économique, les revendications ont pris un sens politique en demandant la destitution du général Omar al-Bashir.

Les politiques d’austérité imposées par le FMI et appliquées " au pied de la lettre " par le laquais Omar al-Bashir ont mené le pays à la catastrophe économique, les aides financières du « Fonds Monétaire » se négocient sur la misère de la population soudanaise.

Une monnaie dévaluée et des coupes budgétaires dans les subventions du blé et de l’électricité prévues d’ici 2021 ont généré la colère d’une population qui survit depuis des décennies sous l’austérité imposée par le FMI.

Une semaine après la destitution de l’ancien dictateur par l’armée, la population continue, mobilisée par des dizaines de milliers devant le quartier général de l’armée, pour demander la passation du pouvoir.

A l’heure actuelle, toujours sous le contrôle d’une clique militaire, le « Conseil militaire de transition » dirigé par le général Abdel Fattah Al-Burhane.

Le " sit-in " perdure grâce aux appels menés à travers les « réseaux sociaux » : en scandant « le pouvoir aux civils », ils cherchent à faire plier les généraux.

En échange, « l’Association des professionnels soudanais », un des groupes qui dirigent la mobilisation, demandent une passation du pouvoir aux mains d’une nouvelle administration civile, mais tout en cherchant un compromis avec les secteurs les plus « progressistes » de l’armée.

« Nous réclamons que ce " Conseil civil ", qui comprendra des représentants de l’armée, remplace le " Conseil militaire " », a déclaré à « l’Agence France-Presse » (AFP), Ahmed Al-Rabia, un des leaders du mouvement, selon " Le Monde ".

Pour rompre avec le joug qui impose « l’impérialisme » à travers les mesures économiques dictées par le « Fond monétaire international », la population soudanaise doit continuer à se mobiliser à travers des manifestations, grèves et blocages économiques, en cherchant une issue à la crise en toute indépendance de classe, autant des secteurs militaires qui sont entièrement soumis au dictat des puissances impérialistes mais aussi en préservant de toute velléité d’indépendance nationale en alliance avec des secteurs de la bourgeoisie locale.

Autant en Algérie qu’au Soudan, le spectre d’un nouveau « printemps des peuples » plane sur Afrique et sur le Moyen-Orient, qui pourrait raviver le processus défait des « révolutions arabes ».

Une assemblée constituante révolutionnaire, libre, laïque et souveraine, indépendante de l’Etat est essentielle pour que la lutte du peuple soudanais et algérien puisse arriver à bon port et pouvoir ainsi renverser les cliques bureaucratiques autant civiles que militaires, qui détiennent le pouvoir en faisant subir aux populations le poids des politiques d’austérité dictés par le FMI et l’impérialisme occidental.

Blas Giunta

revolutionpermanente.fr